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SECONDE SECTION

ÉQUINERVULÉES PRODUCTINASES (PRODUCTINASÆ).

L'épistome (ou nasus) très-saillant , prolongé en une protubérance relevée. Abdomen court, épais , plus ou moins déprimé.

Cette section ne comprend qu'une légion.

LÉGION Iil. — LIBELLAGO. De Selys.

Ptérostigma long, régulier (1).

Quadrilatère beaucoup plus court que l’espace basilaire, peu réticulé, son côté supérieur droit; le 2° secteur du triangle presque droit; espace postcostal d'un

(4) Manquant aux supérieures des mâles chez les Micromerus.

(193) rang (rarement de deux rangs) de cellules; espace basilaire toujours libre; les ailes presque toujours étroites, pétiolées jusqu’à mi-chemin au moins de la base à l’arculus.

Pieds longs , grèles.

o*. Appendices anals supérieurs semi-cireulaires , simples; les inférieurs très-

courts,

Voici la description détaillée des caractères par mon collaborateur Hagen :

« Tère forte, transversale, un peu plus large que longue; yeux ovoïdes, trèsgrands, médiocrement éloignés l’un de l’autre et pédicellés en arrière, ce qui rend la tête courte; l’espace entre les yeux assez déprimé. Front horizontal, petit, oblong, moitié moins long que large , un peu déprimé au milieu. Entre le front et les ocelles une ligne imprimée courte ; les ocelles situées sur un espace peu élevé bordé sur les côtés, et quelquefois en arrière (Micromerus) par des lignes ou enfoncements plus ou moins marqués. L’occiput très-étroit, linéaire. Pas de tubercules sur la partie postérieure de la tête.

» ANTENNES insérées bien au-dessous des ocelles, entre le front et les yeux ; le 1°* article rudimentaire, en demi-anneau, visible seulement à la base interne du 2° article qui est le plus fort de tous, cylindrique, un peu aplati et imprimé au milieu, couché et appliqué sur la tête dans un enfoncement particulier. 3° article redressé, moitié plus mince et un peu plus long, droit, cylindrique avec le bout un peu renflé. La soie terminale encore plus longue que le 5° article.

» FACE très-avancée , aussi longue que la tête est large ; l’épistome et le rhinarium très-renflés et saillants, arrondis et formant une vesicule ou appliquée au front, ou même plus avancée et séparée de lui (Wicromerus). Lèvre supérieure ovoïde. Mandibules fortes, la base externe non cachée, la dent du bout trifide, la dent basale en Z. Machoires fortes; bord interne arrondi, aminci vers le bout avec quelques dents aiguës, leur palpe cylindrique à 2° article long, un peu courbé, aussi long que la machoire sans y comprendre la dent finale. Langue cylindrique à bout obtus non élargi. Lèvre inférieure grande, un peu plus longue que large, divisée presque jusqu’à la base en deux parties triangulaires étroites, obtuses au bout (plus aiguës chez la Libellago curta). Palpes plus étroits, le 4° ar ticle très-court; le 2° un peu plus court que la lèvre et plus étroit, peu courbé, son angle interne prolongé en une épine forte, courbée, bifide; dernier article cylindrique, courbé, d’un tiers plus court que le second.

» ProrHorax allongé, plus étroit en avant, à bord antérieur très-relevé et séparé par une ligne enfoncée ; deux festons arrondis rapprochés viennent ensuite, précédés d’un enfoncement triangulaire qui les sépare, et suivis, sur les côtés, de deux petits festons. Le bord postérieur à lobe grand, ovoïde , très-renflé, avec

une ligne externe imprimée.

Tuorax grêle ou très-fort, (formant un sixième ou un quart de la longueur

(194) | totale) allongé; le devant déprimé; élargi en avant jusqu’à la base des pieds intermédiaires, où se trouve un rétrécissement ; échancrure mésothoracique ou courte , aussi longue que large (Micromerus), ou un peu plus longue, ou trèslongue, formant alors un coin qui va se réunir avec les sinus antéalaires ; ceux-ci une fois plus larges que longs, fendus jusqu’au bout, formant deux triangles rectangles équilatéraux ; côté postérieur un peu courbé, angle externe aigu. Sutures du thorax comme chez ies Caloptéryx.

