‹ Monographie de la cathédrale de ChartresChapitre 6 sur 54 · CORDONS DES VOUSSURES · texte numérisé non relu

CORDONS DES VOUSSURES

En bas et à gauche, il y a deux signes du Zodiaque : ce sont les Poissons et les Gémeaux, qui, retirés de la baie de l'Ascension, ont été transportés en cet endroit.

Dans le cordon intérieur, six anges disposés en demicercle.

Le reste des voussures est occupé par les sept arts libéraux : le trivium et le quadrivium. Les sciences sont symbolisées par des figures de femmes et sous chacune d'elles est représenté l'homme qui a le plus honoré la science en question. On peut les identifier avec assez de vraisemblance.

Dans le cordon extérieur en bas et à gauche :

1° La Dialectique et Aristote.

2° La Rhétorique et Cicéron.

3° La Géométrie et Euclide.

4° L'Arithmétique et Boèce ou Pythagore.

5° L'Astronomie et Ptolémée.

C° La Grammaire et Priscien ou Donat.

A droite au bas du cordon intérieur :

7° La Musique et Pythagore.

Baie de Gauche

En haut, Jésus se montre à mi-corps au milieu d'un nuage que soutiennent deux anges placés de chaque côté.

Au-dessous, quatre anges se penchent vers les apôtres comme pour leur dire : « Hommes de Galilée, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder le ciel ? Ce même Jésus, qui du milieu de vous s'est élevé dans les cieux, en descendra de la même manière, que vous l'y avez vu monter • (Actes des Apôtres I, 10-11).

Dans les voussures, les travaux des mois alternent avec les signes du Zodiaque

Ainsi dans le premier cordon à droite nous avons successivement, en partant du bas :

1° Janvier, personnage dont les deux têtes symbolisent l'année nouvelle et celle qui vient de s'écouler ; assis devant une table, il s'apprête à festoyer.

2° Le Capricorne.

3° Février, un homme encapuchonné se chauffe devant l'âtre.

4" Le Verseau.

5° Mars, un vigneron taille sa vigne.

A gauche, de bas en haut :

1° Avril serre dans ses mains les branches d'un arbre couvert de fleurs et de feuilles.

2° Le Bélier.

3° Mai, un chasseur, près de son cheval, tient un faucon sur le poing.

4° Le Taureau.

5° Juin, un paysan fauche son pré.

Dans le cordon extérieur, du même côté et en bas :

1° Juillet, un moissonneur à genoux coupe du blé avec sa faucille ; au second plan on aperçoit deux arbres de convention.

2° Le Cancer.

3° Août, un paysan délie une gerbe qu'il va battre, derrière lui son fléau est suspendu.

4° Le Lion.

5° Septembre un vendangeur foule les grappes, cependant qu'un autre déverse dans la cuve sa corbeille de raisins,

6° La Vierge.

Côté droit, cordon extérieur, en bas :

1° Octobre, un homme qui abat des fruits.

2° Une femme qui autrefois portait une Balance.

3° Novembre, un paysan tue son porc.

4° Le Scorpion.

5° Décembre, un homme et une femme se tiennent devant une table bien garnie.

6* Le Sagittaire,

Baie Centrale

Nous voyons le Christ en majesté, le corps entouré de l'auréole, symbole de l'immortalité, la tête ornée du nimbe crucifère, la main droite levée en un geste de bénédiction, tandis que la main gauche retient sur le genou le livre des Évangiles. De part et d'autre du Christ ont été disposés les quatre animaux évangéliques.

Au-dessous dans le linteau, groupés trois par trois, les douze apôtres et à chaque extrémité une figure inconnue.

Dans la voussure :

Douze anges occupent le cordon intérieur et dans les deux autres ont été placés les vingt-quatre vieillards de l'Apocalypse

Il reste à parler des dix-neuf grandes statues, alignées de chaque côté des trois portes. Il semble difficile de les identifier, mais on peut supposer avec quelque vraisemblance qu'elles représente les ancêtres du Christ selon la chair d'après l'Évangile de Saint Mathieu, où non seulement les hommes mais les femmes sont mentionnées. Ce qui

justifie cette supposition, c'est qu'à la cathédrale du Mans, au portail méridional, on retrouve les mêmes personnages or, on peut lire sur le phylactère de l'un d'eux le nom de Salomon.

En étudiant le style de ces statues, ne cherchons pas à découvrir en elles la perfection plastique des œuvres grecques de l'époque de Périclès ; ce n'était pas la beauté des formes corporelles qui préoccupait nos artistes du XII0 siècle, ils rêvaient avant tout de concentrer la vie dans la physionomie de leurs personnages. A Chartres, ils y ont pleinement réussi. Qui n'admirerait cette sorte de béatitude, de joie intérieure, qui semble animer tous ces visages de pierre ?

Aussi a-ton eu raison d'écrire : « Cette statuaire est peutêtre ce qu'il y a de plus intéressant à Chartres et représente l'art du XIIe siècle dans sa pleine floraison (1). »

(l) MARRIAGE The sculptures o/ Chartres Cathedra!, p. 21

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