RUINE DE LA GALERIE
Malheureusement, ce charmant édifice eut à subir plusieurs incendies, la négligence et les mauvais traitements d’un architecte incapable qui, non content d’abattre, en 1744, les pignons des extrémités (dont le poids était si utile pour neutraliser la poussée des voûtes), de transformer le toit à deux pentes en un immense appentis, montant jusqu'au milieu de la fenêtre, surchargea le mur antérieur d'une lourde attique en maçonnerie (). Pierre Lointier rétablit le pavage en 1748 (*). En 1774. l'architecte Desnoyers remit au chapitre deux plans et deux devis, pour la Galerie. L'un réduisait /es deux portaux à un seul de même largeur et alignement que celut de l'église et comprenait la restauration (?) des voûtes et le remplissage des lézardes avec du plâtre, etc... L'autre modifiait l'escalier de la rue de l’Évéché et en reportait l'entrée dans l'arcade la plus voisine du contrefort d'angle. Aucun des deux projets ne fut exécuté (‘).
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« la galerie qui touchait à l'église de la paroisse, fermant à clef, pour qu'il puisse y € travailler à la sculpture des boiseries du chœur et y disposer ses bois (:). »
L'attique, élevée en 1744, reçut pendant la révolution (‘) l'inscription suivante :
Le peuple français reconnaît l'existence de l'Étre suprême et l'immortalité de l'âme.
| | | Le 29 avril 1785, les chanoines mirent à la disposition € du sieur David la partie de A Ia fin du XVITTe siècle, la galerie était en mauvais état. En 1806, la couverture |
fut refaite pour 582 livres (7), mais presque aussitôt après, ce beau monument, qu'une intelligente restauration pouvait encore sauver, est sacrifié. L'architecte Desmaries doit en porter la responsabilité, parce qu'il combattit la demande de restauration de l’évêque ; et du conseil de fabrique devant le conseil général, alors maître de la situation (°). J'ai cru devoir, malgré leur longueur, donner ici la lettre des Marguilliers au Préfet et
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1. Îl serait fort intéressant au point de vue de l'étude de l'architecture Plantagenet de savoir lequel de ces trois édifices a été construit le premier : j'avoue n'avoir aucune donnée sérieuse à ce sujet. Tandis que la galerie de saint Maurice comprenait trois travées d’épale largeur, le chœur de Toussaint et celui d'Asnières présentent la travée centrale mottié plus large que les deux autres.
2. Bibliothèque d'Angers, Ms. n° 669. Fabrique, t. V, p. 376.
. Revue d'Anjou, 1855, p. 110.
. Archives de Maine et Loire. Série G, n° 271. — 15 juin 1774. . Ibidem, n° 272. — 29 avril 1785.
. Répertoire archéologique de l'Anjou, 1865, p. 210.
. Archives de la Fabrique.
- M. Grille écrit à propos de la démolition de la Galerie. On découvrit deux superbes bustes de marbre blanc, dont M. Desmaries, l’ingénieur, disposa de son autorité privée en faveur de M. de Jully qui les a fait placer à
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Chateaubriand dans ses jardins.
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le procès-verbal de visite au Pérrstyle ou Galerie, en date l'une et l’autre du 15 juillet 1806 : ces deux pièces sont intéressantes surtout en vue d'une reconstruction (:).
€ Monsieur le Préfet,
€ Nous avons l'honneur de vous transmettre ci-joint un procès-verbal de visite fait d'après nos ordres, par l’architecte ordinaire de la cathédrale, dans la galerie ou péristyle du devant de la principale porte de cette église, afin de s'assurer de l'état dans lequel se trouve cette partie importante de l'édifice, attendu que par l'effet des portions salpêtrées, qui s’en détachent presque chaque jour en plus ou moins gros volume, la masse de cette galerie menace ruine et cause des terreurs fondées aux personnes qui rétléchissent sur sa décadence apparente.
« Le rapport que vous avez sous les yeux présente un tableau exact et détaillé de la situation de ce péristyle ; mais nous devons y ajouter que même avant la révolution, il était un sujet de vives alarmes pour les gens de l'art par la crainte devenue très plausible de son écroulement subit. Or, c’est à quoi l'on doit s'attendre plus que jamais si l'on n’y apporte pas un prompt remède par des réparations bien entendues, peut-être un peu coûteuses et néanmoins infiniment urgentes.
€ Il est visible en effet que les piliers de la façade sont tous imprégnés et rongés de salpêtre à une grande profondeur, qu'ils ont par cette raison perdu considérablement de leur force et que la voûte de la dite galerie manque de soutien de ce côté. Aussi le lézardement et le déjointement des pierres qui composent les ogives, le déversement des colonnes qui les supportent au centre, et la chute successive des ornements plus ou moins lourds, minés et détachés des piliers extérieurs, tout annonce dans l’ensemble un état de dégradation déjà invétéré, qu'il n’est plus possible de laisser tel qu'il est sans faire courir les plus grands risques au monument et sans mettre en danger la vie d’une foule de personnes qui le fréquentent journellement.
€ Un fait récent et notoire vient à l'appui de cette terrible assertion. Samedi dernier, il s’est fait tout à coup une rupture à la corniche du pilier de droite de la grande porte, côté occidental du péristyle ; heureusement il n'était que quatre heures et demie du matin et à ce moment il ne passait personne à portée de la chute des énormes matériaux, mais une heure ou deux plus tard...
« Nous pourrions citer encore pour preuve de la nécessité des précautions qu'il faut prendre dans ce genre, l'écroulement de la tour d’une ancienne église de Morlaix, événement des plus funestes, arrivé naguère et qui a mis tant de familles dans le deuil et la désolation ; mais nous aurons rempli tous notre devoir à cet égard, en vous soumettant le rapport en question ; cependant comme cet objet d’une importance majeure se trouve être, par les lois et arrêtés du gouvernement, une charge toute départementale, nous vous supplions, Monsieur le Préfet, de vouloir bien le prendre en considération, et de prescrire de suite ce que vous jugerez convenable pour constater dans la forme administrative l'urgence et le coût des réparations dont il s’agit, afin qu’elles soient ordonnées
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