» Pieps tout-à-fait antérieurs, grêles, longs, atteignant le ‘bout du 4° segment de l'abdomen chez les mâles, le dépassant et arrivant à la fin du 7° chez les femelles. Fémurs et tibias à cils longs et pressés; une petite barbe interne au ‘bout des tibias antérieurs. Les tibias droits, à peu près aussi longs que les fémurs ; quelquefois (Libellago caligata mâle) dilatés comme chez les Platycnemis. Tarses à cils très-courts; le 1° article court; onglets ayant souvent une trèspetite dent au bout, (cette dent est très-bien marquée chez les Micromerus et Libellago, excepté chez la L. rubida où elle est très-peu visible; elle se voit aussi, mais souvent comme une petile échancrure difficile à saisir, chez les Rhinocypha; c’est donc à tort que M. Rambur dit qu’elle manque).

Axes de même forme et souvent tout-à-fait de même longueur, ce qui ne se voit pas chez les autres Caloptérygines, où les supérieures sont toujours un peu plus longues. Elles sont toujours un peu plus longues que l’abdomen ; encore plus chez les femelles. Elles sont de trois et demie à six fois plus longues que larges ; la base très-étroite notablement pétiolée ; le bord postérieur évidé dans la partie basale, convexe vers le bout, qui est ovale ou en demi-cercle. Cellules nombreuses, petites, tétragones, rarement pentagones, La membrane des ailes unie, non plissée- Les secteurs principal et subnodal non contigus à la nervure médiane; la partie antécubitale fait le tiers ou presque la moitié de l'aile, et se trouve toujours un peu plus longue aux inférieures. L'espace basilaire libre, un peu plus long que la moitié de l’espace médian. Quadrilatère réticulé de une à six transversales , toujours d’un tiers plus court que l’espace basilaire, droit, très-étroit, quatre ou six fois plus long que large ; son extrémité parfois oblique. Arculus très-fracturé (Micromerus) ou presque droit. Ses deux secteurs naissant vers son milieu du même point (Micromerus) ou bien séparés. Le 1°* secteur (supérieur) du triangle ou presque droit, ou faisant une courbure en haut après le quadrilatère. Le 2° (inférieur) sans rameau inférieur. Ce secteur droit chez les Libellago, Micromesus et chez la Rhinocypha tincla , où faisant une courbure en bas chez les autres Rhinocypha, fracturé (ondulé) dès son origine chez les Libellago , Micromeus et Rh. tincla, non ondulé ou seulement un peu vers le bout chez les autres Rhinocypha. Le 1® et le 2° secteur du triangle finissant rapprochés l’un de l'autre sans secteurs supplémentaires interposés, à mi-chemin du nodus au ptérostigma ou même un peu plus loin. Tous les secteurs des ailes sont généralement droits, rarement un peu coubés vers le bord postérieur (groupe de la R. fulgidipennis), et alors le subnodal avec une courbure peu marquée eu sens inverse. Il existe

( F9") des secteurs interposés nombreux, mais jamais ramifiés. 4 à 19 nervules antéeubitales , dont les 5 premières seulement traversent directement jusqu'à la souscostale, Les autres sont en nombre à peu près égal, mais sans coïncidence. Ptéro- Stigma régulier, étroit, oblong , parfois un peu dilaté au bout (manquant seulement aux ailes supérieures des mâles des Micromerus).

» ABDOMEN large, déprimé, surtout chez les mâles, court, encore plus court chez les femelles, un peu rétréci à la base , les segments 2 à 9 à peu près égaux, courts, presque carrés ; le 1°7 et le 10° très-courts ; le 8° un peu rétréci chez les femelles. Le bord postérieur du dernier un peu déprimé ou évidé au milieu, Pas de pointe latérale ni de dentelures chez les femelles.

» PARTIES GÉNITALES. Mäle. 1°* segment uni en dessous; pièce antérieure du 2° fendue, tronquée au bout; hameçons en plaque triangulaire; les hameçons postérieurs en lamelle mince, arrondie au bout, un peu plissée ou plutôt en cuillier, ou dilatée au bout et droite chez les Micromerus. La graine pyriforme amincie au bout et séparée du pénis. Appendices anals toujours d’une forme très-semblable. Les supérieurs deux fois plus longs que le dernier segment, cylindriques, un peu plus forts à la base, courbés en pince au bout, avec une petite lame interne arrondie. Les inférieurs très-courts , un peu. plus forts, cylindriques, à bout obtus tourné en dedans.

Femelle. Appendices anals grêles, deux fois aussi longs que le dernier segment, très-pointus, Un tubercule ohtus très-saillant entre eux. Valvules ovipares courtes, étroites , oblongues ; ne dépassant pas, ou dépassant peu le dernier segment, avec une pointe apicale tournée en haut et un palpe cylindrique courbé. Ils sont peu ou pas dentelés au bout en dehors.

