EPALLAGE INDICA. De Selys
ÉPALLAGE INDIENNE.
Synon. Epallage indica; De Selys, syn. n° G0.
Dimensions. Longueur totale og‘ 0m Abdomen 99 Appendices anals supérieurs 2 4/2 Tibias postérieurs > ; Aile supérieure 36 — inférieure 54 Largeur des ailes 7 — de la tête 7 Ptérostigma 3 1/2
9 adulte. Tête robuste; lobe intermédiaire de la lèvre inférieure noirâtre, les latéraux jaune pâle.
Lèvre supérieure vert bleuâtre ; rhinarium et nasus noirs, ce dernier avec une bande basale vert bleuâtre, plus large au milieu; partie entre la bouche et l’œil et bord de celui-ci jusqu’au niveau des ocelles, olivâtre clair; front et vertex noirâtres, excepté une tache roussätre latérale contre chacun des ocelles postérieurs. |
Occiput un peu velu et tempes noirâtres , celles-ci saupoudrées de blanchâtre.
Prothorax brun noirâtre, sa base et une grande tache médiane arrondie de chaque côté olivâtres; les deux taches et le dessous pulvérulents; le bord postérieur relevé, arrondi sur les côtés, insensiblement échancré au milieu, marqué de trois points plus pâles.
(164) ‘ HS
Thorax robuste, court; le devant noirâtre avec une raie latérale droite olivâtre,
entre la suture mésothoracique et l’humérale; celte raie rejoint presque l’humé-
rale le long du bord antérieur, et s’en rapproche aussi par en haut. Les côtés
olivâtres, y compris la raie humérale, avec trois bandes noirâtres , la 1°° entre l’humérale et la 1" suture, ne touchant pas les ailes, touchant les pieds, où elle S'élargit; la seconde un peu avant la 2° suture qu’elle touche par en haut, incomplète vers les pieds; la 5e entre la 2 suture et le bord postérieur, n’occupant que la moitié inférieure du thorax; poitrine olivâtre à taches brunes; espace interalaire noirâtre, très-saupoudré de blanchâtre, ainsi que tout le dessous du thorax.
Abdomen assez épais, légèrement déprimé à la base, noir avec une fine arête dorsale olivâtre (excepté au 1°* et 10° segment) et souvent oblitérée à partir de la seconde moitié de l’abdomen. Côtés du 1° olivâtres, ceux des 2, 3, 4, 5, 6, 7e avec une raie latérale olivâtre dans presque toute leur longueur, se perdant sur le 7°. Les 3, 4, 5, 6,7, et 8° avec une tache basale arrondie bleu verdâtre, précédant la raie, et empiétant sur le noirâtre du dos, ces taches oblitérées vers le 8°. Le 10° segment beaucoup plus large que long , plus court que la moitié du 9e, l’arête formant une petite carène non élevée, qui finit par une échancrure étroite du bord postérieur. Dessous de l’abdomen noirâtre avec des vestiges d’une banée latérale bruñe, interrompue aux articulations; un très-faible rudiment d’oreillette basale noire aux côtés du 2e; la pièce postérieure des génitaux ovale, prolongée sur le 3e. Les valvules spermatiques du 9e formant deux petites cornes remarquables, coniques, saillantes, rapprochées à leur base.
Appendices anals supérieurs noirâtres, presqu’aussi longs que le 9° segment, en forme de tenailles, robustes, singulièrement contournés; vus en dessus , leur bord extérieur est un peu courbé, pour se terminer en pointe d’abord droite, puis un peu recourbée en dedans, en forme d’onglet peu aigu; le bord interne se dilate insensiblement en forme de palette arrondie, plus large à son extrémité, où
elle n’est dépassée que par l’onglet latéral et final. Vus de profil et en dessous , on
remarque que les appendices, d’abord relevés en haut, sont fléchis en bas vers leur extrémité qui est plate, et que le bord interne est muni, à son premier tiers, d’une forte dent penchée en bas et en dedans, et au milieu d’un très-petit tubercule ; la base elle-même est excavée, le bord externe épaissi et très-finement denticulé.
Les appendices inférieurs sont noirs, minces, relevés en haut, droits, coniques, pointus, très-écartés; les tubercules d’où ils naissent se voient très-bien, le 10° segment étant tronqué.
