CORDULÉ GASTER DE SAY
Syn. Cordulegaster Sayi; De Selys, Syn. n° 106.
Dimensions. Longueur totale environ 60m Abdomen id. 45 Aiïles id, 40 Ptérostigma 4 4/4
Voici la diagnose que j'ai prise de cette espèce : Taïlle de l'Æschna afinis.
o* Face et front jaunes, excepté le rhinarium, qui est noirâtre; bord de la lèvre supérieure à peine brunâtre. Occiput et derrière des yeux comme chez l'annulatus. Thorax à peu près de même (noir avec deux bandes en avant et deux latérales jaunes et une troisième raie intermédiaire fine entre ces deux dernières).
Abdomen noir, annelé de jaune comme chez l’annulatus , ayant également sur les 2€, 3e, 4€, 5€, 6e segments un second anneau terminal; 10€ segment avec une tache latérale jaune.
supérieurs n'ayant qu’une seule dent (interne , inférieure, située au me | -environ) et l’inférieur étant à peu près carré, plus large que long. |
‘anneaux jaunes doubles de l'abdomen ne sont pas interrompus en dessus par M Jl'arête dorsale. 10° segment jaune , avec deux taches brunes; les appendices ÿ
Re
Eos. De Seuvs Lonccuamps. —- Monographie C (LC SN.
Les appendices anals se rapprochent beaucoup aussi du type et , les
Aïles étroites, hyalines; nervure costale très-jaune en dehors; ptérostigma 4
jaunâtre, long; les triangles discoïdaux traversés par une seule nervule; l'angle
anal des ailes inférieures peu proéminent; membranule grande, blanche; 18 %
-antécubitales , 11 posteubitales aux supérieures, L
Q Elle ressemble au mâle sous le rapport de la coloration, si ce n'est queles
anals jaunâtres ; la lame vulvaire courte, jaune à la base. 14 nervules antécu-
“bitales aux ailes supérieures.
Patrie. La Géorgie (Amérique septentrionale) d'après un
couple déposé au British Muséum.
Lorsque j'ai pris la courte diagnose que l'on vient de lire, je n'ai pas douté qu’elle formât une espèce distincte de l'annulatus, bien “qu’elle s'en rapprochät beaucoup par la coloration de la lèvre supérieure, de l’occiput, la 5° raie latérale des côtés du thorax, les anneaux daubles de l'abdomen, la costale jaune en dehors, les appendices supérieurs du mâle avec une seule dent, et l'inférieur plus large que long: enfin la lame vulvaire de la femelle jaune à la base.
Si maintenant je cherche dans cette diagnose les caractères propres à isoler le Cordulegaster Sayi de l'annulatus, je ne trouve que les suivants qui, par leur ensenible, paraissent suflire, étant confirmés par la différence de patrie.
1° La taille plus petite.
% Le front sans raie antérieure noire, (qui manque il est vrai chez la variété immaculifrons de l'annulatus).
5° Ailes plus-étroites.
4° Ptérostigma proportionnellement un peu plus long.
50 Moins de nervules posteubitales aux supérieures,
6° L’écaille vulvaire plus courte.
7° Les appendices anals de la femelle jaunûtres. ’
C’est sans doute un nouvel exemple de ces espèces de l'Amérique M du Nord, entièrement calquées sur un type européen.
RE mans mes +
des Gomyhines. 595 110. CORDULEGASTER ANNULATUS, Latr.
CORDULÉGASTER ANNpLÉ.
Syn. Æschna annulata ; Latr. n° 1. — Vander L. monog. n° 8. — Fonscol. Ann.
Dim.
Soc. Ent. VIT, n°8. — De Selys, Cat. 18.
Cordutia annulata; Samouelle, Nomencl.
Cordulégaster annulatus ; Leach — Stephens — Curt. — Evans— De Selys,
Monog. n° 1.— Id. Rev. ne 4,—Id.Synops.n° 107,
Cordylegaster annulatus ; Billberg. Enum.
Æschna lunulata ; Charp. Horæ p. 29.— Id. 1840, p. 119. tab, XXVI. ©" ©, Burm. n°1. — Hagen, Prodr. n° 10.
