PLANCHE XXXVII. —JUBÉ
La dernière fenêtre nous offre l'image d'Aaron portant le costume sacerdotal du grand prêtre des Juifs; il tient dans une main le livre de la Loi et dans l'autre la tige verdoyante de la tribu de Lévi (Nombres, XVIl). Au-dessous de lui est le roi d'Egypte Pharaon tombant de cheval. Ces personnages figurent l'Humilité et l'Orgueil.
Cette immense fenêtre circulaire représente la glorification de Jésus- Christ dans les siècles futurs et l'éternité. Il nous semble entrevoir, en levant les yeux et en considérant cette grande et belle verrière, une faible esquisse des Visions d'Ezéchiel et de saint Jean dans son Apocalypse. Ce sont leurs paroles qui ont inspiré cette belle peinture, et nous ne pourrons nous empêcher de citer, en les décrivant, quelques fragments du texte sacré.
Au centre est Jésus-Christ, assis sur un trône royal. Ses deux bras sont levés et étendus. De la main droite il bénit le monde, et de la gauche il tient une grande coupe d'or, indice de son sacerdoce éternel : Cluislus rex et sacm^dos. Deux grands flambeaux qui sont auprès de lui rappellent les lampes que l'Apôtre Jean voyait allumées dans les cieux : fc Autour du trône, — dit saint Jean, — il y en avait vingt-quatre autres sur lesquels étaient assis vingt-quatre vieillards avec des couronnes d'or sur leurs têtes, ayant chacun des harpes et des coupes d'or pleines de parfums, qui sont les prières des saints.'» Nous retrouvons tout ceci dans notre vitrail.
Vis-à-vis et près du trône, il y avait quatre Animaux : le premier animal était semblable à un Lion , le second était semblable h un Veau, le troisième avait le visage comme celui d'un Homme et le quatrième était semblable à un Aigle qui vole. Dans notre vitrail, chacun de ces êtres mystérieux tient une banderole figurant les rouleaux des Évangélistes dont ils sont le symbole. Ces quatre Animaux ne cessaient jour et nuit de crier : Saint, Saint, Saint est le Seigneur Dieu tout-puissant, qui était,
' On peut voir sur la planche X (face nidridionale) l'ensemble de cette Rose et les cinq grandes fenêtres qui sont au-dessous.
qui est et qui doit venir. Et Icrrsque ces Animaux rendaient gloire, honneur et actions de grâces à Celui qui est assis sur le trône et qui vit dans les siècles des siècles, les vingt-quatre vieillards se prosternaient devant Celui qui est assis sur le trône, et ils admment Celui qui vit dans l'éternité en lui disant : kNous vous rendons grâces, Dieu tout-puissant, de ce que vous êtes entré en possession de votre grande puissance el de votre règne, -n
Près des quatre Animaux, nous voyons dans la Rose quatre Anges; deux tiennent des flambeaux et deux autres parfument l'air avec l'encens dont la fumée sort de leurs encensoirs. Ces Anges, à genoux, sont l'indication et la figure des anges nombreux qui paraissent dans ces scènes pleines de mystères, en même temps que les vingt-quatre Rois et les quatre Animaux ou symboles évangéliques. Tous ces êtres, dépeints dans l'Apocalypse, sont représentés ici dans des compartiments circulaires qui forment de grands cercles concentriques autour du médaillon central oii se trouve Jésus-Christ.
Dans les intervalles des compartiments où sont les Rois, il y a douze petits Oculus, en forme de quatre-feuilles, où sont peintes les armes de Dreux-Bretagne, rappelant les hauts et puissants seigneurs à qui l'on doit la construction de la plus grande partie du transept méridional et dont nous trouverons les effigies au bas des grandes fenêtres publiées dans une des planches que nous aurons bientôt à décrire.
Terminons la description de cette Rose en faisant remarquer que la beauté et l'éclat de ses verres multicolores sont encore un souvenir apocalyptique. Saint Jean, en efl"et, nous fait connaître que les murs de la cité de Dieu étaient formés des pierreries les plus précieuses et les plus brillantes. Le jaspe, le saphir, i'émeraude, la topaze, l'améthyste, etc., composaient la clôture de la nouvelle Jérusalem, où les justes serviront Dieu et verront sa face pendant tous les siècles.