‹ Monographie de Notre-Dame de ChartresChapitre 9 sur 92 · PLAN A LA HAUTEUR DES GALERIES · texte numérisé non relu

PLAN A LA HAUTEUR DES GALERIES

Après les détails dans lesquels nous venons d’entrer au sujet de la planche précédente, nous aurons peu de chose à dire sur ce second plan.

Ce qui frappe au premier coup d’œil, c’est la forme si visible de la croix, résultant de la rencontre de la nef et du chœur avec les transepts. L’intention symbolique étant connue et certaine, nous n’avons pas à en parler.

Les contours de cette croix sont accompagnés dans toute leur étendue par un triforium ou petite galerie garnie de colonnettes, supportant des arcs en ogive et formant une décoration élégante tout autour de l’intérieur du monument. Au moyen de cette galerie, fort étroite du reste, on peut suivre avec sécurité le contour de la nef, des transepts et du chœur, parties qui sont toutes de la même époque.

Ce triforium s'arrête à la grande façade Ouest, à l’extrémité de la nef, du côté de l’Ouest. Là se trouve, à la même hauteur, la grande rose occidentale, devant laquelle la galerie fait défaut, et l’on ne peut passer d’un clocher à l’autre.

Nous trouvons sur cette planche l’indication des nervures des voûtes hautes, qui n’ont point été indiquées dans la planche précédente. Nous reconnaissons que la nef est formée de neuf travées, puis d’un carré central, ensuite du chœur à quatre travées et d’un rond-point; enfin des transepts, ayant chacun trois travées.

En dehors de ces parties, nous voyons le dessus des toits situés au-dessous de ce plan. Les bas côtés de la nef et la première portion du chœur sont simples et à une seule pente.

Les chapelles et la seconde portion des bas côtés du chœur sont recouverts de toits, dont plusieurs sont de forme pyramidale.

Enfin, l’on domine la toiture des deux porches latéraux, celle de la sacristie et celle de la chapelle de Saint-Piat.

Les contreforts et les arcs-boutants, tranchés par les sections faites à une hauteur déterminée, ne paraissent point ici avec le volume considérable qu’ils nous ont montré plus bas.

Cette même planche nous permet de saisir la disposition et l’emplacement des huit tours et des clochers qui accompagnent le vaisseau de la cathédrale. On en voit ici la section qui, à chacune des tours, interrompt l’indication des pentes des toits, des bas côtés et des chapelles. En voici l’énumération :

Les deux grands clochers à la façade occidentale; leurs dimensions sont bien plus considérables que celles des six autres tours, comme le plan le fait bien comprendre ;

Deux tours à l’extrémité du transept Sud ;

Deux tours à l’extrémité du transept Nord ;

Et enfin deux tours placées sur les deux flancs du chœur.

Ces tours nombreuses , si elles eussent toutes été terminées et surmontées de flèches pyramidales, eussent produit un effet merveilleux. Elles n’avaient pas pour unique but la décoration ou l’embellissement du monument. Dans l’intention du constructeur, elles avaient une véritable fonction d’utilité: c’était de fournir, par des masses résistantes, des points d’appui robustes qui venaient renforcer les contreforts et les arcs-boutants. La hauteur considérable où s’élèvent les voûtes de la cathédrale et leur immense largeur réclamaient des moyens énergiques et d’une grande puissance pour résister à leur poussée considérable. En ceci, comme en tant d’autres points, il faut reconnaître combien, à cette époque reculée, la science de l’art de bâtir était perfectionnée en France, et combien la disposition savante de ces différents membres d’un monument avait pour résultat d’obtenir une solidité durable et un aspect satisfaisant pour la vue. Ces deux conditions ne sont jamais séparées dans les œuvres du moyen âge comme dans celles de l’antiquité ; en est-il de même dans les œuvres modernes ?

PLANCHE IV. — GRAND PORTAIL

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