‹ Monographie des loxiensChapitre 9 sur 27 · LOXIA BIFASCIATA, pe Sezvs-Lonccrawrs · texte numérisé non relu

LOXIA BIFASCIATA, pe Sezvs-Lonccrawrs

PI. 8. figures du mäle et de 1æ femelle adultes.

Faune belge, p. 76, no. 68, pl. 4, fig. 2; Bulletin de l'Acad. royale de Bruxelles, tome 13, n°. 5. — Crucirostra bifasciata, Brehm, Isis, 1827, p. 820; Ornis, III, p.85. — Loxia taenioptera, Gloger, Isis, 1828, p. 441; Handbuch, p. 354, no. 1, ex parte. — Crucirostra taenioptera, Brehm, Vügel Deutschl., p. 245, pl. 16, fig. 1. — Loxia leucoptera, Mélsson, Skand. Fauna, Fogl. 1, p. 440, n°. 3, partim; Illumin. Fig. pl. 20.

Simillima Loxiae curvirostrae, sed alis digitisque brevioribus et alarum fascia lata duplici alba. Ex Asia septentr. ; passim migratoria in Europa.

Longueur totale, 53”. — Aile, 5” 3” à 3” 4”; pointe de l'aile, 12 à 15°. — Queue, 21”; pennes mitoyennes, 2”. — Bec: longueur, 8 à 9°’; largeur, 5”; hauteur, 42” — Tarse, 67”.— Doigt du milieu, 5}; ongle de ce doigt, 4”.— Pouce,

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5"; ongle du pouce, 4”.

Ce Bec-croisé offre absolument les mêmes nuances et la même distribution de teintes que le Bec-croisé commun, Loxia curvirostra, mais il s’en distingue constamment par des doigts plus courts, par des ailes plus courtes, ainsi que -par les couvertures moyennes et grandes de l’aile ornées, dans tous les âges, d’une bande très large d’un blanc pur occupant lextrémité de ces plumes; les rémiges tertiaires sont également terminées de blanc. Cette espèce est encore plus voisine de la Loxia leucoptera, dont les ailes offrent des bandes blanches absolument semblables; mais son bec est toujours beaucoup plus large à la base, sa queue est plus longue, sa taille est plus forte et son corps plus lourd et plus pesant; le mâle adulte enfin offre des nuances de teintes analogues à celles du Bec-croisé commun, et les côtés du dos ne prennent pas cette teinte noire, si caractéristique pour le Bec-croisé leucoptère.

Ce Bec-croisé est de passage accidentel dans l’Europe froide et tempérée. Longtemps confondu avec le Bec-croisé leucoptère, ces deux espèces n’ont été distinguées d’une manière positive qu’en 1842 par M. de Selys-Longchamps. Ce savant ornithologiste a en même temps démontré que les Becs-croisés à bandes blanches observés à plusieurs reprises en Europe appartiennent à cette espèce et non pas à la Loxia leucoptera, dont l'apparition en Europe n’a pas encore été constatée. La Loxia bifasciata habite probablement la Sibérie. M. Brandt, dans Tchihatcheff, voyage, p. 444, l’énumère, sous le nom de Loxia leucoptera, parmi les oiseaux de la Sibérie occidentale; mais ni Pallas, ni les autres naturalistes russes qui ont exploré la Sibérie, n’en font mention dans leurs écrits.

Cette espèce avait été prise pour la première fois, en Janvier 1802, à Belfast en Irlande. Depuis on l’a observée à plusieurs reprises, en petites troupes, en Angleterre (Yarrell), en Suède (Nilsson et Sundewall), en Russie (Brandt, Bulletin, 26 Nov. 1841), dans plusieurs parties de l’Allemagne depuis la Silésie jusque sur les bords du Rhin (Gloger, Brehm. etc.), en Hollande et en Belgique (de Selys-Longchamps). C’est ordinairement en automne et pendant les mois d’hiver que cette espèce vient visiter les

contrées tempérées de l’Europe, mais en 1826, on l’a déja observée, en Thuringe, pendant les mois de Juillet et d’Aoùût (Brehm). Elle s’est surtout montrée assez généralement dans toutes les contrées que nous venons d’énumérer, pendant l’hiver de 1845 à 1846.

On la voit souvent en société des Gros-Becs communs. Elle grimpe rarement et avec moins de facilité que celte espèce, et son cri d’appel, répété deux ou trois fois de suite, est moins percant. Le chant du male est assez agréable.

G). (4) LOXIA LEUCOPTERA. Gueux.

PI. 9. figures du mäle et de la femelle adultes. PI. 10. figure d’un mâle adulte de l'Himalaya.

Gmel., Linné Syst. nat., 13me édit. I, pars 2, p. 844, n°. 12. — White winged Crossbill, Dixon, voy. p. 356, et Latham Syn. IT, 1, p.108, sp. 2. — Loxia falcirostra, Latham, Ind. orn. I, p. 371, Sp. 2.— Curvirostra leucoptera, Wèlson, Amer. Orn., pl. 15, f. 3 et pl. 31, f. 8 — Loxia leucoptera, Bonaparte, Contin. of Wilson, avec Jig. Audubon, pl. 364. — Gould, Birds of Europe, pl. 203 (indiv. d'Amérique).

