‹ Monographie de la restauration du Château de Saint-Germain-en-Laye d'après les projets et les détails d'exécution tracésChapitre 3 sur 38 · SUBSTRUCTIONS DU CHATEAU PRIMITIF · texte numérisé non relu

SUBSTRUCTIONS DU CHATEAU PRIMITIF

Ce château fut, dit-on, en partie détruit par Edouard III, roi d’Angleterre, en 13 46, au début de la guerre de Cent ans. Vingt ans plus tard, d'après Christine de Pisan, le roi Charles V «moult fit réédifier notablement le cbastel de Saint-Germain-en-Laye» et ce prince l’habita, ainsi que ses successeurs Charles VI et Charles VII; mais aucun renseignement précis n'est donné par l’histoire sur les constructions de ce temps, et c’est dans le monument lui-même, et dans un témoignage postérieur qu’il faut chercher les indications permettant de supposer que le château réédifiè au XIVe siècle avait â peu près, en plan, la configuration et l’importance des bâtiments actuels. En effet, dans le premier volume «des plus excellents bâtiments de France», imprimé en 1576, Ducerceau nous dit en parlant de Saint-Germain: «Ce bastiment est assis sur un lieu assez liault eslevè, prochain de la nviere de Seine, « à cinq lieues de Paris. Ceste place a esté tenue par les Anglois durât leur séjour en France. Depuis eux estant « dèchassez elle demeura quelque temps sans entretien, Or, est-il advenu, que le Roy François premier, trouvât ce « lieu plaisant fest abbattre le vieil bastiment, sans toucher néantmoins au fondement, sur lequel il fest redresser le « tout côme on le voit pour le jourd’huy, et sans rien changer du dit fondemét, ainsi que l’on peut cognoistre par

« la court d’une assez sauvage quadrature . ». Si, d’autre part, on considère l’aspect féodal que les parties basses

du monument ont conservé â l’extérieur, cette construction massive en pierre d’appareil faisant contraste avec la brique des parties hautes, l’épaisseur énorme des murs du rez-de-chaussée (4 à.4*»5o), inusitée à cette époque dans les habitations de plaisance; si l’on considère la ceinture de mâchicoulis i corbeaux dont les profils sont du xive siècle (Voir planche xxii) la tradition de ces tourelles d’angle, espèces de poivrières sur encorbellements, enfin cette tour d’angle Nord-Ouest, conservée presque intacte dans les constructions de la Renaissance, que la tradition et le caractère de ses éléments font remonter au XIVe siècle, on peut, en étendant le texte de Ducerceau, inférer que le château actuel a été implanté sur celui édifié par Charles V dont la Renaissance a conservé, presque intacte, toute la partie basse du périmètre extérieur, faisant table rase dans la cour où tout a été réédifié; on peut enfin se figurer en imagination l’importance et le caractère du château attribué â Charles V. Quoiqu’il en soir, le château de Saint- Germain est une œuvre bien typique et originale; l’impression indéniable ressentie à sa vue résulte aussi bien de la juxtaposition des deux époques d’art, que de la valeur personnelle du constructeur qui a su, à la Renaissance, accorder et fondre des éléments aussi disparates.

Jusqu’en 1674 le château subsista sans subir de changements notables, a cette cpoque, 1 architecte Hardouin- Mansart fut chargé de l’augmenter de cinq gros pavillons au moment où Louis XIV quittait définitivement Saint- Germain pour fixer définitivement sa résidence â Versailles. Les adjonctions de cette époque se sont ressenties de cette circonstance, elles furent exécutées sans soins, en copiant maladroitement les ordonnances des façades extérieures ; les

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