Pieds médiocres, noirs, à épines assez fortes, peu nombreuses ; les fémurs avec une fine ligne externe et leur intérieur jaunâtre; celui-ci un peu saupoudré de blanchâtre.
Ailes étroites , pointues , un peu pétiolées (presqu'à mi-chemin du quadri- Jlatère) ; hyalines, un peu jaunàtres, leur pointe, à partir du ptérostigma, insensiblement brunâtre. Ptérostigma long , un peu dilaté, brun noirâtre, surmontant
pen de.
(165) 6 cellules. Ailes supérieures : 19-20 antécubitales, 18-20 postcubitales. Ailes inférieures : 16.18 antécubitales , 48 postcubitales, Quadrilatères et espace basilaire libres. Cellules assez nombreuses, en partie pentagones entre les secteurs supplémentaires.
Patrie. L'Inde, d’après plusieurs exemplaires dans ma collection et celle du Musée britannique et dans celles de MM. Dale et Saunders.
L'unique espèce du groupe ressemble assez à l’Epallage fatime. On l'en distinguera facilement, ainsi que des Euphæa, à son secteur principal contigu avec la nervure médiane.
GI. EPALLAGE FATIME. Charp.
ÉPALLAGE FATIME.
Synon. Agrion fatime ; Charp., 1840, p. 132, tab. 45, f. 2 (9). Epallage fatime; Hagen, 1840, n° 1. — Schneider, Gaz. ent. Stett. 1845, — De Selys, syn. n° 61.
Euphæœa fatime; De Selys, Rev. Odon. n° 1, p. 145.
Dimensions. Longueur totale g mm © 49-47 Aile inférieure 52 28-32
Largeur de l’aile inférieure 6 1/2 — dela tête Gule fi Ptérostigma 9 1/2-4 5-4
So adutle. Tête plus large et plus grosse que chez les Caloptéryx, fortement transversale, déprimée en dessus ; la bouche saillante ; lobe intermédiaire de la lèvre inférieure grand, divisé en deux parties réunies par une membrane qui ne se prolonge pas jusqu’à l'extrémité ; les palpes moitié moins larges, couvrant très-peu la bouche, non échancrés à l'extrémité, sans épine apicale intérieure ; leur dernier article plus de moitié plus court , mince, presque cylindrique, un peu courbé en dedans. Cette lèvre inférieure est jaune, l’intérieur du lobe intermédiaire, et le dernier article des palpes noirs; mandibules noires à la pointe, à base très-large, jaune ; lèvre supérieure petite, convexe, arrondie, à peine échancrée en avant, jaune ; à peine bordée de noir, avec une impression noire, profonde, longitudinale, partant du milieu de la base; rhinarium presque nul, jaunâtre; épistome renflé, jaune, plus ou moins noir à la base, ses deux impressions ordinaires noires ; front jaune , noir au milieu, le dessin y forme deux taches latérales, jaunes, arrondies, ciliées de brun jaunâtre. Vertex noir, avec une petite tache ovale jaune, de chaque côté de J’ocelle antérieur; occiput avec
sis PL
( 166) une bande transversale jaune (disparaissant chez les plus adultes); les yeux trèsgrands, beaucoup plus globuleux en arrière que chez les Caloptéryx ; les antennes ayant le 2 article plus court que le reste, l’extrémité un peu renflée.
Prothorax assez grand, cylindrique, un peu plus étroit en avant ; le lobe postérieur petit, plat, tronqué en ligne droite en arrière, ces parties saupoudrées d’une poussière violette ainsi que la tête.
Thorax grand, bronzé noirâtre, saupoudré de violet, oblitérant plus ou moins des bandes et des taches jaunes disposées ainsi qu’il suit : l’'arête médiane, une bande humérale jaune (un peu courbée en dedans vers le prothorax), les côtés avec quatre bandes obliques, la première droite, n’atteignant pas les attaches des ailes; en outre, près de ces attaches, une petite tache linéaire; la 2° plus large, entière, courbée en dessous vers la première et s’y réunissant presque ; la 5° encore plus large, dilatée en dessous et rejoignant en dessus la 4° qui est la plus courte. Il y a encore trois ou quatre taches jaunes vers la base des pieds. Dessous du thorax noir, avec trois grandes taches jaunes. Tubercules interalaires tachés de jaune.