Similis Loxiae bifasciatae ; sed corpore rostroque gracilioribus , et coloribus ma-

ris adulti puniceis, nec Cinnaberinis, dorsoque nigricante. Ex Amer. sept. Japonia ? et montibus Himal.

Longueur totale, 5k à b3°.— Aile, 3” 3°” à 3” 4”; pointe de laile, 1° 2. — Queue, 2”; pennes mitoyennes, 1” 10°”. — Bec: longueur, 7°”; largeur, un peu plus de deux lignes; hauteur, 53°”. — Tarse, 61”. — Doigt du milieu, 5°”; ongle de ce doigt, 4”.— Pouce, 3°’; ongle du pouce, 4” à 4”,

Cette espèce est reconnaissable à sa petite taille, à son bec très comprimé, à ses doigts assez courts, aux grandes et moyennes couvertures des ailes ornées, à leur extrémité, d’une large bande d’un blanc pur, aux rémiges tertiaires terminées de blanc, et aux nuances des teintes dont le vieux mâle est coloré, savoir au noir plus ou moins foncé qui occupe les scapulaires et les bords du manteau, ainsi qu’au rouge du plumage, qui tire toujours au rose fortement carminé et non pas au rouge vermillon. Du reste cette espèce offre la même distribution des teintes que nous venons de décrire chez les autres du genre, et elles subissent les mêmes variations. Elle se rapproche plus particulièrement de la Loxia bifasciata, dont les ailes sont également ornées de deux larges bandes blanches; mais il est toujours facile de l’en distinguer au moyen des caractères que nous venons de lui assigner.

Le Bec-croisé leucoptère habite l'Amérique du nord. Il paraît cependant qu’il se trouve également dans les monts Himalajah, d’où M. Gould en, a reçu un individu à peu près adulte, avec beaucoup d’autres oiseaux recueillis dans cette région. Cet individu était absolument préparé de la même manière que les autres objets de l’envoi; 1l était rempli de la même espèce de coton, et portait une étiquette écrite de la même main qui avait indiquée la patrie et le nom des oiseaux de cet envoi. Nous avons lieu de supposer que l’espèce vient aussi du Japon; attendu que lon voit, dans plusieurs recueils

de dessins japonais, des figures très bien faites d’un petit Bec-croisé à double bande sur l'aile. Cest au contraire, à ce qu’il parait, à tort que l’on a indiqué cette espèce comme se montrant accidentellement en Europe, et c’est, selon toutes les apparences, à la Loxia bifasciata qu’il faut rapporter les Becs-croisés à bandes blanches sur Vaile, tués à différentes reprises en Angleterre et dans d’autres parties de l’Europe.

Ce Bec-croisé habite les parties septentrionales de l’Amérique du Nord. Il se trouve, suivant Richardson, Fauna bor. amer., Birds, p. 265, dans les forêts épaisses de pins blancs, probablement jusqu’au 68° lat. bor., où ces bois cessent d’exister. Il se nourrit de semences de conifères. On le voit ordinairement sur les branches supérieures de ces arbres. Au mois de Septembre, il quitte, par petites bandes, la côte, pour se retirer dans les forêts de l’intérieur.

LES DURS-BECS. CORYTHUS, G. Cuvier.

Les Durs-becs se rattachent naturellement par leur manière de vivre et leurs teintes, au genre des Becs-croisés, dont ils se distinguent au premier coup d’oeil par leur bec dont les mandibules ne se croisent pas, par leur queue plus alongée et moins échancrée, par leurs pieds moins robustes et par leurs ailes moins pointues. Ce sont des Loxiens d’assez forte taille, dont le plumage du mâle offre des teintes rouges plus ou moins prononcées, tandis que celui de la femelle est plus ou moins coloré de jaune. Leur bec est passablement robuste, mais peu long et plus ou moins courbé. Leur queue, de moyenne longueur, est sensiblement échancrée. Leurs ailes, un peu arrondies, ne recouvrent que deux cinquièmes ou la moitié de la queue. Leurs pieds sont médiocres.

On ne connaît que deux espèces de ce genre. L’une, le Dur-bec proprement dit, habite les régions boréales des deux mondes. Il est d’assez forte taille; son bec est comprimé et à mandibule supérieure fortement arquée et crochue vers la pointe.

. L’autre espèce, de “taille moins forte, vient du Népaul. Son bec est plus court, aussi haut que large, et la mandibule supérieure très peu arquée. Elle forme, chez Cabanis, le genre Spermopipes, et fait, chez Hodgson, partie du genre Propyrrhula.

1). CORYTHUS ENUCLEATOR, Cover.

PI. 11. fig. du mâle adulte.

