‹ Monographie de la rageChapitre 101 sur 120 · DO · texte numérisé non relu

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moins mis de côté; la question matérielle a, pour ainsi dire, seule, préoccupée les autorités administratives ou de police. Il est temps de changer ces vieux et détestables moyens d'un autre temps, et d'apporter, dans l’accomplissement de ce triste mais impérieux devoir, les sentiments qui doivent animer tout homme jaloux d'éviter, aussi bien aux animaux qu'aux hommes, des souffrances inutiles.

Quoi de plus répugnant que l’assommement ou la pendaison, exécutés de manière à exciter la pitié des cœurs les plus endurcis ! La Belgique a fait un pas en combinant l’emploi simultané de ces deux moyens (126), mais cela ne suffit pas.

Il faut absolument déshabituer l'homme à tuer ainsi des animaux, à se servir de ses propres mains pour frapper ou pour pendre. Outre ce qu'il y a de cruel dans ces procédés, ils endurcissent le cœur de celui qui est chargé de ce triste métier, et peuvent provoquer de sa part, dans un moment donné, plus facilement que chez tout autre, une agression ou un crime.

Poisons.

139. — À Madrid et à Londres, on se sert du poison : la sérichnine dans la première ville, et l'acide prussique dans la dernière. La strichnine,

administrée à dose suffisante, tue assez promptement; mais la mort est presque toujours précédée de convulsions accompagnées d’horribles

souffrances.

À Amsterdam et à Berlin, on se servait aussi du poison; on a dû y renoncer à cause des scènes douloureuses qui en étaient la suite.

L'acide prussique, bien pur, foudroye! La mort est instantanée: mais il s’altère facilement à lair et à la lumière, et doit être pour cela souvent renouvelé.

Ce ne sont là que les moindres inconvénients attachés à l'emploi des poisons. On comprend de suite combien 1l peut être dangereux de mettre, pour ainsi dire, entre les mains du premier venu, des engins aussi redoutables !

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