LES FONDEURS ONT ÉTÉ JACQUES GUILLOT ET DURAND, FONDEURS DE DIJON
Elle fut appelée la présidente et aussi la sermonière , parce qu'on la sonnait pour appeler les fidèles aux instructions. Son poids est de quatre mille cinq cents, comme on le voit par l'inscription latine.
5° La cinquième
A EU POUR PARRAIN TRÈS-HAUT ET TRÈS-PUISSANT SEIGNEUR CHARLES ANDRAS, CHEVALIER , COMTE DE MARCY, BARON DE POISEUX, ET POUR MARRAINE DAME ANGÉLIQUE DESPRÉS DE COUGNY , SON ÉPOUSE.
On l'appela la baronne.
6° La sixième n'avait ni parrain ni marraine ; elle ne fut point refondue. Son inscription était :
A LA GLOIRE DE DIEU, DE LA SAINTE VIERGE ET DES SAINTS MARTYRS SAINT CYR ET SAINTE JULITTE.
En 1760 elle fut nommée la chanoinesse.
La refonte des cloches eut lieu le 3 juillet 1 760 , et le six août suivant monseigneur Jean-Antoine Tinseau , évêque de Nevers , en fit la bénédiction solennelle dans la nef de la cathédrale.
De toutes ces cloches , la révolution ne nous a laissé
que la sermonière , qui est la seconde cloche actuelle de la cathédrale.
La grosse pèse six mille trois cents livres et porte la longue inscription suivante :
f CETTE CLOCHE A ÉTÉ FONDUE EN NOV. 1821, M. GROULT ÉTANT VIC. GÉN. DU DÉP. DE LA NIÈVRE , PAR LES SOINS DE Mr VINCENT FION, CURÉ DE S'-CYR, CHAN. HON. D'AUTUN , ET CHEV. DE L'ORDRE ROYAL DE LA LÉGION - D'HONNEUR , ASSISTÉ DE M" LANGUINIER , CUSTODE, THOMAS , LYONS , GASQLE , COTTINET ET LEFEBVRE LE JEUNE , FABRICEENS DE LADITE ÉGLISE ; PRÉFET DE LA NIÈVRE , Mr DEVAINES , OFF. DE LA LÉGION-D'HONNEUR.
CETTE CLOCHE S'APPELLE LA Ctesse CAROLINE. ELLE A EU POUR PARRAIN Mr ÉTD3NNE-CHARLES , DUC DE DAMAS - CRUX , PAIR DE FRANCE, 1er GENTILHOMME DE S. A. R. MSneQr LE DUC D'ANGOULÊME , REPRÉ- SENTÉ PAR Mr L'ABBÉ DE DAMAS, ANCIEN DOYEN DE CETTE ÉGLISE, QUI A BÉNI LA CLOCHE ; POUR MARRAINE Mme CHARLOTTE DE CHOISEUIL , COMTESSE DE SÉRENT , REPRÉSENTÉE PAR Mme DE PRÉVÔT DE CHAMPS. — MORLET FONDEUR, MOROT FONDEUR.
La bénédiction solennelle de cette cloche eut lieu le %0 décembre de la même année. Elle se fit entendre la veille de Noël.
ONZIÈME ÉTUDE DE DÉTAILS. — TOMBEAUX. — PEINTURES MURALES. — INSCRIPTIONS DIVERSES. MERIDIENNE.
n des points les plus intéressants de l'archéologie est , sans contredit, l'étude des inscriptions. C'est l'histoire , non plus seulement sculptée, mais gravée sur la pierre, et confirmée tout à la fois par les principes paléographiques et chronologiques.
Nous avons réuni dans un même chapitre les tombeaux, les peintures murales et les inscriptions diverses qu'on rencontre dans notre cathédrale; nous les présenterons, suivant leur ordre chronologique , et nous leur
adjoindrons d'autres inscriptions, que le temps ou les hommes ont fait disparaître.
Déjà nous avons parlé du tombeau de Guillaume de Saint-Lazare, qui s'élevait de quatre pieds au milieu du chœur, avant les réparations de 1770; quoique ce tombeau n'existe plus , nous devons rappeler les quatre vers léonins qu'on y avait gravés, à la suite du nom de ce vénérable évêque , -mort en \%%\ :
P. RE. WILLELMUS DE SANTO LAZARO , NIVERNENSIS EPISCOPUS QUEM LAPIS ISTE PREMIT , REGALE PERENNITER EMIT. JLJRA SEQUENS, LENIS , PARC US SIBI, LARGUS EGENIS , SOLVITUR IN CINERES, PETRI NON DEGENER HyERES, GRATIA QUEM CHRISTI , DOMUI PRiEFECERAT ISTI.
« Celui qui est couvert par cette pierre a acheté pour » toujours le droit de régale.
» Fidèle observateur de la justice, doux, ne s'accor- » dant que le nécessaire , prodigue envers les
» pauvres ,
» Il est réduit en poussière , ce digne héritier de la » foi de Pierre ,
» Que le Seigneur, dans sa miséricorde, avait placé à » la tête de cette église. »
Guillaume de Saint-Lazare avait obtenu de Philippe- Auguste l'exemption du droit de régale pour l'église de Nevers. D'après l'épilaphe qu'on vient de lire , il paraît qu'il aurait acquis ce privilège à prix d'argent : c'est le sentiment de Parmentier.
A toutes les fêtes solennelles , on encensait le tombeau du B. Guillaume , et tous les ans , le 1 9 mai , un chanoine était chargé de faire son panégyrique \
Jean de Savigny , évêque de Nevers , mort en 1315, fut , dit-on , enterré au pied du pilier du chœur placé en face de la porte de Loire ; quand on exhaussa les murs du chœur , on trouva , partie dans le mur et partie au-dessus, une grande pierre droite, joignant le pilier, sur laquelle était représenté un évêque , en habits pontificaux. Autour, dans toute la longueur de la pierre, étaient gravés les vers suivants :
IS CUJUS SPECEES CERNIS FUIT ILLE VOCATUS SAVIGNIATUS ARCHIMANDRITA NIVERNIS.