PI. 12, fig. de la vieille femelle,

Règne animal, 2me édit., vol. T, p. 392. — Loxia enucleator, Linné, Fauna suecica, Sp 228; Syst. nat., 12me édit., I,2, p.299, sp. 3. — Rubicilla maxima canadensis, Edw. pl. 123, 124. — Coccothraustes canadensis, Brèsson, III, p. 250, pl. 12, fig. 3. — Fringilla enucleator, Meyer, Vügel Lief- u. Esthlands, p. 74. — Strobilophaga enucleator, Wieëllot, Déct. Déterville, nouv. édit., tome 9, p. 609. — Pyrrhula enucleator, Temm., Man. d'OrnitA., nouv. édit., I, p. 835. — Loxia psittacea, Pallas, Zoogr. ross. as., II, p. 5, sp. 178. — Buffon, pl. enl. 155, fig. 1. — Naumann, pl. 112. — Gould, pl. 204. — Wilson, pl. 5, fig. 2. (mâle.) — Bonap. Contin. of Wilson, pl. 16, fig, 3, (faem.). — Fauna bor. am., Birds, pl. 53, (faem.).

Major Clongit. S poll.). Maxilla superiore incurva. Alis caudaque nigris, tectricibus alarum et remisibus tertiariis late albo marginatis. Mas rubro-roseus. Faemina grisea ; plumis anterioris partis corporis late aurantiaco limbatis. E regionibus maxime borealibus utriusque mundi.

‘; pointe de laile, 15". — Queue, 5”; pennes 7; largeur, 4"; hauteur, 5°”.— Tarse, 9". — Doigt du milieu, 7°”; ongle de ce doigt, 54°”. — Pouce, 5j; ongle du pouce, 54”.

Bec médiocre, sensiblement comprimé; mandibule superieure brune, très arquée et à pointe assez sensiblement crochue; mandibule inférieure plus claire, tirant au jaunâtre. Pieds bruns. Deuxième rémige ne dépassant que de très peu la troisième et la quatrième; première, de deux lignes plus courte que la deuxième.

Le male adulte: Tout le plumage est d’un beau rose carminé plus ou moins vif, qui passe au gris cendré sur le ventre et les couvertures inférieures de la queue. Cette couleur rouge n’occupe cependant que le dernier tiers des plumes qui sont d’un gris plus ou moins noirâtre dans le reste de leur étendue, temte qui se montre sur le dos et sur la poitrine sous la forme de taches angulaires plus ou moins foncées. Ailes et queue, d’un noir brunâtre; pennes de ces parties, avec un liséré d’un brun rougeâtre pale. Les rémiges tertiaires et les couvertures de l’aile présentent des bords blanchätres, assez larges vers leur extrémité et tirant au rouge sur les couvertures moyennes et petites. Couvertures inférieures de l’aile, grisatres.

La femelle: Couleur générale du plumage, d’un gris cendré assez foncé, passant, vers l’éxtrémité des plumes, au jaune isabelle plus ou moins fortement orangé; mais cette teinte jaune qui domine sur les parties antérieures de l’oiseau se perd insensiblement vers le derrière. Ailes et queue comme dans le mâle, à cette exception près que les bords des pennes de ces parties tirent au jaune olivätre, tandis que ceux des rémiges tertiaires et des couvertures de l’aile sont d’un blanc assez pur.

Cette espèce habite les régions boréales des deux mondes. Les mdividus tués en Amérique ont ordinairement les teintes fant soit peu plus vives que ceux d'Europe, auxquels ils ressemblent sous tous les autres rapports. En Europe, cet oiseau se trouve dans la moitié septentrionale de la Scandinavie et dans les parties boréales de la Russie; mais il se répand en hiver dans les parties temperées de ces contrées, il visite le Nord de l’Allemagne, et est de passage accidentel en Angleterre et en France. Pallas constate qu’il se trouve dans toute la Sibérie: en été, dans les forêts de pins, soit dans les parties boréales, soit dans les Alpes des parties tempérées; en hiver dans toutes les régions tempérées de cette vaste contrée. En Amérique, il habite les grandes forêts de pins des regions boréales qu’il quitte en hiver pour visiter le Canada et les contrées septentrionales des États-unis.

Cet oiseau se tient de préférence dans les forêts ou bois de pins et de sapins. L'époque de la propagation passée, il se réunit par bandes. Vivant dans des contrées solitaires et éloignées des habitations, il est très peu farouche, ne redoute point lapproche de l’homme, et parait même stupide au plus haut degré. Il s’apprivoise facilement; mais il ne se trouve plus à son aise quand le temps devient doux. Son chant est extrêmement agréable, varié, mélodieux, sonore, et tantôt fort, tantôt doux, Il imite la

Longueur totale, 8”. — Aile, 4 internes, 2° 10°".— Bec: longueur,

voix d’autres oiseaux et son chant rappelle tantôt celui de la grive, tantôt ceux du tarin et du pouillot. Cet oiseau se nourrit de semences d’arbres conifères ou, au défaut de celles-ci, de semences de toutes sortes d’autres arbres. Il niche dans les buissons ou sur des arbres, à une élévation de quatre à quinze pieds du sol. La ponte à lieu au mois de Juin; elle est de trois à quatre œufs d’un vert-bleuâtre pale, relevé par de nombreuses petites taches brunes, grisätres ou brun rougeâtres, et qui forment une espèce de cercle sur le gros bout de l’œuf.

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