Cordulegaster lunulatus ; Ramb. n° 2, — Hagen, Syn. n° 1.
Libellula forcipata ; Harris, tab. 23, f. 5 (Exclus. Syn.)
Libellula grandis ; Scopoli Entom. n° 677 (Exclus. Syn.)
Libellula Boltoni ; Donov. Nat. t. XII, p.450.
Æschna Oppermanni; Hansem. Mus. de Winthem.
Æschna Charpentieri ; Kolenati Meletemata Entom. fasc. V. 1846.
Cordulegaster Charpentieri ; De Selys. Rev. Od. p. 298.
Types. Race intermedius.
PET LT a LT LOT Te RS
Longueur totale d'15:76mm O0.72:89mm : 7 72-197 Q 80% Abdomen 95-57 55-62 53-59 62
Appendices supér, 1 1/2-2 1 2 4/4 l1f2
Largeur de la tête 10 10 1/2 11 10-10 4/2 114/2 Aiïles supér. 43-45 47-50 45-48 1/2 54 — infér. 43-45 47-50 44-47 54 Largeur de l’aile supér. 9 9'4/2-11 10 15 — — infér. 11-11 1/2 12 1/2-14 13 16 Ptérostigma des supér. 44/3 4 1/2-5 3 4/2 5)
des infér. 5 5-5 1/2 5 6 12 Lames vulvaires 8 1/2 11
o* Adulte. Face jaune à poils noirs; une raie noirâtre transverse, courte,
assez large, sur le haut du devant du front; rhinarium noir, formant une large
bande transversé, qui déborde légèrement sur le bord antérieur du nasus; lèvre supérieure jaune, étroitement bordée de noir à la base et sur les côtés, mais
non en avant, le noir faisant une petite saillie au milieu n’atteignant pas le
bord. Lèvre inférieure et palpes jaune roussâtre; vertex et ocelles noirs; cette
couleur bordant aussi en dessus , d’une manière sinueuse, la base du front, et
descendant finement le long des yeux; occiput petit, jaune, surmonté d’une
\ Q Q ù . CAT. . RE crète de poils jaunes ; il est renflé, surtout en arrière, où il est presque hivési-
nee “En. De ee Lovccnamrs. — Monogr
euleux, marqué d’un point noirâtre enfoncé. Derrière des Fes où bande blanchâtre bordant les yeux vers les tempes.
Les yeux d’un vert brillant à l’état vivant.
Prothorax noir, bordé de jaune en avant et en arrière, où cette couleur légèrement interrompue au milieu du bord.
Thorax velu , noir marqué de jaune ainsi qu’il suit : Deux bandes ARE 24 rales cunéiformes en avant, et deux bandes obliques isolées égales de chaque 41 côté, la dernière non terminale. Entre ces bandes on voit une ligne divisée
en deux ou trois taches, ou entière; . il existe aussi un point huméral
supérieur, un point aux attaches des ailes, une tache intéralaire entre chacune
des ailes, double entre les inférieures ; enfin l'articulation basale des pieds et la
poitrine sont marquées de jaunâtre.
Abomen cylindrique; rétréci entre le 2€ et le 6e segment, un peu élargi entre
ne - les 7e et 8e, noir luisant, anneléet taché de jaune ainsi qu'il suit : 1# segment
avec un demi-anneau interrompu avant la fin; 2° avec un anneau dorsal assez re large médian en dessus, devenant basal sur les côtés, comprenant les oreillet- | tes qui sont médiocres, denticulées de noir au bout, et un second anneau terminal interrompu par l’arête et parfois sur les côtés; 3e, 4€, 5e, 66 avec un an- | neau médian médiocre, et un postérieur étroit, divisé en deux par l’arête dorsale, qui reste noire; ces anneaux n'existent pas en dessous des segments; 7° et 8e ayant l’anneau un peu plus rapproché de la base, plus interrompu au milieu, l’anneau terminal nul au 8°; le 9e avec une petite tache basale latérale; 10°
tout noir, son bord postérieur un peu saillant et déprimé au milieu.
