PLANCHE XVIII
Cette planche représente en géométral le porche cpii forme la partie inférieure de la façade septentrionale, laquelle termine le transept Nord.
C’est une œuvre splendide et l’une des plus belles pages que l’architecture du moyen âge ait produites. La richesse de l’ornementation, la quantité innombrable de statues de diverses dimensions, frappent d’étonnement et excitent au plus haut degré l’admiration. Les pensées pleines d’imagination et de poésie qui ont inspiré ces sculptures et leur disposition nous montrent chez les auteurs de ce monument un génie vaste et profond, soutenu par un enthousiasme que nous comprenons à peine, tant il est au-dessus de nos idées actuelles, et que nous ne pouvons voir sans en être émerveillés. Les noms de ces artistes prodigieux sont tombés dans l’oubli, mais ce qu’ils ont inventé et créé existe encore et attestera pendant bien des siècles leur mérite, leur science et leur connaissance des arts qu’ils ont élevés à un degré aussi supérieur. Il n’y a que les pensées religieuses rapprochant l’homme de la divinité qui soient capables de le porter aussi haut et de le maintenir dans les régions idéales de cette vie intellectuelle si féconde et si puissante.
Nous trouvons, représentée dans ces nombreuses sculptures, l’histoire abrégée du monde entier : sa création, l’œuvre des six jours, la chute de l’homme et sa rédemption par le Messie, point capital de notre religion. Les prophètes et les hérauts qui l’ont annoncé et figuré dans l’ancienne loi sont ici présents. Nous voyons sa généalogie remontant aux premiers âges du monde et la suite de ses ancêtres se suivant de génération en génération et se terminant à la bienheureuse Marie, Mère du Sauveur. Comme c’est à elle que l’église cathédrale est dé-
diée, les artistes du moyen âge lui ont donné ici la place la plus importante, puisque son triomphe dans le ciel occupe le tympan de la porte du milieu et attire immédiatement les yeux de celui qui va pénétrer dans son temple.
Sur le trumeau de la porte centrale il y a une grande slatue de sainte Anne portant dans ses bras la Sainte Vierge encore enfant qui tient dans ses mains le Livre de la loi. Au-dessous, un bas-relief mutilé représentait Joachim auquel apparaissait un ange lui annonçant la naissance de la Sainte Vierge.
Sur les côtés de cette porte médiane, on voit à gauche les statues suivantes :
Melchisedech , roi de Salem, en costume sacerdotal. De la main droite il tient un encensoir, et de la gauche, un calice et un pain pour en faire offrande à Dieu, car il était prêtre du Très Haut, dit la Genèse. (Cette statue n’est pas visible sur notre planche; elle est cachée derrière une autre.)
Abraham. 11 tient devant lui, debout, pieds et mains liés, son fils îsaac et lève sa main armée cl’un glaive pour immoler ce fds qu’il aimait tant. Un ange placé au-dessus dans un dais arrête la main d’Abraham. Sous ses pieds, dans le socle, on voit le bélier qui va être immolé; il est embarrassé dans un buisson.
Moïse. Il est reconnaissable aux Tables de la loi qu’il supporte et au serpent d’airain placé sur le sommet d’une colonne. Sous ses pieds est le veau d’or.
Samuel. Vieillard vénérable à longue barbe; il tient un agneau et le couteau avec lequel il va consommer le sacrifice. Sur le socle est David enfant.
David, en costume royal, la tête couronnée et tenant en la main droite une lance. Dans la main gauche, il tenait les instruments de la passion du Sauveur à cause de ses prédictions sur ce douloureux événement. Sur le socle est un lion.
Du côté droit, on voit les statues suivantes :
Isaïe tenant en main la fleur qui sortira de la tige de Jessé, comme
il est annoncé dans la prophétie : Et egredietur virga de radice Jesse et flos de radice ejus ascendet. 11 tient aussi une banderole sur laquelle sont les traces de cette inscription : Isaïas projeta.
Jérémie portant dans la main droite l’image d’une croix environnée d’un cercle richement sculpté, à cause de ses prophéties sur la passion de Jésus-Christ. Sous ses pieds, un personnage qui doit être un de ses bourreaux.
