‹ Monographie de la Commune de VendesChapitre 26 sur 78 · QE · texte numérisé non relu

QE

Poulaillers.

ec el

Étable.

Mare,

Grange.

S n = ———————— # Étable, } »

É Cellier.

———— Fumière :

Écurie. = î Pressoir.

Balisage.

À Escalier {] Écurie.

O Buanderie.

Pompe,

Remise.

Maison d'habitation. Laiterie.

Vestibule

© -— = e + De & = G:

TT

Jardin potager, \

Sur les bâtiments de gauche, greniers à fourrage. Sur les bâtiments de droite, greniers à grain s’accédant par l'escalier dans la buanerie, et sur le pressoir, grenier à pommes.

(1) Terme employé dans la région bas-normande pour désigner la porcherie.

$ 3. — Vêtement.

Le vêtement ne diffère guère de celui des autres contrées (1). Autrefois, les jupes en droguet à rayures étaient très portées par les femmes, elles tendent à disparaitre. La coiffure seule a persisté quelque peu, la honnette ou serre-tête avec petit nœud de dentelle de Caen et quelques épingles en or le dimanche, Les hommes ont conservé la blouse en toile bleue à piqûres blanches,

$ 4, — Nourriture, — Boisson,

L'usage de la viande ne s'est répandu de façon générale que vers 1860, avant, la viande ne figurait guère qu'aux repas du dimanche et dans quelques occasions exceptionnelles.

Quant au pain, il est acheté presque chaque jour chez le boulanger, les fermiers, à part deux, ont perdu l'habitude de cuire eux-mêmes.

Actuellement, le matin, on mange la soupe et on « Casse une croûte pour boire un coup de cidre »; à midi, soupe, viande; à 5 heures, collation : salade ou fruits. pain; le soir, souper : soupe et légumes.

Naturellement, pendant l'époque de la moisson, l'ordinaire est amélioré et augmenté d'un déjeuner à 9 heures ; toute l’année, toutes les deux heures, les travailleurs

En 1755 : En 1908 :

(1) Un costume de paysan valait 17 1, Très variable, Une robe de servante de ferme 7 1. En moyenne 95 fr. Une paire de souliers VEN EE — 12 fr.

Une paire de sabots 125. — 2 fr.

(Mémoire sur Les Travaux publies en Normandie, par À. Lepage déjà cité). A.

« boivent un coup », tournée de 3 à 6 verres de cidre (1) par tête. La galette de sarrasin joue un grand rôle, on la mangé au petit déjeuner, à la collation, quelquefois au diner le vendredi; elle est très appréciée, car on est forcé de boire beaucoup en la mangeant.

Nous ne parlons pas du café ni de son accessoire obligé, l'eau-de-vie de cidre (ou Calvados). Il se prend le dimanche et pendant les jours de fort travail dans les fermes, tous les jours dans certaines maisons. On ne peut pas conclure le plus petit marché, faire le moindre charroi sans prendre une ou plusieurs tasses de café. Les jours de fête et chez les cultivateurs aisés, on y ajoute le «gloria », mélange de café, d’eau-de-vie de vin, d'eaude-vie de cidre, de rhum et même de kirsch. Depuis quelques années, il remplace quelquefois la soupe du matin. Combien aussi sont nombreuses les lasses de café absorbées à la dérobée pendant la journée chez le caba-

retier ! (2).

(1) Le cidre est l'unique boisson, c'est du cidre dit mitoyen, comprenant moitié ou deux tiers d’eau. Le cidre pur ou gros cidre est bu à titre exceptionnel, sauf au cabaret où, d’ailleurs, souvent il n'est pur que de nom.

(2) Prix comparés de quelques produits agricoles :

Ex 1755 EX 1908 Le kilo de pain : de 0 fr. 10 à 0 fr. 89 0 fr. 33 (en moyenne). Le kilo de viande: de 0 fr. 20 à 0 fr. 70 1,60 — . Un poule: 4 sols. 2,50 = La douzaine d'œufs : 2? sols. 0,75 à 1,50 (suivant l'époque de l'année) Un litre de cidre: 6 liards à 2 sols. 0,15 à 0,50.

Un litre d'eau-de-vie de cidre : 10 à 20 sols. | 38 fr. + les droits = 5 fr. 1l est vrai qu'on en vend à 2 fr. (droits payés) !!

(Mémoire sur Les Travaux publics en Normandie, par A. Lepage, déjà cité).

Vorr plus loin le détail des revenus des chanoines d'Arry et de Vendes : là encore, il y a de nombreuses indications de prix.

4109, $ 5. — Salaires.

L'étude rétrospective des salaires et des variations du coût de la vie serait très intéressante, mais sur ces questions les documents ne sont pas nombreux.

Jusqu'au XIVe siècle, dit M. Léopold Delisle (1), il est rare de rencontrer des textes relatifs aux salaires des ouvriers des campagnes, c'est que la plupart des travaux agricoles s’exécutaient non pas par des ouvriers salariés, mais par des tenanciers ou tenants qui jouissaient de leur terre à charge de cultiver les domaines seigneuriaux. Les siècles qui suivent nous apportent, du moins en ce qui concerne Vendes, peu de renseignements sur ce point. Cependant, nous pouvons mentionner les indications suivantes :

En 1755 (2): Prix de la journée de l'attelée de 2 che-

vaux : 3 livres 10 sols.

(En 1907 : 12 francs.)

En 1775 (3): Prix d'une journée de main-d'œuvre :

10 sols.

(En 1907 (4): 1 fr. 50 (nourri); 2 fr. 50 (non nourri) pendant l'hiver.)

En 1800 (5): Gages d'une servante de ferme pour une année : 130 fr.

(En 1907 : de 300 à 400 fr.)

(1) Étude sur la condition de la classe agricole en Normandie, p. 628.

(2) Prix tiré d’un mémoire sur Les Travaux publics en Normandie, par A. Lepage. Société des Antiquaires de Normandie (lecture faite le 30 janvier 1908).

(3) Mémoire de l'ingénieur Lefebvre à Necker, 1775.

(4) Voir p. 70 et 71.

(5) Papiers de M. le comte de Labarthe.

AN fe

Au début du XIX° siècle, un livre de compte conservé nous fournit aussi quelques données (1).

25 juillet 1810 : à la servante, son année 60 fr,

au vacher, pour son année 60 fr.

7 octobre 1812: à Corbel, pour 15 journées de travail: 15 francs.

Nous en pouvons conclure quà celte époque serviteur à gages, nourri, logé, gagnait environ 0 fr. 17 par jour; l’ouvrier à la journée, non nourri, gagnait 1 franc, ce qui est une proportion différente de celle que nous observons aujourd'hui, où le salarié à gages gagne environ le tiers du journalier non logé ni nourri. De certains documents précis, nous pouvons établir le tableau suivant des salaires ruraux pour l'année 1890 et pour 1907 (2), c'est-à-dire à 17 ans de distance :

Page 1