‹ Monographie de Notre-Dame de ChartresChapitre 86 sur 92 · PEINTURES DE LA CRYPTE · texte numérisé non relu

PEINTURES DE LA CRYPTE

On a réuni sur cette planche des fragments de peintures qui se voyaient encore il y a quelques années dans la chapelle dite aujourd’hui de Saint-Joseph.

Les enduits, dans cette partie de l’église souterraine, étaient dans le plus déplorable état; presque partout ils se détachaient du mur, emportant avec eux ces restes intéressants d’une décoration des âges anciens, et des réparations indispensables en firent disparaître les derniers vestiges. On a pu néanmoins en conserver le souvenir par le dessin. Au fond de la chapelle, on voyait de chaque côté de la fenêtre ces deux anges thuriféraires qui jadis avaient dû encenser un Christ placé au-dessus, ainsi qu’on en a des exemples dans les chapelles voisines. Autour de ces anges sont semées des fleurs de lys et des roses. En s’éloignant du fond de la chapelle on voyait deux grands saints, représentés sur cette même planche, et déjà détruits en grande partie. Nous supposons que l’un était un saint Jean d’après notre planche, mais d’après mes notes on lisait encore . . . . COB’ (Jacobus?) L’autre saint était un autre Jacques, celui de Compostelle, à en juger d’après les coquilles qui l’entourent et qui rappellent son célèbre pèlerinage.

Les murs de la chapelle, du côté droit, représentaient des scènes devenues tout à fait méconnaissables : des personnages s’avançaient vers le sanctuaire; quelques petits fragments sont indiqués ici. Du côté gauche, un figuré de pierres de taille, portant une rose au milieu de chacune d’elles, formait la décoration. Sur la voûte, il y avait un semis de fleurs de lys renversées, ou de campanules, alternant avec des rosettes. On a reproduit exactement ces mêmes décorations dans la restauration des murs et de la voûte. Quant aux figures, on ne s’est pas aventuré à une imitation, qui n’eût pu être que fort imparfaite et fort contestable.

PLANCHE LXXI. — PEINTURES DE LA CRYPTE. 171

Ces peintures avaient été exécutées à la hâte et sans aucune recherche par des décorateurs qui n’avaient d’autre but que de cacher la nudité des murs. Pour cela, ils avaient employé les couleurs les plus grossières et les plus communes, de l’ocre rouge, de l’ocre jaune, du blanc et du noir, et par les procédés les plus simples, de l’eau aluminée probablement. Cependant, au moyen de ressources aussi bornées, ils avaient obtenu un effet décoratif et monumental bien suffisant dans ces galeries peu éclairées et dans ces chapelles, où, depuis le xme siècle, la lumière ne pénétrait qu’à certains moments de la journée.

Dans toutes les parties de cette vaste crypte on a trouvé des traces de peintures décoratives. En plusieurs endroits, elles consistent en sujets qui font penser à des scènes de pèlerinage vers Notre-Dame de Chartres.

Dans le fond de ces chapelles, sur la voûte au-dessus de l’autel, on voit toujours un Christ entre deux anges qui lui rendent hommage, ou qui l’encensent : les uns sont en pied, comme ceux de la planche LXXI; les autres sont en buste et sortent des nuages. De ces Christs glorieux, nous avons pu en conserver un. Il a été calqué, ainsi que les anges, et sera reproduit en sa même place.

Ailleurs est la grande fresque que donne la planche LXXII; un peu plus loin, on respecte, sans oser y toucher, une autre fresque de petite dimension représentant une nativité de Jésus-Christ.

Dans une chapelle remise à neuf il y a peu d’années, la décoration consistait en l’imitation d’une tenture formée de lais d’étoffes dont la couleur alternait en suivant les murs et figurait des bandes rouges et jaunes.

Il faut remarquer aussi que partout, dans les chapelles comme dans les galeries, les voûtes, sans aucune exception, étaient à fond blanc. Quant au procédé, il était fort simple et semblait consister en une simple détrempe de couleurs dans de l’eau aluminée, ainsi que nous l’avons dit. Ces couleurs, simples oxydes métalliques ou terres ocreuses, n’avaient subi aucun changement; elles n’ont péri que parce que les enduits, rongés par le salpêtre, se sont détachés des murs.

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