» CouLEURS ET DESSIN. La couleur du fond n’est jamais bronzée ni métallique. mais noire, brune ou rouge chez les mâles, brune chez les femelles. La tête couleur du fond, toujours avec des taches et points jaunes sur le front, la bouche, les antennes, l’occiput et le dessous. Prothorax couleur du fond avec les bords et des taches jaunes. Le thorax couleur du fond; la crête mésothoracique (si elle n’est pas élargie), la bande humérale (parfois double en partie) et deux bandes latérales ou la moitié inférieure des côlés bleus, jaune orangé ou rouges; souvent des taches claires en dessous près des pieds. Pieds presque toujours jaune pâle en dedans, excepté les antérieurs. Ailes hyalines, et alors la base un peu jaunâtre; ou brunes, mais alors la base souvent le bord postérieur des supérieures et quelquefois l’extrémité hyalins. Dans la partie brune opaque des secondes ailes presque toujours des taches hyalines irisées ou métalliques. Réticulation noirâtre. Ptérostigma noir, ou jaune en dehors, brun en dedans. Abdomen couleur du fond avec les sutures et des taches latérales jaunes, rouges ou bleues, ou

brun avec des bandes noires ; le dessous noir. Appendices anals noirs.

VILLOSITÉS, SCULPTURES. Les Libellago sont en général très-peu velues. La tête et le thorax sont les seules parties qui portent quelques cils. Partout le corps con siste en une surface chagrinée plus ou moins mate. L’abdomen plus lisse en dessus ; les crèles portant quelques dentelures fines.

» DirrérencEs D'AGe. Chez les jeunes, la couleur du fond est moins foncéeet

le jaune s’avance davantage. Avec l'âge le jaune passe au bleu chez quelques-uns, à l’orangé et au rouge chez d’autres. Les ailes chez les jeunes sont presqu'incolores, le brun opaque et les taches paraissent peu à peu. Rarement quelques parties deviennent blanchâtre pulvérulent chez les adultes.

» DiFFÉRENCES SEXUELLES. Les parties génitales. L’abdomen des mâles toujours un peu plus long, plus déprimé. Les couleurs plus foncées, plus vives. Chez les femelles, le bleu, le jaune vif et le rouge n’existent pas. Le jaune, dominé par la couleur du fond chez les mâles, la domine au contraire chez les femelles. Les ailes sont à peu près de mème couleur chez les Libellago proprement dites et chez la Rhinocypha tincla, mais différentes dans les deux autres sous-genres, où chez les mâles elles sont en partie opaques , hyalines chez les femelles. La Libellago caligata mâle a les tibias dilatés. »

Cette légion ne se trouve que dans l’Afrique et l'Asie méridionales y compris la Malaisie. Nous connaissons quatre Libellago, toutes de l'Afrique méridionale, deux Hicromerus de la Malaisie et treize Rhinocypha, toutes asiatiques , dont moitié environ de la Malaisie.

Par l’ensemble de la réticulation et de la coloration, elles ressemblent aux ÆEuphœa. On pourrait même pousser plus loin la comparaison d’une manière parallèle : ainsi les Rhinocypha dont les mâles ont les ailes opaques et le corps colorés imitent le sousgenre Euphæœa; les Micromerus chez lesquels la pointe d'une des ailes seulement est noirâtre, représentent, si l’on veut, les Anisopleura, enfin les Libellago d'Afrique à corps rouge et à ailes hyalines seraient les analogues des Dicterias d'Amérique , qui offrent ces mêmes caractères ; mais l’ensemble de notre légion diffère non: seulement de celle des Euphæa , mais encore de toutes les autres Caloptérygines, par l’épistome avancé en bec et l’abdomen court déprimé. Comme je lai dit plus haut ( page 8 de cet ouvrage), je n’ai pas pris comme caractère de premier ordre la forme de l'épistome et de l'abdomen , parce que celui fourni par la réticu-

lation des ailes m'a paru d’une valeur supérieure. Aux généra-

lités de la légion suivante ( Amphipteryx), j'indiquerai les points de rapports qui existent entre elle et les Libellago dans la disposition du secteur subnodal et dans celle des trois premières nervules costales.

Les Libellago se divisent en deux grands genres d'après le point de naissance des deux secteurs de l’arculus , la forme de l’épistome et la présence d’un ptérostigma aux ailes supérieures du mâle.

Le tableau suivant présente le classement méthodique des genres et des espèces,

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