VERS
SUR EA PERTE A JAMAIS REGRETTABLE DE TRÈS-RÉVÉREND ET TRÈS-PIEUX PIERRE DE t'ONTENAY, JADIS ÉVÊQUE DE NEYERS, DOCTEUR EN L'i'N ET L'AUTRE DROIT :
» Ici repose cet homme si connu dans la ville de Nevers, » Pierre , issu de l'illustre famille de Fonlenay.
•> Ce fut par dévouement et non par le désir de com- » mander qu'il accepta les fonctions pastorales ; il » considérait le travail et non un périlleux honneur.
» Ses connaissances en l'un et l'autre droit ajoutèrent » à sa gloire ; l'étude assidue des livres saints faisait » ses délices.
» Humble dans les grandeurs , il se plaisait à répandre » d'abondantes largesses dans le sein des pauvres.
» Fidèle et fervent dans la célébration des saints mys- » tères , il était heureux de distribuer à son peuple » la nourriture céleste.
- MONOGUAPHIE
» Son corps se dissout dans la poussière de ce vil » tombeau , mais sa belle âme règne dans les deux.
» H mourut le 3 juin de l'année 1499 de notre » Seigneur , la trente-neuvième de son épiscopat , » la soixante-sixième de son âge. »
Vis-à-vis la porte de Loire, se trouve une peinture murale, qui a beaucoup d'analogie avec celle que nous avons admirée en face delà porte de Saint-Christophe ; elle est à la cire, comme la première, mais paraît moins ancienne. C'est encore un chanoine de Nevers , en soutane rouge, avec le rochet simple et l'aumusse;' il est à genoux dans un cimetière , au pied de la grande croix qui domine le champ des morts. Au milieu d'un gazon émaillé de fleurs variées, on voit des ossements , des têtes de morts, de petites croix de bois, telles qu'on en place sur les fosses; parmi ces croix, on en remarque une , avec deux rampants en forme de toiture, partant du sommet et tombant aux extrémités de la traverse. Nous avons cru , pendant quelque temps, que c'était un pupitre, car elle en a la ressemblance, et nous pensions que le chanoine "agenouillé avait été revêtu de la dignité de grand-chantre. Mais nous nous sommes rappelé avoir vu quelquefois ces sortes de croix dans les cimetières; on les couvre de cette petite toiture pour garantir les inscriptions qu'on y a peintes.
Des mains du chanoine sort une banderolle aveccette inscription :
ME COLLOCET CUM SANCTORUM AGMINE CHRISTUS CRUCEM QUI RIO A VIT SANGUINE.
« Que J.-C. m'admette dans l'assemblée des saints, lui » qui a arrosé la croix de son sang. »
De l'autre côté, on voit un squelette se débarrassant de son suaire et sortant de son tombeau ; il tient les mains jointes et élevées vers la grande croix et entonne le cantique de l'Espérance. Une banderolle s'échappe de ses mains , avec cette inscription :