INFLUENCE DES PAYS CHAUDS
32. — On a tour à tour attribué la rage spon-. tanée à l'influence de la soif ou de la faim, de la colère ou de la souffrance, de la chaleur ou du froid. Une croyance erronée, mais vulgairement accréditée, c'est que, plus il fait chaud, plus la rage est fréquente. S'il en était ainsi, les pays les plus chauds seraient ceux où cette maladie se développerait le plus souvent, ce qui n’est pas. En effet, la rage ne se montre que très rarement dans la Syrie, l'Égypte, la partie méridionale de l'Amérique, la Jamaïque , ete. Elle est aussi très rare dans la Cafrerie, où les chiens se nourrissent de chairs putréfiées, et en Turquie. Livingstone, ce hardi et courageux voyageur, n’a pas entendu parler de chiens enragés dans les déserts de l’Afrique ; on n’en voit jamais dans les régions du globe
Me CRAN
où la température est la plus élevée comme Quito et Sumatra, dans les régions équatoriales , etc.
À Constantinople, la rage est également une exception. Et, cependant, une quantité, relativement plus considérable qu'ailleurs, de gros chiens vivent dans la plus entière liberté; on les voit partout agglomérés surtout autour des marchés, des bazars, ne se nourrissant presque que de pain et d'eau. Les médecins affirment que, dans cette ville, les cas de rage sont pour ainsi dire inconnus.
M. de Merville, qui à séjourné trois ans à Smyrne, ville de deux cent mille habitants, assure que jamais il n’a vu un exemple de rage, les médecins de l'endroit lui ont confirmé cette immunité absolue. Cependant, comme à Constantinople, les chiens y sont très nombreux, et vivent, de nuit et de jour, en pleine liberté. Ces chiens, de haute taille, sont trés maigres; ils ne sont nourris qu'avec du pain et de l’eau.
Dans l'Ile Maurice, la rage s’est montrée pour la première fois après l'introduction d'une race de chiens venus de l'Angleterre. Dans l'Ile Bourbon, elle est encore inconnue ; il n’y a pas de chasse et pas de chiens.