X M. H. TERNIS QUATER J FUIT INTUS HUMATUS COELO PORTATUS ROGO SIT JUNCTUSQUE SUPERNIS.
1 Parmentier. Hist. manuscrite des Évéques de Nevers.
Au bas de la chapelle de Sainte-Julitte , de chaque côté, on remarque deux tombeaux qui datent du quatorzième siècle ; au-dessus de celui qui est placé au midi., on lit cette inscription , en six vers léonins, disposés sur deux lignes, en caractères de l'époque :
COR A M. PERTRACTA. SCRIPTURA. TUMBA. STAT. ACTA. HUJUS. DEFUNCTI. QUO. TUNC. ROGITENT. PRECE. CUNCTI. ANNUS. MILLENUS. HOC. TEMPORE. SEPTUAGENUS. STABAT. DIVINUS. TRICENTENUS. QUOQUE. TRINUS. VICENA. QUINAo FERIA. SECTANTEQTJE. TERNA. m. JULn. MENSE. REGE. TU. SALVATOR. AMEN. SE.
« Devant cette inscription est la tombe » De ce défunt que personne ne doit oublier dans sa » prière.
» Sa mort arriva l'année du Seigneur mil soixante-dix,
» A laquelle il faut ajouter trois cent trois ,
» Le vingt-huitième jour du mois de juillet
» Daignez, ô Sauveur, régner sur lui. Amen1. »
1 Nous avons tenu à reproduire, autant que possible, l'originalité du latin. On remarquera que le mot se, qu'on lit après amen, est employé pour illum. On se permettait souvent de semblables licences en faveur de la rime. Cette inscription porte la date du mardi 28 juillet 1373.
On voit dans le sanctuaire , du côté de l'Évangile , une tombe en marbre noir , incrusté de marbre blanc, représentant un évêque. Quoique les incrustations soient en grande partie brisées , on distingue encore parfaitement la mitre4, la crosse et le dais ogival, flanqué de clochetons, qui encadraient le personnage; l'inscription est tellement usée qu'on ne peut y reconnaître que quelques lettres ça et là. Heureusement Parmentier 2 nous l'a conservée. Sous cette tombe sont déposés les restes mortels d'un de nos plus illustres évèques, Maurice de Coulanges.
Telle est l'inscription :
HIC JACET DOMINUS FRATER MAURIC1US DE COLLANGUS VINOSIS , QUONDAM ORDINIS FRATRUM PREDICATORUM AUTISSIODORENSIUM , QUI CONVENTUUM PARISIENSIS ET SENONENSIS FUIT LECTOR ; POST MODUM ILLUSTRISSIMORUM PRINCIPUM CAROLI V ET VI1 REGUM FRANCLE CONFESSOR , AC DOMINI NOSTRI PAP.E PENITENCIARIUS , DEMUM ECCLESLE NIVERNENSIS EPISCOPUS. OBIIT AN NO M CCC IIIIXX XIV, DIE XYI° MENSIS JANUARU.
» Ci gît dom frère Maurice , de Coulanges-la-Vineuse ,
• 2 Cette mitre porte vingt-huit centimètres de haut sur quatorze de large, vers le milieu.
S Histoire manuscrite des Evéques de Nevers.
» autrefois de l'ordre des frères prêcheurs d'Auxerre, » qui fut lecteur des couvents de Paris et de Sens , puis » confesseur des très -illustres princes Charles V et » Charles VI , et pénitencier de notre seigneur le pape , » et enfin évêque de Nevers. Il mourut en 1 394 , le 1 6 » du mois de janvier. »
Vis-à-vis la porte de Saint-Christophe ou du Doyenné, contre le mur épais qui ferme le chœur dans la partie septentrionale , on remarque une délicieuse peinture à la cire, du commencement du quinzième siècle ; longtemps cachée sous un épais badigeon , elle a enfin dépouillé le linceul qui l'enveloppait , grâce aux soins intelligents de M. Morellet. Ces sortes de peintures, qui nous rappellent ce que nous avons vu de plus suave en ce genre en Italie , sont trop rares en France , pour qu'on n'emploie pas tous les moyens possibles , afin de les conserver.
Saint Pierre , patron du chanoine Laurendaul , le présente à Marie , assise sur une espèce de trône , et portant son divin enfant. Le chanoine, en soutane rouge, revêtu d'un simple rochet, porte l'aumusse sur le bras , et est agenouillé à leurs pieds. Une banderolle sort de ses mains avec cette inscription en minuscules de l'époque :
DE LA CATHÉDRALE JJK NEVERS
MISERERE MEl DEUS SECUNDUM MAGNAM MISERiCORDIAM TUAM. — JÉSUS QUI VIENDRAS JUGER MORS ET VIFS DONNE-MOI A LA FIN PARADIS.
Au-dessous de cette peinture on lit :
CY GIST SOUBZ UNE TOMBE SIGNÉE PAR FIGURE ENSEVELLIE MEST. SIMON LAURENDAUL JADIS DOYEN DE FRASNAY ET CHANOINE DE NEVERS QUI TRÉPASSA L'AN MGCCG XII LE XXU° JOUR DU MOIS DE MARS ; PRIEZ DIEU QUE PAR SA GRACE DE SES PÉCHIEZ PARDON LUI FASSE. AMEN.
Sur la partie inférieure de la bande, formant l'encadrement de cette peinture , on lit :