‹ Monographie des Dènè-DindjiéChapitre 11 sur 25 · SOIT A LA LOI NATURELLE SOIT A LA LOI MOSAÏQUE · texte numérisé non relu

SOIT A LA LOI NATURELLE SOIT A LA LOI MOSAÏQUE

J'ai déjà tellement outrepassé les limites que jo m'étais imposées dans cesprolégomènes du dictionnaire Dè/iè-Z>tiu//«é, que je dois glisser

l. Les Hébreux étaient dans la même coutume que nos Déné-Dindiié, car Jérémie en maudissant Joachim, roi de Juda, au nom du Sfigneur, dit : « On « ne le pleurera pas par les gémissements usités : Malheur, mon frère ! « malheur, ma sœur! Ils ne répéteront pas : malheur, Seigneur! et mal- < heur, homme illustre!» {Jérémie, xxii, v. 18.) {Nolo derauleur.)

rapidement sur cette troisième partie de ma dissertation, qui devrait et pourrait être cependant la plus volumineuse. Je me vois nécessairement forc6 de ne donner qu'une briève esquisse de quelques traditions dènè-dindjié, qui me paraissent se rapprocher du récit mosaïque, et j'en omets un bien plus grand nombre.

Je n'ai pas la prétention d'identifier les Dènè-Dindjié avec les Hébreux, ce serait de la témérité; mais le lecteur de bonne foi trouvera peut-être dans ce qui va suivre, une preuve convaincante de la vérité des révélations primitive et mosaïque, ainsi que de la force probante de la tradition; outre que c'en est une très-forte des relations que les Dènè-Dindjié ont eues avec l'Asie et peut-être avec les Hébreux eux-mêmes.

Cinq cents ans seulement séparaient Moïse d'Homère ; mille deux cents l'éloignaient de Socrate, de Platon et d'Aristote; de plus, ces écrivains pajens avaient l'avantage d'habiter une contrée trèsvoisine de la Palestine et de l'Egypte, théâtre des hauts faits des Hébreux. Eh bien, on trouvera moins de rapprochements entre la doctrine de ces sages, les dogmes du Paganisme et les Saintes Écritures, qu'entre les observances et les traditions de nos Dènè-Dindjié et ces mêmes livres. Et cela, bien que nos Indiens soient d'obscurs et ignorants sauvages, bien qu'ils soient relégués aux extrémités de la terre, dépourvus de tout moyen graphique de transmettre leurs souvenirs, et réduits, depuis plus de trois mille ans peut-être, à la seule tradition orale de leurs ancêtres.

S'il n'y a pas dans ce seul fait un dessein et un but tout providentiels, un trait de lumière qui illuminera peut-être tout le passé et l'origine encore ténébreuse des Peaux-Rouges, alors j'avouerai que leur présence en Amérique est une véritable énigme pour moi, et je cesserai dès lors de m'en occuper.

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