FONDATION DE LA COMMANDERIE
fait M. Léon Clos, à qui nous l’empruntons, que les seig'neurs de Laurac prenaient ce titre de vicomte, ce titre se rapportant, dans la phrase précitée, non pas à Sicard de Laurac, mais bien au vicomte Bernard Atlion, père de Rog*er, vicomte de Béziers.
La croisade contre les Albig*eois (1209-29), si funeste à la noblesse lang-uedocienne, fut désastreuse pour les seig*neurs de Laurac, qui, on le devine bien, se rang*èrent sous la croix tréflée des comtes de Toulouse. Cependant cette illustre lig'née ne fut pas anéantie, comme tant d’autres, sur les champs de bataille de la croisade, puisque au quatorzième et au quinzième siècles, nous trouvons des de Laurac enrôlés dans cet Ordre de Saint-Jean, que leurs pères avaient, au temps de leur puissance, si richement doté (Jourdain de Laurac, commandeur de Saint-Narcens, 1870- 1872; Jean de Laurac, commandeur de Renneville, 1418-1424) b Mais ce fut pour elle une véritable déchéance et elle ne s’en releva plus.
Entre les années 1180 et n4o^ quelque temps
1. Du Bouro-, Histoire du grand prieuré de Toulouse, pp. i if) et 520.
2. Eu II 30, d’après M. Du Bourg. Mais la première charte de donation n’est pas datée. — Une autre donation sans importance faite à l’IIopital de Caignac, par une dame du nom de Riesenda Maurina, en ii/|5, prouve que la commanderie existait déjà à cette dernière date. (Arcli, départ, de la Haute-Garonne, fonds de Malte, liasse I, no 4).
LA GOMMANDERIE DE GAIGNAC.
avant la deuxième croisade (ii48), alors que tous les chevaliers, capables de porter l’épée, se préparaient à passer outre-mer, Gilabert de Laurac, sa femme Nave, et leurs fils, Gilabert, Sicard, Gausbert et Hug'ues, donnèrent tout rhonneiir appelé Caniacf, l’église et le village érigé en salvetat ou lieu de franchise, et le remirent, à la pieuse intention d’obtenir le pardon de leurs péchés, entre les mains de Raymond de la Bruguière et d’Yzarn de Puysubran (Pexiora), représentants de l’Ordre de l’Hôpital Saint-Jean de Jérusalem.
Ce Gilabert de Laurac, dont nous avons déjà trouvé le nom, était le même qui, au commencement du douzième siècle, avait comblé de ses bienfaits la commanderie de Pexiora ou Puysubran, la première fondée dans le Lauragais b
Il était stipulé dans ce premier acte de donation que les habifants de Caignac : ne seraient
pas tenus de payer des redevances en nature, non darent civatani, nec paleam, nec ova, nec caséum, nec boves, nec usinas, neqiie caiilos , neque poiros; 2® qu’ils seraient exempts de corvée et de charroi, nec ive ad castriim fodere, nec boves diiceve a careg ; 3° que les nouveaux seigneurs, les chevaliers de Saint-Jean, seraient les
I, Du Bourg, ///s/, dn Grand-Prieuré de Toulouse, pj). \!\'], if)0, i5i.
FONDATI(JN r>E LA GOMiMANDEUlli:.
(léfenseurs de la ville, ampavalores et defeiisores illiiis villœ.
C’était un alïrancliissement complet. Ou ne peut que rendre liommag’e au sentiment chrétien qui l’inspirait et reg*retter que la volonté première des donateurs n’ait pas été, dans la suite, respectée.
Pierre-Raymond de Gorville ou Gourville (de Goirovilla) abandonna aussi à l’Ordre de Saint- Jean tous les droits qu’il possédait sur la dîme, l’ég-lise, les prémices, les oblations et le cimetière de Caig*nac, droits d’alberg*ue, de justice, de forg’e, de four, de dépaissance, l’ag-rier, 4 deniers sur chaque casal^, etc., etc...
Les autres seig'neurs voisins, qui, eux aussi, possédaient des droits et des redevances à Gaignac, s’empressèrent de suivre cet exemple. Ce furent Pons, Mag’fred et Guillaume-Bertrand de Glbel (de Gibello) qui prirent pour témoins de leur donation Raymond de Saint-Léon et son fils
I . Le casai, casale, mot <jue l’on rencontre Iréquemment dans les chartes et contrats du Moyen-âge, était une maison, casa, avec le jardin et la terre labourable ([ui en dépendaient. (7cst ce qui explicpie (pie le mot patois casaii désigne en certains endroits la maison, en d’autres, le jardin.
Le cens ou impôt per(‘u à raison du « casai » s’appelait casalagc, casalagiiim.
(Glossar. (iangii. Parisiis. Sub oliva Caroli Osniont. 1773.)
LA COMMANDLRIE DE CAIGNAG.
Guillaume, Pons de Toulouse, Pierre Amiel (Amelii), prêtre, et Raymond Mag’fred d’Auterive (de alta-Hpa),
De même Willem-Odon de la Louvière (de la Lobera), ses enfants et la fille de Raymond Mag-fred , et Guilabert de Laurac, ses enfants et sa femme, en présence de Rernard Mir de Laurac, W. Pons de la Tour (de Turre), de Bertrand de Belpecli (de Bel pug*), de Raymond de Amancas et Guill. Bertrand de Gibel.
Ce sont ensuite Raymond-Guillaume et Pierre- Etienne de Caig-nac, Arnaud de Caig-nac, Pierre- Raymond, Bernard-Pierre, Pons Gasc, Pierre Got et Raymond Garard.
Pons Faber ou Faure donna la forg-e et Pierre Amiel, prêtre, qui détenait la chapellenie (capellaniam), en fit la remise à Yzarn de Puysubran et aux autres Frères de rHôpital.
Cette première charte, ou plutôt ce frag*ment de cartulaire, sans date, porte la suscription suivante : « Hœc est carta de Caniaco, de principio (( Salvetotis et de bastîmento eastelli. Ceci est la « charte de Caig-nac, des commencements de la (( Salvetat, et de la construction du château b »
Le premier élan était donné. Pendant un siècle,