A ppendices anals noirs; les supérieurs un peu plus courts que le dernier segment, très-rapprochés à leur base, en forme de doloire, comprimés presque verticalement, un peu divergents ; la côte externe épaisse, presque droite ou un peu sinuée ; le côté interne s’amincissant à la pointe qui est fine et aiguë, et ce côté présentant à son premier quart une forte dent penchée vers le bas eten arrière; le bord se-dilate ensuite plus ou moins, et se termine avant la pointe par une échancrure obtuse.
Appendice inférieur d’un tiers plus court que les supérieurs, presque carré, plus large que long, un peu échancré au bout, les bords latéraux renflés; relevés en pointe à leur extrémité.
Pieds tout noirs.
Ailes hyalines, souvent un peu salies. Réticulation noire, costale jaune en dehors ; ptérostigma long, mince, noirâtre , surmontant environ quatre cellules; membranule assez grande, longue, blanchâtre; bord anal peu excavé; l'angle presque droit. Triangle discoïdal des quatre ailes traversé par une nervule, l'interne libre: 18-21 anticubitales aux supérieures, 13-15 aux inférieures, 15- 13 posteubitales aux quatre.
Q Ressemble au mâle pour la coloration, même pour celle de la lèvre supé-
les Gomphines. 595
rieure, mais l'abdomen est moins rétréci au milieu, les oreillettes très-rudimentaires.
Le bord vulvaire est prolongé en deux lames cornées noires, dépassant le bout de l'abdomen de plus de 3 millimètres.
Elles prennent naissance à la base du 9€ segment, sont contiguës, creuses en dedans, et finissant en pointe de manière à imiter la mandibule inférieure du bec d’une Motacilla; elles sont appliquées contre le dessous de l’abdomen, dont elles supportent les 9e et 10° segments, qui sont en quelque sorte mous, leur partie dorsale étant d’une nature beaucoup moins écailleuse que celle des autres … segments. La base de chacune de ces lames est marquée d’une tache dorsale arrondie, jaune, qui, chez les exemplaires desséchés, devient souvent brune. Le 10° seoment est souvent marqué de jaunâtre sur les côtés.
Les appendices anals, d’un tiers plus courts que le dernier segment, sont minces, cylindriques , bruns, à pointe aiguë noire, séparés par une forte protubérance, velue de brun, qui termine l’abdomen.
Ptérostigma plus long, brun, surmontant souvent 5-6 cellules.
Les pieds diffèrent de ceux du mâle par les épines des tibias (Voir les caractères du genre).
Races ET VARIÉTÉS. Les exemplaires du Midi de l’Europe diffèrent plus ou moins de ceux du Centre et du Nord , en ce que le jaune occupe plus d’espace sur les segments de l'abdomen, et en ce que le front est ordinairement tout jaune sans raie transverse antérieure noirâtre.
J'ai désigné d’abord ces individus sous le nom d'immaculifrons , maïs leurs caractères ne sont pas constants, et ils ne semblent pas différer autrement de
l’'annulatus , que les races méridionales de l'O. forcipatus ne diffèrent de ce dernier.
Voici les caractères des exemplaires méridionaux, mâles, les plus caractérisés : Le front est tout jaune, sans raie antérieure transverse; le noir qui borde le haut de la lèvre supérieure ne descend pas sur les côtés; la bordure blan châtre, derrière les yeux, est plus large; les anneaux jaunes de l'abdomen sont plus larges, et aucun n’est interrompu par une arête dorsale noire; celui du 8° est très-élargi sur les côtés ; la tache latérale du 9€ plus grande, et un point latéral jaune analogue au 10e. Chez quelques exemplaires, on voit un vestige de tache noire au front; chez d’autres , l’arête dorsale à l’anneau du 8e segment, est
finement noire.
Les femelles diffèrent surtout des individus du Nord, par la grande largeur des anneaux jaunes médians de l'abdomen qui, aux 2°et 3 segments, communiquent souvent sur chaque côté avec l’anneau final, de manière à isoler une tache noire dorsale, arrondie en avant, pointue en arrière sur le 2e; pointue des deux côtés sur le 3e; le 8e segment est variable quant à 1a dilatation de l’an-
neau , mais cet anneau est toujours très-interrompu en dessus par l’arête dor-
sale noire. Le front est très-rarement tout-à-fait sans tache; on en
rement un vestige. "AS La bordure noire incomplète de la lèvre est comme chez le mâle. Les ailes dans les deux sexes sont souvent plus salies (comme enfumées à leur extrémité).