Siméon. Le saint vieillard porte l’Enfant Jésus et le montre , en disant : Ecce positus est hic, in ruinam et in resurrectionem multorum in Israël. Sous ses pieds, un bourreau probablement.
Saint Jean- Baptiste. Sa robe est faite d’une peau de chameau, les poils en dehors; la ceinture est en cuir; sa barbe est longue; la figure et toute la personne amaigries par les jeûnes. 11 porte un disque sur lequel est un agneau tenant dans une patte l’étendard de la résurrection; il le montre du doigt et semble dire : Ecce agnus Dei qui lollit peccata mundi. Sous ses pieds, un dragon ailé figure le démon vaincu.
Saint Pierre. Il est vêtu en pape; il porte sur la tête une tiare pointue et sur la poitrine le rational comme le grand prêtre des Juifs. De son bras droit pendent les deux clefs, symbole de son pouvoir, pour ouvrir ou fermer les portes de la vie future. Sa main gauche soutient une croix (aujourd’hui brisée) à longue hampe suivant l’usage du moyen âge. Sous ses pieds, un rocher, allusion aux paroles de Jésus-Christ : Tu es pierre et sur cette pierre je bâtirai mon église.
Un peu plus loin de la porte et du même côté est la statue à'Elie,
sous lequel on voit son char de flammes et son disciple Elisée recueillant son manteau. La planche XVII nous a montré plusieurs des statues que nous venons de décrire.
Ces deux statues sont cachées par les parties placées en avant de la porte. On les voit sur la planche suivante (XX), dans la partie de la gravure qui est à droite.
Les voussures qui encadrent cette porte se voient et se comprennent mieux dans la planche suivante, à laquelle il faut recourir pour un nio-
ment1. Cette planche XX (marquée XYI1I par erreur) nous permet de comprendre la disposition des voussures de la porte centrale. H y a cinq cordons de ces voussures qui sont adhérents à la porte. Les autres sont plus en dehors; nous en parlerons plus loin. Le premier cordon, ou le plus intérieur, est formé par une suite d’anges superposés. Les quatre autres sont ou des personnages de l’Ancien Testament qu’il est impossible de préciser, ou plutôt des ancêtres de Jésus-Christ; ils sont disposés dans des rinceaux comme pour former un arbre de Jessé.
Le tympan au-dessus de la porte est divisé en deux parties superposées. Au bas et à gauche, on voit la Vierge sur son lit rendant son âme à Dieu; Jésus son fils est présent; il est accompagné des douze apôtres et de plusieurs anges. Au bas et à droite, la Vierge est dans son tombeau; mais les anges descendant du ciel soulèvent son corps posé sur un linceul et se disposent à l’enlever dans les cieux. A l’étage supérieur, formant le tableau principal de cette porte, on voit Jésus-Christ bénissant la Sainte Vierge assise sur un trône auprès de celui de son divin Fils; elle porte sur la tête une couronne de reine, Regina cœli, Regina angelorum, et se baisse par respect en recevant ces témoignages de gloire. Des anges sont prosternés à ses côtés, d’autres plus haut encensent cette scène de glorification, qui est encadrée par une sorte d’édicule d’une architecture élégante.
Nous avons encore plusieurs choses importantes à noter sur cette partie centrale du porche nord. Ce sont les deux rangées les plus extérieures des voussures, les deux qui sont intermédiaires, et enfin les groupes de grandes statues que nous laisserons pour le moment; nous n’en parlerons que plus loin.
Les deux rangées intermédiaires (voir la planche XX) sont formée^
dont on a retranché les piliers et les statues qui sont en avant. Ces deux dessins ont induit en erreur pour la notation des planches. La planche XVIII n’existe pas.
1 II y a ici une erreur dans la table des planches : la planche marquée XVIII doit être la planche XX. Elle contient deux dessins : i° une coupe du porche nord; ü° une élévation de la partie droite de ce porche,
chacune de vingt-deux statuettes assises tenant des banderoles et semblant chanter les louanges de Marie.
