‹ Monographie de Notre-Dame de ChartresChapitre 66 sur 92 · PLANCHES LIII-LV. — LA PASSION DE JÉSUS-CHRIST · texte numérisé non relu

PLANCHES LIII-LV. — LA PASSION DE JÉSUS-CHRIST

remonter au xnc siècle. Le Cabinet impérial et royal des médailles à Vienne possède un petit bas-relief, vrai bijou, en jaspe sanguin; on voit, comme ici, les personnages disposés de cette manière hiératique que les Grecs ont adoptée, et de plus, comme ici, huit grands rayons partant du corps de Jésus-Christ et formant une sorte de monogramme à huit branches et semblant indiquer une croix placée sur la lettre grecque X, ainsi qu’on en trouve des exemples fort anciens à Rome, à Venise, à Ravenne, etc. La tête de Moïse ne porte pas les deux rayons mentionnés dans l’Écriture; ils sont rares en Grèce, et ne sont pas indiqués dans les Guides de la peinture sacrée.

Au panneau de la cène, il faut remarquer, ce qui est très fréquent en Orient, qu’il y a un poisson dans le plat et non un agneau pascal. N’est-ce pas pour figurer le symbolique 1X0T2?

A la descente de croix, le personnage qui, à l’aide de tenailles, arrache les clous des pieds du divin crucifié ne manque jamais en Grèce dans cette image et est figuré de la même manière.

Le tombeau dessiné dans l’apparition de l’ange aux saintes femmes n’est point une grotte ou un monument rond comme dans les ouvrages du ixc siècle ou antérieurs : c’est, comme en Occident, un sarcophage seul et vu indépendamment du monument dans lequel il était renfermé.

Les derniers sujets, et surtout le Noli me tangere, sont tout à fait de style byzantin, ainsi que bien des détails de cette verrière.

Est-il encore nécessaire d’attirer l’attention sur la richesse et le goût si pur et si fin des ornements dont l’artiste a fait preuve dans la bordure et dans les interstices qui séparent les cercles renfermant chaque sujet? On doit faire une mention particulière et spéciale sur l’exécution de cette fenêtre, aussi bien que sur sa reproduction.

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