Chez quelques individus, elles semblent plus étroites que dans le type et Lo eostale est d’un jaune plus vif en dehors. \ Ré À
Je propose de donner le nom d’intermedius à des exemplaires très-singu- |
liers, qui ont été communiqués à M. Hagen, et qui, s’ils ne constituent pas une.
. ù espèce distincte, me semblent tout au moins former une race remarquable.
Ils viennent de Livourne et de Dalmatie; leur caractère le plus frappant se- … rait dans la lèvre supérieure qui, dans les deux sexes, est Zargement et également bordée de noir de tous côtés, par conséquent même en avant, ce qui nese voit chez aucun des nombreux exemplaires de l’annulatus que j'ai vus. Les poils: de l’occiput sont bruns, et non jaunes.
Le mâle de Dalmatie, qui est plus petit que l’autre, a le front presque comme les immaculifrons; l’autre couple porte la raie noire frontale, comme le bidentalus.
Je ne trouve, du reste, aucune différence dans le dessin du corps, si ce n'est que l'anneau jaune basal du 2e segment, qui est large, s’étend au milieu en arrière plus qu'aux côtés. Quand il approche de cette largeur chez un vrai annulatus, il s'étend de côté pour rejoindre latéralement le jaune postérieur des côtés.
C’est le contraire ici, du moins chez le mâle. Chez la femelle ce caractère est moins marqué , mais encore distinct.
Cette femelle est énorme; aucune autre n’en approche, mais les lames vulvaires me semblent encore, malgré cela, proportionnellement plus longues quechez l’annulatus .
Les appendices anals supérieurs du mâle ne sont nullement échancrés en dedans, au bout de leur dilatation, qui est moinüre. Ils sont en tout moins épais, plus effilés. Sous ce rapport, un mâle de Lunébourg s’en rapproche, ainsi qu'un autre de Pises, mais ces exemplaires n’ont pas la bordure noire complète de la lèvre qui caractérise l’intermedius.
L'appendice inférieur, chez cette race, n’estpas échancré au bout.
M. Hagen a figuré les différentes variations de forme dans les appendices, qui lui font supposer que l’intermedius n’est pas une espèce distincte.
La lèvre est, chez l’intermedius, colorée comme chez le bidentatus; il en est de même de la bande frontale quand elle existe. |
Il faut supprimer ce que j'ai dit dans la Revue des Odonates du prétendu Cordulesaster Charpentieri (Æschna Charpentieri , Koletrati), du Caucase.
Un exemplaire mâle, reçu de Trébizonde, ne diffère en rien de l'annulatus | de Belgique. Ce C. Charpentieri doit être seulement un exemplaire un peu plus
des Gomphines. 597
jeune, chez lequel l'extension de la couleur jaune sur plusieurs segments est
assez grande.
Patrie. Se trouve dans la plus grande partie de l'Europe en mai, juin , juillet et août selon le climat, mais dans certaines loca-
lités boisées et restreintes.
Il semble cependant exclu de l'Est et du cercle polaire. Observé en Scanie; Angleterre (en juillet); Ecosse; Irlande; Belgique, assez commune dans les bois humides du 15 mai à la fin de juin; France; Pyrénées ; Suisse; Allemagne ; M. Hagen ne l’a pas observé en Pologne, et on ne le signale pas non plus en Russie.
Il se trouve au contraire dans l'Asie mineure près du fleuve Cyrus, au-delà du Caucase et à Trébizonde,
La variété, plus ou moins 2mmaculifrons, se trouve dans le midi de la France (1), en Espagne, en Italie, en Autriche, (même en
- Afrique à Tanger, d’après une étiquette du Muséum de Paris).
La race intermedius serait de la Toscane (Livourne) et de la Dalmatie,
M. Hagen croit que la larve décrite par Scopoli appartient à une
Æschne.