Les deux derniers cordons (les plus extérieurs) de la grande ogive centrale représentent l’histoire de la création. Les sujets sont au nombre de dix-huit :
i° La création du ciel et de la terre. — 20 La création du jour et de la nuit. Le jour est un jeune homme tenant une torche enflammée; la nuit est une femme tenant un croissant. — 3° Création du firmament et des anges. — lx° Création des plantes. — 5° Création des astres. — 6° Création des poissons et des oiseaux. — 70 Création des quadrupèdes. — 8° Création du paradis terrestre. — 90 Création d’Adam.
Vient ensuite l’histoire d’Adam et d’Eve :
i° Adam considère les animaux de la terre, auxquels il impose des noms. — 20 Les quatre fleuves du paradis terrestre personnifiés, tenant leurs urnes d’où sortent des ondes. — 3° Dieu, tenant un livre, place Adam dans le paradis terrestre. — U° Création de la femme. Adam est endormi; Dieu lui ôte une côte et tient la femme par la main. — 5° Adam et Eve près de l’arbre de la science du bien et du mal : c’est un pommier couvert de fruits. Le serpent enlacé dans l’arbre présente un fruit à Eve, qui l’accepte et en offre à son mari. — 6° Dieu debout appelle Adam , mais celui-ci se cache sous un arbre avec sa femme. — 70 Ils sont devant Dieu, cachant leur nudité avec des feuilles. Dieu semble les réprimander ; ils se disculpent et accusent le serpent. — 8° Un ange armé d’un glaive chasse Adam et Eve du paradis terrestre. — 90 Dieu condamne nos premiers parents à gagner leur pain à la sueur de leur front. Adam bêche la terre; Eve file avec une quenouille.
Le grand fronton, ou pignon du milieu, contient au sommet le Père éternel donnant sa bénédiction à toutes les personnes et à toutes les choses contenues dans la porte centrale tout entière. Des anges l’encensent.
Passons maintenant à la droite de la porte. Les grandes statues qui
sont à gauche sont les suivantes (on les voit mieux sur la planche XX que sur la planche XIX) :
Samson. C’est l’un des personnages de l’Ancien Testament qui figure et symbolise le Sauveur. Au-dessous est un âne, pour rappeler que c’est avec une mâchoire d’âne que Samson tua mille Philistins.
La Reine de Sala. Son costume est riche et élégant. Sous ses pieds, un esclave nègre porte un vase et un sac rempli de pièces de monnaie.
Salomon . Est aussi une figure de Jésus. Il en rappelle la sagesse et la puissance. Au-dessous de ses pieds, un personnage fantastique et grotesque : c’est la folie opposée à la sagesse.
De l’autre côté de la porte, c’est-à-dire à droite, il y a les statues suivantes :
Jésus, fils de Sirach. C’est l’auteur de l’Ecclésiastique. Il tient une banderole sur laquelle on lisait encore au siècle dernier : IHS FILIVS SYRAG. Ce personnage est regardé comme une figure de Jésus- Christ. Au-dessous de ses pieds on voit un maçon ou un architecte tenant un fil à plomb et placé sur un petit temple en construction, par allusion à un autre Jésus, fils de Josedec, qui rebâtit la maison du Seigneur et releva son saint temple.
Judith. Elle fut la libératrice du peuple d’Israël, comme le Sauveur a été le libérateur et le rédempteur des hommes. Elle est couronnée comme une reine. Sous ses pieds est un chien, symbole de la fidélité, ou par allusion à quelque fait que nous ne connaissons pas.
Gédéon. Homme jeune, portant les insignes de l’autorité suprême. Il fut juge du peuple de Dieu, et figure aussi le Christ. Sous ses pieds, un dragon parle à l’oreille d’une femme qui semble écouter ses mauvais conseils.
Le bas du tympan de cette porte représente la scène du jugement de Salomon, exprimée avec un talent et un naturel que l’on ne saurait trop admirer, et que nos deux planches donnent dans des dimensions qui ne permettent pas de l’apprécier.