Abdomen un peu plus court que les ailes, cylindrique, atténué vers l’extrémité, bronzé, saupoudré comme la tête et le thorax de poussière violette, laïssant voir les vestiges d’une ligne dorsale et d’une ligne latérale de chaque côté, du moins sur les premiers segments, et d’un anneau basal jaune, interrompu au milieu. (Les cinq derniers segments manquent). Parties génitales du 2e analogues à celles des Caloptéryx, ayant de même la pièce antérieure fendue.
Pieds plus courts et plus robustes que chez les Caloptéryx, à cils moins longs; presque noirs, saupoudrés de poussière violette.
Ailes longues, étroites, hyalines, légèrement teintées de brun jaunâtre après le ptérostigma ; celui-ci grand, oblong, brun. Les nervules costales un peu lavées de jaunâtre jusqu’au nodus, qui est à mi-chemin de la base au bout du ptérostigma. 12-14 antécubitales aux ailes supérieures , 17 postcubitales, quadrilatères courts, libres. Le secteur principal non contigu à la médiane, le 2° du triangle aboutissant au bord postérieur , un peu plus loin que le niveau du nodus ; les cellules quadrangulaires, assez larges; la base des ailes brièvement pétiolée.
Q. Elle n’est pas saupoudrée de violet, de sorte qu'on distingue bien les taches jaunes. Lèvre inférieure jaunâtre. Prothorax noir, le bord antérieur et les latéraux , deux taches près du premier, deux autres près du postérieur, une au centre presque bifide et une autre aussi presque bifide près de la base, jaunes.
Thorax bronzé foncé, non saupoudré ; les taches et les bandes jaunes bien visibles.
Abdomen un peu plus court que les ailes, cylindrique, large, atténué vers le 7e segment, les deux derniers dilatés. 11 est bronzé foncé, avec une ligne dorsale longitudinale étroite, jaune, plus large sur les premiers segments, el semblant disparaître avec l’âge sur les derniers. De chaque côté il y a une bande longitudinale plus large également jaune, interrompue par les articulations bronzées
( 167 ) des segments, et plus large vers la base ; enfin les sept premiers segments ont à la base un anneau jaune étroit. Premier segment à bord postérieur à peine échancré.
Appendices anals noirs, pointus, un peu plus longs que le 10° segment.
Pieds noirâtres; le dedans des fémurs jaune à la base, une ligne de même couleur sur leur bord interne et externe.
Ailes en grande partie jaunâtres, surtout à la base ; l'extrémité d’un noir brun à partir dn ptérostigma qui est brun, plus grand que chez le mâle.
Les jeunes mâles ne sont pas saupoudrés de poussière violette et montrent les dessins jaunes décrits chez la femelle. Leur ptérostigma est jaune.
Les jeunes femelles ont le jaune encore plus étendu que les adultes, et le devant du thorax offre, sur chacun des côtés, une raie antéhumérale jaune, dilatée vers les ailes, où elle communique avec les autres raies. Les 8° et 9° segments ont une tache basale dorsale jaune , plus large que la raie dorsale des précédents; leurs côtés offrent aussi la continuation de la bande maculaire de même couleur, enfin le 10° est jaune avec une tache basale noire, interrompue au milieu; les appendices anals sont d’un brun jaunâtre ; les pieds bruns, mais les fémurs en grande partie jaunâtres. Le ptérostigma d'un jaune clair, ainsi que la base des ailes. 12 antécubitales aux supérieures, 8 aux inférieures, 11-12 postcubitales aux quatre.
Patrie. La Turquie d'Europe, d'après la femelle jeune, type, décrite par M. de Charpentier et envoyée par M. Frivaldsky. Je crois me souvenir d’avoir vu ‘au Musée de Genève des exemplaires que M. Pictet avait reçu de la Grèce. L’Asie-Mineure, d’après deux mâles et deux femelles, pris à Mermeriza et Davas par M. Loew; ils se trouvent dans la collection de M. Schneider et dans celle de M. Hagen.
J'ai vu au Museum national , à Paris, un exemplaire indiqué de Bagdad, qui m’a paru appartenir à la même espèce.
Cet insecte , le seul européen du grand genre des Euphæa, est facile à reconnaître des autres du même groupe à sa réticulation large. On le distinguera de suite de sa voisine éndica, au secteur principal très-éloigné de la nervure médiane.
Les dessins jaunes , chez les jeunes du moins, sont assez nombreux pour rappeler la coloration du Gomphus flavipes.
