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Œbapitre iii. — La Halerie. 41 étaient ouvertes du haut en bas et munies chacune de deux battants, garnis de solides ferrures. Les autres étaient séparées en deux arceaux par une colonnette, reposant sur un bahut et fermées de grilles de fer scellées dans la pierre.
Au-dessus de l'archivolte, régnait une corniche sur laquelle reposaient de courtes colonnettes, espacées entre six œils de bœufs. En dessous de chacun d’eux, le dessin de Bruneau laisse à penser qu’il y avait une base semblable à celle des colonnettes… Après la pose de cette assise, l'architecte aura modifié son plan et remplacé les futs de colonne correspondant, à cette base par un œil de bœuf. Il est curieux qu'il n’ait pas fait disparaitre ces bases bien inutiles. Une seconde corniche plus riche, composée de petits cintres, portés sur des modillons et sur les chapiteaux des colonnettes, couronnait la partie supérieure. L’analogie entre la composition de cette corniche et celle du second étage des tours est frappante. Aux extrémités, deux puissants contreforts, chargés à leur sommet de lourds pinacles à huit pans et à jour, assez semblables à ceux de la tour Saint- Aubin, et à celui de l'ancienne façade de la cathédrale de Vannes (')}. maintenaient la poussée des voûtes.
En retour, deux arcatures pareilles à celles du devant, deux œils de bœuf et un gâble dont le sommet portait une pyramide obtuse et disgracieuse, assez singulière, rappelant celui de la chapelle de l'hôpital Saint-Jean, telle était l'ordonnance des deux pignons. Les dessins de Bruneau (1623) et de Ballain (1716) concordent, tandis que celui de Gaignières (1699) (voir dans l’album, pl. I), indique non plus un pinacle au sommet des pignons, mais en arrière le long des deux tours : il n’y en eut jamais en cet endroit. De même, Gaignières a dessiné les gros contreforts d'angle ronds ; ils étaient carrés. Il a réduit le nombre des colonnettes entre chaque ouverture du rez-de-chaussée et transformé les losanges de tous Îles tympans en ouvertures à quatre-feuilles. Bref, son dessin n'est qu'un & peu près et témoigne une de fois de plus de l'inexactitude des artistes qu'il employait.
La galerie était couverte par un toit à double égout, garni de plomb (:), sous lequel fut installée dès le XV: siècle la soufflerie de l'orgue. On remarquait au milieu du faîtage de la toiture une surélévation, parfaitement accusée dans les trois dessins, déjà cités et surmontée d'une fleur de lis en plomb. Je soupçonnerais fort que la clef de voûte de la partie centrale était plus élevée que celle des deux autres. À cause de la forme domicale des voûtes, on aura dà relever un peu la toiture en cet endroit.
Du côté de l'évêché, un escalier, dont quelques marches subsistent encore, donnait accès à la Galerie par l'arcade la plus voisine de la chapelle Sainte-Anne.
Entrons maintenant dans la galerie : les trois voûtes domicales, comme celles du chœur de Saint-Serge, s’appuyaient sur des arcs formerets, incrustés dans le mur de la façade comme aussi sur l’archivolte du portail, sur la partie antérieure de la galerie, sur les deux murailles en retour et enfin sur deux sveltes colonnes isolées de 7 mètres de hauteur sur
0",33 de diamètre, disposition un peu semblable à celle du chœur de Toussaint et à
1, Cette façade, dont je possède un dessin, ressemblait un peu à celle de notre cathédrale.
2. Bibliothèque d'Angers. Ms. n° 669, Fabrique, t. V, p. 376. La charpente et la couverture sont refaites en 1744 et 1745, p. 312. Le vieux plomb, pris à raison de 4 sous 6 deniers la livre jusqu’à la concurrence de 1237 livres, le 6 février 1745. — Mémoire des tuffeaux employés à la Galerie, du bois et façon de la charpente du 21 janvier 1744.