Au-dessus est Job, étendu sur son fumier, représenté avec vérité conformément aux expressions du texte sacré. . . Satan . . . percussit Job
ulcéré pessimo a planta pedis usque ad verlicem ej as , qui lesta saniem radebat sedens in sterquilinio. On voit sa peau, couverte de pustules ou d’ulcères, qu’il râcîe avec un tesson, et Satan met ses griffes sur la tête et sous les pieds de sa victime. La femme et les amis de Job sont là lui adressant leurs reproches.
Au-dessus, dans la partie supérieure du tympan, Dieu apparaît dans les nuages tenant une banderole et une palme; deux anges sont à ses côtés.
Les voussures qui encadrent ce tympan sont composées de scènes ayant rapport à l’histoire de Samson et de Gédéon, types figuratifs de Jésus-Christ. On y trouve aussi divers traits de la vie d’Esther, de Judith et de Tobie, qu’il est impossible de distinguer dans cette gravure, où ces sculptures sont peu visibles.
Le cordon le plus intérieur est formé par une suite d’anges placés les uns au-dessus des autres.
Sur l’extrémité la plus extérieure du porche il y a encore une voussure sur laquelle sont représentés les signes du zodiaque et les travaux ou occupations des mois de l’année. Nous avons exposé, dans une des planches de la façade occidentale, quelle était la signification de ces représentations zodiacales et quelles étaient les idées quelles devaient inspirer aux chrétiens. Il est inutile d’y revenir en ce moment. Nous ferons remarquer seulement que les signes que nous voyons ici sont placés : à gauche, au-dessous de l’Hiver; à droite, au-dessus de l’Eté. L’Automne et le Printemps n’ont pas été figurés.
Nous allons nous transporter maintenant à la porte de gauche de ce porche septentrional.
I.es grandes statues qui accompagnent la porte sont, à gauche : Isaïe. Il tient une banderole sur laquelle on lit : Esaias prophâ. 11 prédit que la Vierge enfantera un fils. Sous ses pieds un dragon, image du démon que le Christ doit vaincre par son arrivée dans le monde.
L’archange Gabriel. 11 prononce la salutation angélique en se tournant vers la Sainte Vierge; sa tête est brisée. Sous le socle est un démon, ange de ténèbres opposé à l’ange de lumière.
La Vierge Marie. Elle écoute les paroles de Fange Gabriel, et par son consentement va devenir la mère du Sauveur des hommes et participer au grand mystère de l’incarnation. Sous ses pieds, un serpent, enlacé sur un pommier couvert de feuilles et de fruits, rappelle la chute d’Eve dans le paradis terrestre, que doit réparer Marie, la nouvelle Eve.
A droite, sont les statues suivantes :
La Sainte Vierge et sainte Elisabeth formant un groupe qui représente la Visitation. Sous la Vierge est l’image du buisson ardent, et sous sa cousine Elisabeth, un individu verse de l’eau dans une urne; il peut avoir rapport aussi à la Sainte Vierge, et fait penser au miracle de Cana.
La troisième statue est un Prophète dont le nom n’est plus lisible. Sous ses pieds, un dragon ailé, qui peut indiquer que le prophète est Daniel.
Ces trois personnages se voient en grand sur la gravure, planche XXI.
Le tympan au-dessus de la porte est divisé en deux parties. Au bas : la Nativité et l’Annonciation aux bergers. Le bas-relief placé plus haut représente l’Adoration des Mages, à gauche; et à droite, les Mages avertis en songe par un ange de s’en retourner par un autre chemin. Au sommet de l’ogive, l’étoile miraculeuse et des anges.
Dans les voussures qui encadrent cette porte on a sculpté des anges, puis les vierges sages et les vierges folles avec leurs lampes ; les vertus foulant aux pieds les vices; ce sont : la prudence ou la sagesse écrasant la folie, la justice opposée à Y injustice, la force opposée à la lâcheté, la chasteté et la luxure, Yhumilité et Y orgueil, la générosité et Y avarice , Y espérance et le désespoir, la foi foulant aux pieds Y incrédulité.
