PLANCHE XXXV. — COUPE LONGITUDINALE
s’élèvent à une plus grande hauteur et changent la forme des voûtes, elles sont aveugles et dépourvues de toute ornementation. Un faisceau de colonnes engagées a été ajouté sur le milieu par des pierres lancées dans un contrefort et supporte la retombée des nervures de ces deux nouvelles travées; ces colonnes ne descendent pas jusqu’au sol, connue dans le reste de l’église : elles s’arrêtent au niveau du premier étage du clocher. On voit à côté les deux fenêtres du xne siècle, qui 11’ont subi aucune modification et sont restées comme des haies donnant à l’extérieur et destinées à être vues du dehors; elles ne semblent pas faites pour orner l’intérieur de l’église.
Plus bas sont deux arcades aveugles, qui paraissent une modification faite à cette face de la tour après son achèvement au xnc siècle.
Enfin, à la partie inférieure, au niveau du sol, sont deux arcs ouverts et en plein cintre qui communiquent avec le rez-de-chaussée de cette tour et donnent accès à l’escalier de la crypte, du côté du nord. Les chapiteaux de ces deux arcades ont des sculptures du xne siècle avec des personnages et des êtres fantastiques ; ils sont considérés comme des sujets symboliques, mais n’ont pu être expliqués1 et sont restés rebelles aux interprétations des antiquaires.
On voit à gauche de cette partie du clocher, faisant partie de l’église, la coupe de la porte principale, avec ses statues et ses voussures; au-dessus est la fenêtre du milieu, et au-dessus encore la grande rose occidentale.
Mentionnons ici, plutôt pour mémoire que comme objet d’étude, la charpente en fer qui a partagé en deux ces deux parties du clocher et qui s’étend d’un bout à l’autre de l’édifice. C’est une œuvre moderne qui a remplacé la célèbre charpente en chêne , du xive siècle , surnommée la forêt et qui fut détruite par l’incendie de 1 836.
2° L’église du Aiue siècle. Au niveau de la face postérieure du clocher, là où devaientse trouver la façade et la porte principale de l’église
1 Le P. Cahier, dans ses Mélanges d’ar- parle de ces chapiteaux de la manière la plus chéologie, volume des Curiosités mystérieuses, instructive.
1874, pages 191 à 195, est l’auteur qui
du xue siècle, un faisceau de colonnes engagées monte jusqu’à la hauteur de la voûte pour recevoir un grand arc-doubleau; c’est là, véritablement, que commence la grande église, ce chef-d’œuvre que le génie d’un architecte du xinc siècle a conçu et dont il a pu diriger la construction.
Après ce faisceau de colonnes, on voit se suivre les arcades de la nef: elles ne sont pas toutes de même largeur; au-dessous d’elles on aperçoit les fenêtres des bas côtés. Nous avons mentionné, dans la planche I, la forme et la disposition des piliers qui les séparent; il est inutile d’y revenir ici : le dessin, du reste, le fait bien comprendre.
Au-dessus, le triforium, ou petite galerie de service, permet de circuler autour de l’église, et plus haut encore sont les voûtes et les fenêtres hautes, formées à chaque travée par deux ogives jumelles et par une petite rosace.
Continuant notre examen vers la droite, nous rencontrons le transept nord, dans lequel est une grande porte (ouverte dans la gravure) à laquelle des arcs aveugles servent d’accompagnement. Le haut de ce transept est formé par cinq hautes fenêtres et par une grande rose dont le tracé est fort singulier; nous voyons apparaître là cette légèreté qui plus tard deviendra le but principal des architectes pour ces grandes fenêtres circulaires.
A gauche de cette porte, on voit par-dessous la dernière arcade de la nef une des portes latérales du porche nord (représentée ici fermée); celle du côté opposé se trouve cachée par la clôture du chœur et par les stalles.
Après le transept, s’étendent le chœur, le déambulatoire postérieur et les chapelles de l’abside , au-dessus desquelles apparaissent les parties extérieures, c’est-à-dire les contreforts du chœur, qui sont à double volée.
Dans le chœur, on n’a indiqué ni l’autel, ni le trône épiscopal, ni aucune partie du mobilier sacré du sanctuaire, parce que, tous ces accessoires ayant été refaits à la fin du dernier siècle, on ne trouvait pas d’intérêt à reproduire ici ce qui n’avait aucun rapport avec les œuvres du moyen âge.