VITRAIL DE CHARLEMAGNE
XIIIe SIÈCLE.
Voici l’un des vitraux les plus intéressants de la cathédrale. H représente une partie de la légende, bien connue au moyen âge, de Charlemagne et de son neveu Roland. La renommée du grand empereur remplissait le monde. Ses hauts faits pendant la guerre, ses institutions civiles et ses occupations littéraires pendant la paix avaient une célébrité qui l’entourait d’une auréole de merveilleux et même de sainteté. Les poètes le célébraient ainsi que les héros de sa cour. Le temps, au lieu d’affaiblir après la mort ces souvenirs, allait en les augmentant et en les embellissant. Les arts, les sciences et les lettres avaient été cultivés avec grande faveur à la cour de Charlemagne et leur bienfaisante influence s’était continuée après lui avec grand succès pendant plusieurs siècles; mais à -l’époque de la Renaissance cette ancienne gloire de la France, qui avait rempli le monde, cesse de briller et finit par tomber dans le discrédit, et plus tard dans le mépris et l’oubli. Ce n’est que depuis peu d’années que les érudits ont fait sortir de la poussière des bibliothèques notre ancienne littérature et ses merveilles, tandis que les antiquaires et les archéologues nous dévoilaient, comme un nouveau monde, les mérites et les beautés de notre art national.
Bien des poèmes ont été écrits sur Charlemagne et ses pairs. L’un des plus célèbres est celui qui porte pour titre : La Chanson de Roland. Ce n’est cependant pas elle qui a servi au peintre de modèle pour les représentations que nous voyons ici; c’est dans Vincent de Beauvais et dans la chronique de Turpin qu’il a été chercher ses inspirations.
Le vitrail a été donné par les pelletiers fourreurs; au bas de la fenêtre l’on voit un de ces marchands qui exhibe à un bourgeois de Chartres une grande robe doublée de vair.