La voussure suivante, suivant l’abbé Bulteau, représente les douze fruits du Saint-Esprit qui ont orné l’âme de Marie et qui sont, suivant saint Paul : la charité, la joie, la paix, la patience, la longanimité, Yhumilité, la bonté, la douceur, la fidélité, la modestie, la continence et la chasteté.
Sur une autre voussure on a représenté d’un côté les travaux ma-
miels et de l’autre les travaux de l’esprit, ou la vie active et la vie contemplative, qui étaient personnifiées et représentes en grandes statues à l’entrée de l’arcade placée en avant de cette porte, à gauche.
Enfin, le dernier cordon, celui qui est tout à fait en avant et en dehors des autres, représente une suite fort intéressante de statuettes qui ont été décrites et interprétées par Mmc d’Ayzac. Elles personnifient les béatitudes célestes, c’est-à-dire les joies spirituelles et corporelles dont les justes seront comblés dans la vie future. Plusieurs auteurs anciens les ont décrites et exposées dans des traités spéciaux. Saint Anselme, saint Thomas et Vincent de Beauvais en ont fait mention d’une manière spéciale. Les peintres et les sculpteurs les font paraître dans leurs œuvres, et nous les trouvons ici avec leurs attributs et leurs noms.
i° La première béatitude est la Beauté, Pulcriludo. Elle tenait un étendard de la main droite; sa main gauche s’appuie sur un bouclier sur lequel sont quatre roses largement épanouies.
2° La Liberté, Libertas . Main droite brisée; deux couronnes sur son écu.
3° L’Honneur, Honor. Main droite manque; deux mitres sur son bouclier.
lx° C’est la Joie céleste, Gaudium. Sur son bouclier, un ange sortant d’un nuage et tenant un livre.
5° La Volupté, Voluptas. Sur son bouclier, un ange tenant un encensoir.
6° La Vélocité, Velocitas. Sur son bouclier, trois flèches sifflent en abîme suivant le langage héraldique.
7° La Force, Forlitudo. Sur son bouclier, un lion.
8° La Concorde, Concordia. Sur son bouclier, deux couples de colombes.
9° L’Amitié, Amicitia. Sur son bouclier on voit aussi deux couples d’oiseaux.
î o° La Longévité, Longevitas. Sur son écu , un aigle tenant un sceptre dans ses griffes.
il 0 La Puissance, Polentia. Sur son écu, trois sceptres fleuronnés.
1 2° La Santé, Sanitas. Sur son bouclier, trois poissons. Mmc d’Ayzac cite le proverbe : Sain comme un poisson, comme pouvant avoir donné l’idée de le prendre pour symbole de la Santé.
i3° La Sécurité, Securitas. Sur son écu, un château fort, î U° La Sagesse, Sapienlia. [Jn dragon est sur son bouclier. Le dragon, au moyen âge et dans l’antiquité, a plusieurs sens. On peut supposer qu’il garde avec vigilance les trésors de la Sagesse, qu’on ne peut acquérir qu’avec des peines et des travaux pénibles.
Sous le cordon se trouvaient autrefois deux grandes statues : la Synagogue et l’Eglise, accompagnant celles citées plus haut : la Vie active et la Vie contemplative. Les piédestaux de ces quatre statues nous représentent encore une fois la série des vertus terrassant des vices, personnifiés, les vertus par de petites statuettes et les vices par des animaux.
Les piliers isolés placés en avant de ce porche, comme on le voit dans la planche XX, sont ornés de grandes statues représentant des princes et des princesses dont la générosité a contribué à faire élever ce porche magnifique. Dans les vitraux de la cathédrale on retrouve plusieurs de ces grands personnages, avec leurs armoiries, ce qui permet de les désigner par leurs noms. Au-dessous de ces statues sont des scènes de héros de l’Ancien Testament auxquels on les a assimilés, à cause de leurs hauts faits ou de leurs vertus. A la base centrale nous trouvons, en commençant par la gauche :
i° Philippe comte de Boulogne, oncle de saint Louis;
2° Mahaut, comtesse de Boulogne, près de son époux.
(Ces deux figures ont été reproduites en lithographie, planches XX1J et XXII bis.)