PLANCHES XLVIII-LII. — VIE DE JÉSUS-CHRIST
Hérode ordonnant aux soldats de massacrer les enfants.
Le massacre des innocents.
Suite du même sujet.
La fuite en Égypte (la Sainte Famille).
Le retour d’Égypte (populations allant au-devant de la Sainte Famille).
Le retour d’Égypte (la Sainte Famille).
Les idoles d’Égypte tombant à l’arrivée de Jésus en ce pays.
Le baptême de Jésus-Christ par saint Jean.
Joseph averti en songe par un ange.
Les Rameaux : groupe d’apôtres suivant Notre-Seigneur.
Les Rameaux : apôtres et Jésus-Christ sur l’ânesse.
Les Rameaux : les habitants de Jérusalem sortant de la ville et venant audevant du Sauveur.
Enfin, au sommet de la fenêtre, plusieurs panneaux sont occupés par une grande figure de la Sainte Vierge tenant son Fils sur ses genoux, entre des anges qui les saluent et leur présentent des sceptres; le Soleil et la Lune personnifiés paraissent aussi sur les côtés.
Nous ne décrirons pas en particulier chacun de ces nombreux tableaux; on peut les étudier sur ces planches aussi exactement que sur 1 original. Nous nous bornerons à quelques remarques, pour fixer l’attention sur quelques points de détails.
Dans le panneau où les Mages arrivent devant la Vierge et son Fils pour leur offrir des présents, ils tiennent chacun dans leurs mains une sorte de pièce de monnaie ou un disque sur lequel sont des caractères qui simulent des lettres arabes.
Le panneau des idoles égyptiennes tombant de leur piédestal nous montre de petites figures dont fanatomie fort remarquable est exécutée, sinon avec une parfaite exactitude, au moins avec une singulière apparence de vérité.
La ville de Jérusalem à la fête des Rameaux, avec ses murailles et la foule de peuple paraissant par-dessus les murs et sortant des portes, pleine de mouvement et d’enthousiasme, forme un tableau très original.
Est-il nécessaire de recommander à l’admiration le groupe de la Vierge et de son Fils ? Leur pose hiératique est pleine de grandeur et de majesté; malheureusement, au xive siècle, une désastreuse restauration a remplacé les deux têtes anciennes et la couronne posée sur la tête de Notre-Dame. L’Enfant Jésus tient l’évangile d’une main, et de la droite élevée il donne sa bénédiction. La Vierge, avec une symétrie un peu exagérée et très rare, tient en chacune de ses mains un sceptre fleuri d’une forme tout à fait insolite.
Quant aux draperies, qui dans tous les tableaux inférieurs de cette grande fenêtre offrent ces petits plis fins et serrés que nous avons remarqués sur les statues de la porte Royale, elles sont plus faciles à voir et à étudier ici parce que les figures sont plus grandes.
Les deux anges qui accompagnent ce groupe s’inclinent avec grand respect vers leur souverain Seigneur et vers la Reine du ciel et des anges : Regina cœli, Regina Angelorum; ils leur présentent des sceptres et tendent leurs mains vers eux. Ce ne sont pas, comme on le verra dans les siècles suivants, des anges thuriféraires ou céroféraires; ce sont véritablement, comme on le voit dans les églises grecques en Orient, les deux archanges Michel et Gabriel prononçant toujours ces paroles : «Nous vous saluons, vous qui êtes notre Reine et aussi Celui que vous avez enfanté. r>
Le Soleil est figuré sortant des nuages, par la tête radiée d’un jeune homme qui semble admirer Notre-Seigneur et sa Mère.
La Lune, du côté opposé, nous apparaît sous la forme d’un croissant, que tient dans les replis de son manteau un buste de femme voilée, sortant aussi des nuages.
La bordure qui enserre et encadre ce vaste et immense tableau est d’un travail qu’il faut admirer. Entre ses entrelacs, pleins d’originalité et d’une admirable finesse, apparaissent des animaux fantastiques, des dragons à tête humaine, des oiseaux imaginaires et des échantillons variés de cette faune que les artistes du moyen âge créaient et répandaient autour d’eux dans toutes leurs œuvres.
Je ferai remarquer aussi que le verre et l’exécution de la peinture,
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matériellement parlant, sont d’une qualité bien supérieure aux vitraux des xme et xive siècles; ayant passé plusieurs mois en présence de ces œuvres précieuses, lorsque j’en faisais la copie, j’ai pu me convaincre, surtout dans les parties hautes de ces trois fenêtres, de leur supériorité sous tous les rapports.
La ferrure de ces trois fenêtres du xne siècle est placée à l’intérieur. Je ne saurais dire pourquoi; mais le fait est regrettable pour deux raisons : ce réseau de barres de fer partage en panneaux cette grande surface, qui, dans son état actuel, paraît vue au dehors nue et vide, au lieu de montrer des compartiments multiples ; puis ces barres de fer placées à l’intérieur dérobent aux yeux les bords inférieurs et latéraux de tous les tableaux. C’est peut-être au xivc siècle que l’ancienne disposition a été altérée, car à cette époque la fenêtre que nous étudions a subi de .grandes et importantes restaurations.