PLANCHE XXII
PORCHE DU NORD
GRODPE.
Ces deux belles statues ont été dessinées avec beaucoup de soin par M. Amaury Duval , et reproduites en litho{;raphie avec une scrupuleuse exactitude.
La première représente (suivant les descriptions anciennes complétées par M. l'abbé Bulteau) Philippe leHurepel, comte de Doulogne-sur- Mer, fils de Philippe -Auguste et d'Agnès de Méranie, frère de Louis VIII et oncle de saint Louis, mort en i2 33 et enterré à Saint- Denis. Bon et faible, il se laissa mettre, en 1227, à la tête des mécontents : ftEt pour ce li baron de France a, dit le sire de Joinville, «virent le roy enfant et la royne, sa mère, femme estrange, firent-ils d'un comte de Bouloingne, qui estoit oncles le roy, lour chièvetaii> (leur chef) et le tenoient aussi comme pour signour^. ■»
Philippe est vêtu fort simplement : il porte une cotte ou tunique et un manteau. Sa main gauche tient un sceptre, et sa droite, placée contre la poitrine, est un peu mutilée et incomplète.
Sa femme, la comtesse de Boulogne, est Mahaut, fille de Renaud de Dammartin. Cette statue est magnifique et d'un naturel plein de vie. Il faut remarquer la noble simplicité de son costume et la souplesse des étoffes de sa robe et de son manteau. Elle porte une coiffure particulière aux femmes nobles du xni"' siècle et qu'on retrouve plusieurs fois dans les vitraux de la cathédrale. Sa main gauche relève les plis de sa robe, et la droite, suivant une mode que les sculpteurs du xm" siècle ont suivie, a un doigt passé dans le cordon de son manteau.
' Elle porte en petits caractères le n" XXVL — ' Nataiis de Wailly, Histoire de saint Louix.