‹ Monographie de Notre-Dame de Chartres: explication des planchesChapitre 88 sur 100 · PLANCHE LXVIII. — HISTOIRE DE CHARLEMAGNE · texte numérisé non relu

PLANCHE LXVIII. — HISTOIRE DE CHARLEMAGNE

Dans le panneau au-dessus, à droite, Constantin , Empereur d'Orient, est couché et dort; un ange l'avertit en songe d'avoir recours, pour combattre les Sarrasins de Palestine, à Charlemagne, et en même temps l'on aperçoit celui-ci à cheval, revêtu de son costume de combat, le casque en tête, le grand bouclier sur le côté, et portant la cotte de mailles.

Charlemagne assis entre deux évêques s'entretient avec eux. Il est nimbé, car on lui donne le titre de saint à cette époque.

Charlemagne reçu aux portes de Constantinople par l'Empereur d'Orient.

Combat des Français et des Sarrasins. 11 faut remarquer la forme un peu déprimée du casque des Français, leurs boucliers longs se terminant en pointe à la partie inférieure et leurs cottes de mailles, tandis que les infidèles ont un casque conique, un bouclier rond et des cottes formées par des lamelles. Le combat est terrible. Le roi franc, reconnaissable à la couronne qui accompagne son casque, tranche la tête du roi son adversaire, tandis qu'un Sarrasin va assener un coup de hache d'armes sur Charlemagne, que protègent ses compagnons. Le mouvement rapide des chevaux est bien exprimé; ils sont au grand galop.

Dans le cours de ce vitrail, on rencontre plusieurs panneaux où les guerriers se montrent dans un costume fort intéressant à étudier. Les sujets militaires sont rarement représentés d'une manière aussi précise et aussi détaillée que dans cette légende de Charlemagne. Il y a ici des observations très utiles à faire sur lé costume des guerriers francs et sarrasins et sur la manière dont les chevaux sont équipés.

Charlemagne pour prix de ses services reçoit des reliques précieuses, renfermées dans trois châsses que lui offre l'Empereur d'Oiient : c'est un morceau de la vraie croix, un suaire du Sauveur et une tunique de la Sainte Vierge.

Charlemagne offre ces trois châsses et la couronne du roi sarrasin à l'abbaye de Saint-Denis et les fait porter à l'église de ce monastère.

Charlemagne assis à côté de deux personnages. Ils regardent dans le ciel la voie lactée, nommée au moyen âge le chemin de saint Jacques.

Toutes les nuits Charles revoyait ce chemin d'étoiles, qui, commençant à la mer de Frise et se dirigeant entre la Germanie et l'Italie, passait à travers la Gascogne, le pays des Basques, la Navarre et l'Espagne, jusqu'en Galice, oii reposait le corps du bienheureux saint Jacques. Comme notre héros était préoccupé de cette vision, saint Jacques lui apparut en songe, lui annonçant que ce cheniia d'étoiles signifie qu'il doit aller en Galice, avec de grandes armées, combattre la race perfide des Sarrasins et délivrer son tombeau.

Charles part avec l'archevêque de Reims Turpin et avec plusieurs autres cavaliers.

En présence de son armée, Charlemagne, descendu de cheval et à genoux, implore la protection de Dieu.

Prise de Pampelune. Le roi franc poursuit à cheval le chef ennemi, qui s'enfuit au galop; au moment où il passe la porte de la ville, le Sarrasin reçoit dans l'aisselle un coup de lance; un héraut sur les remparts sonne de la trompe.

Charlemagne fait construire une église en l'honneur de saint Jacques. Il est à cheval et montre le ciel aux ouvriers. A tette époque, les trois églises les plus vénérées dans le monde étaient l'église de Saint-Pierre à Rome, de Saint-Jean-l'Evangéliste à Éphèse et de Saint-Jacques à Compostelle. Nous ferons remarquer que le petit uuage qui est dans le ciel à ce panneau est un vestige de l'ancien usage des peintres liturgiques de représenter dans le ciel la main divine figurant la formule Digilîis Dei est hic. Le dessinateur employait ce moyen pour montrer la puissance de Dieu, qui présidait à tout ce qui arrivait sur la terre. Au xiii" siècle fou commença à abandonner cet usage, mais on met encore un petit nuage dans le ciel.

Retourné une seconde fois en Espagne, Charles se prépare à combattre Aigoland. La veHle de la bataille, les guerriers fichèrent leurs lances en terre auprès d'eux et se couchent dans leurs grands boucliers. Le lendemain , ils trouvèrent leurs lances couvertes d'écorce et de feuillages, ce qui présageait qu'ils devaient recevoir dans la bataille la palme du martyre pour la foi de Jésus-Christ. Comblés de joie

Page 1