‹ Monographie des caloptéryginesChapitre 136 sur 317 · SÂ[OS 9 ‘SAHANOPOU ‘OT · texte numérisé non relu

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264 Eox. De Sezys Lonccnaurs. — Xonographie

Dans l'état actuel de nos connaissances, et en tenant compte des. caractères les plus fixes , je crois qu'il ne peut exister de sérieuse diseussion sur l’ordre dans lequel les six grandes légions doivent se suivre.

La place de la sous-famille des Gomphines parmi les Odonates , semble se trouver entre les dernières Libellulidées ( Cordulia , Macromia) et les Æschnines. Elles se rapprochent, en effet, des Libellulidées , par la première division , chez lesquelles la lèvre inférieure est entière , tandis qu’elles passent presqu’insensiblement aux Æschnines par la seconde division, où la lèvre est plus ou moins fendue. Cette place est encore justifiée par la considération de l’écaille vulvaire, qui, simple dans la première division, prend dans la seconde presque l'organisation compliquée des lames vulvaires des Æschnines.

Toussaint de Charpentier a intercallé les Gomphines entre les Æschnines et les Agrionidées, à cause de l'éloignement des yeux, qui les font effectivement ressembler à cette dernière famille, mais cela est tout-à-fait contraire aux données fournies par l’écaille vulvaire.

D'autres auteurs, le professeur Burmeister , par exemple, attachant aussi une importance de premier ordre à la position des yeux, ont réuni les Cordulegaster aux Æschna, parce qu'ils ont les yeux légèrement contigus. C’est encore une analogie forcée, car les Cordulegaster ont les caractères généraux et la coloration des Gomphines, et l’écaille vulvaire moins voisine de celle des Æschna que les Petalura, qui ont cependant les yeux très-distants, et qui sont pour cet auteur de vraies Gomphines (Diastatomma). Le caractère des yeux distants ou à peine contigus est, il est vrai, le signe dominant des Gomphines , mais nous trouvons dans le même grand genre Cordulegaster des sous-genres où les yeux sont un peu distants , et d’autres, où ils sont en partie contigus, preuve qu'il ne faut pas considérer ce caractère d’une manière trop minutieuse, bien que pris dans son ensemble, il soit le seul qui sépare bien les Gomphines des Æschnines.

Si j'avais mis en première ligne les diverses modifications de la position des yeux d’une manière stricte, j'aurais dù terminer la série par les Cordulegaster, et non par les Petalura , mais j'ai considéré que je sacrificrais l'indication très-importante de l’écaille vulvaire qui, dans la légion des Petalura prend définitivement l'organisation des James vulvaires des Æschnines. Lorsque l’on connaitra la fe-

des Gomphines. 265

melle des Petalia , on verra si ma manière de voir est juste, quant à la place que j'ai assignée aux trois dernières légions.

Les ailes ne nous fournissent dans cette sous-famille que des caractère de deuxième ou troisième ordre. Les triangles discoïdaux sont, il est vrai, moins allongés que chez les Æschnines, et viennent confirmer le caractère tiré des yeux; mais si l’on veut subdiviser rigoureusement la sous-famille d’après la forme de ces triangles , on sépare des groupes très-voisins. Je me suis servi du caractère de l’espace basilaire réticulé pour nommer Nervulibases la seule légion (Chlorogomphus) qui le possède, mais il ne faut pas oublier que cette coupe diffère aussi des deux autres de la même division par l’écaille vulvaire courte et la lèvre moins fendue , deux caractères qui lui assignent la place intermédiaire entre les Intégrilabiées et les Fissilabiées.

Parmi les Intégrilabiées, le triangle libre ou réticulé, la membranule rudimentaire ou distincte , semblent des caractères d’égale valeur. J'ai donné la préférence aux triangles, parce que la détermination est plus facile et ne souffre pas d'exception. J'ai donc fait des Gomphus (cosmopolites) la première sous-division , et j'ai réuni dans la seconde les Gomphoides du nouveau monde et les Lindenia qui les représentent dans l’ancien. D'après la membranule j'aurais rattaché les Gomphoides aux Gomphus, et présenté comme seconde sous-division les Lindenia.

Je réserve pour un article spécial, à la fin de ce volume, le résumé géographique; qu'il me suffise de déclarer dès maintenant , que si la Géographie zoologique nous fournit dans la sous-famille des Gomphines des données précieuses pour confirmer la valeur de plusieurs légions et de la plupart des sous-genres , elle ne peut en aucune façon servir de base à une série méthodique continue.

La légion des Gomphus est cosmopolite.

Les Gomphoides (1) sont du nouveau monde subtropical ; les Lindénies de l’ancien monde, aussi subtropical; les Chlorogomphus de la Malaisie; les Cordulegaster de l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique ; les Petalura de l'Océanie et du Chili,

LS

(1) Excepté le Sieboldius , qui du reste doit être étudié.

266 Eox. De Sezys Lonccnaups. — Monographie

PREMIÈRE DIVISION

GOMPHINES INTÉGRILABIÉES (INTEGRILABIÆ.)

. Lèvre inférieure à lobe médian entier, non fendu à son extrémité. Yeux no-

tablement éloignés l’un de l’autre; triangles discoïdaux des ailes inférieures à côté interne plus court que les autres, ou égal au supérieur. Espace basilaire libre. Écaille vulvaire simple, plus courte que le 9° segment (1).

Cette division est beaucoup plus riche en espèces que la seconde, comprenant à elle seule les quatre cinquièmes des espèces connues (105 sur 195.)

Les trois légions sont assez peu tranchées , la première passant à la seconde et la seconde à la troisième ; mais ces deux dernières, quoique fondées sur des caractères peu importants, sont très-bien circonscrites sous le rapport géographique.

PREMIÈRE SOUS-DIVISION

LIBRES (LIBERÆ.)

Tous les triangles, et l’espace qui se trouve au-dessus libres, Membranule nulle ou presque nulle (2).

Les Gomphines intégrilabiées libres, qui ne constituent qu’une seule légion (Gomphus ) sont très-nombreuses; elles forment la moitié des espèces connues et sont cosmopolites. Cependant l'Amérique Méridionale en est presque dépourvue, car sur soixante six espèces elle n’en possède jusqu'ici que quatre.

1e LEGION. — GOMPHUS (Leach).

( Les caractères diagnostiques sont ceux de la sous-division cidessus , ou Gomphines intégrilabiées libres).

M. Hagen m'a transmis la description détaillée de cette légion ainsi qu'il suit :

(1) Excepté chez les Jctinus ferox, pugnaxæ et la Zonophora campanulata où elle est prolongée en lanière un peu plus longue.

(2) Médiocre chez le Gomphus dilatatus et chez les Hemigomphus.

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