SOUS-GENRE III. — EUPHÉE (surnæa, De Selys).
Evruæa, De Selys, monogr. des Lib. d'Eur. 1840. — Id, syn. 1855. — Ramb.
Aîles peu pétiolées, de largeur variable , à réticulation serrée. Secteur principal non contigu à la nervure médiane; le subnodal se séparant du principal presqu’à
(168) mi-chemin de l’arculus au nodus, qui est placé avant la moitié de l'aile, souvent au tiers ou aux 2/5°. Il y a moins de nervules antécubitales que de posteubitales aux ailes supérieures. Quadrilatères traversés par 1 à 3 nervules (parfois irrégulièrement nulies à l’une des ailes).
Lèvre supérieure moyenne, transverse, un peu plus large en avant, où elle est échancrée peu profondément, mais dans toute sa longueur ; les angles arrondis.
Lèvre inférieure grande, un peu moins fendue que jusqu’au milieu; les pointes larges, séparées , arrondies au bout. Le 2° article des palpes presque aussi long, étroit, peu arrondi en dehors; le 3° d’un tiers plus court, épaissi au milieu (1). Langue échancrée au bout, à pointes aiguës divariquées.
Tête très-large, peu échancrée en arrière ; le front bombé; épistome avancé, tronqué en dessus et en avant.
Thorax court, fort, dilaté en avant.
Abdomen cylindrique, épaissi à Ia base et au bout.
Pieds courts, ciliés.
©. Les ailes (les inférieures au moins) en partie opaques ; oreillettes du 2° segment triangulaires ; bord postérieur du 10° très-relevé au milieu presque en forme de tubercule.
Appendices anals supérieurs peu courbés; leur bord interne très-dilaté inférieurement ; les inférieurs rudimentaires.
Q. Ailes hyalines,
Bord postérieur du 10° segment un peu échancré.
Appendices anals supérieurs cylindriques, pointus, courts.
Les huit espèces connues que renferme ce genre, habitent l'Asie tropicale et la Malaisie ; elles peuvent se répartir en plusieurs groupes, eux-mêmes subdivisés ainsi qu'il suit :
1° GROUPE (dispar).
Ailes un peu plus péliolées, jusqu’au tiers environ de la base à l’arculus; réticulation moins serrée, en partie pentagone; les quatre ailes hyalines, excepté une partie des inférieures du mâle.
A. Ailes très-étroites , l'extrémité des inférieures du mâle opaque.
E. dispar.
B. Ailes supérieures étroites; les inférieures dilatées, avec une bande transverse opaque chez le mâle.
E. decorata.
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(1) Chez l'E, dispar, les pointes de la lèvre iuférieure sont un peu plus étroites el moins arrondies, plus séparées ; le 2° article des palpes un peu moins long, plus arrondi à sa base en dehors.
( 169 ) 2e GROUPE (variegata).
Ailes à peine pétiolées (souvent larges arrondies); rétieulation serrée, en grande partie tétragone ; les quatre ailes en partie opaques chez le mäle. A. Une pointe droite de chaque côté du pénis chez le mâle, E. aspasia — variegata,
B. Pénis du mâle sans pointes latérales, E. splendens — refulgens — Guerini — opaca.
La dispar s'éloigne des autres espèces par le système de coloration qui rappelle celui des Epallage, sous certains rapports, et même un peu celui des Dicterias. La decorata s’éloigne moins du 2° groupe qui forme un assemblage très-naturel , quoique l’opaca par ses ailes étroites ressemble aux Dysphæa.
Les caractères distinctifs des espèces du 2° groupe méritent une attention particulière, à cause de la ressemblance qu’elles offrent les unes avec les autres.
Pour séparer les mâles, nous recommandons de considérer : 4° la forme des ailes , surtout des inférieures ; 2° la répartition des parties métalliques opaques et hyalines ou enfumées; 5° Ia forme des génitaux du 2° segment ; 4° la dilatation des appendices anals supérieurs ; 5° les bouquets de poils du % segment lorsqu'il en existe.
Nous ne pourrions rien dire de positif en ce qui concerne les femelles, puisqu'une seule est connue. Il est probable , cependant, que l’on trouvera des caractères dans la taille, la forme des ailes inférieures , le nombre de nervules costales et la répartition des marques claires des côtés du thorax, qui les rapprocheront sans doute de leurs mâles respectifs.