‹ Monographie des melasides du CanadaChapitre 9 sur 28 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

CLASSIFICATION MELASIDÆ

Caractères généraux: Tête verticale; mâchoires à deux lobes, petits, l’externe quelquefois atrophié; palpes maxillaires de quatre articles, les latéraux de trois; languette membraneuse; paraglosses nuls; épistome grand, infléchi, souvent trapézoïde, rétréci à la base par les cavités antennaires ; lobe nul ou indistinct; antennes de onze articles, subfiliformes, dentées ou pectinées, ou même flabellées, insérées assez loin des yeux sous un petit rebord du front.

Prothorax librement articulé, ne portant point exactement en dessous contre le mésothofax; prosternum presque toujours tronqué en avant et dépourvu de mentonnière, terminé par une saillie postérieure plus ou moins forte, pénétrant librement dans une cavité antérieure du mésosternum.

Abdomen offrant inférieurement cinq segments apparents distincts, le cinquième arrondi au sommet.

Elvtres couvrant l’abdomen, quelquefois atténués chez la femelle ; épipleures distincts, s'étendant jusqu’au sommet; écusson visible.

Hanches antérieures globuleuses, sans trochantins apparents, avec les cavités cotyloïides largement ouvertes en arrière; hanches postérieures disposées en lames transverses, souvent largement sillonnées en arrière.

Pattes courtes, quelquefois contractiles: jambes grêles; tarses de cinq articles, simples ou lamellés; ongles simples, très rarement dentés.

Corps oblong ou subcylindrique.

Divisions: La famille des Melasidæ se divise naturellement en deux groupes bien tranchés, que l’on peut reconnaître comme suit :

Antennes modérément distantes; dernier article des palpes maxillaires aigu; carènes marginales du pronotum parallèles aux sutures prosternales :

Melasini.

Antennes subcontiguës : dernier article des palpes maxillaires grand, dilaté; carènes marginales du pronotum et sutures prosternales convergentes en avant. Eucnemini.

MELASINI

Caractères généraux :—Les insectes de ce groupe sont facilement reconnaissables et peuvent être distingués de tous les autres de la même famille par leur tête plutôt grosse, ce qui fait que leurs yeux sont entièrement dégagés du thorax; d’autre part, au repos, leur bouche ne s'applique pas parfaitement sur le prosternum; ce dernier est tronqué en avant, ayant des sutures parallèles aux carènes marginales, et toujours simples ; enfin, les lames des hanches postérieures sont brusquement et fortement dilatées en dehors.

Ce groupe, qui ne comprend encore que deux genres connus, n’est représenté dans notre faune que par Tharops ruficornis Say ; il se pourrait cependant que des recherches plus attentives finissent par découvrir Melasis rufipennis Horn dans la Colombie-Anglaise, vu que cette espèce se rencontre

sur le littoral du Pacifique, depuis la Californie jusqu'aux frontières canadiennes.

Tableau des genres

Jambes et tarses robustes, larges, comprimés. MELASIs.

Jambes plutôt grèles. Tarses longs, étroits, filiformes. THaARoPs.

Genre I.—MELasis (Oliv.

Caractères génériques: Corps étroit, allongé, plus ou moins cylindrique. Tête grande, peu convexe, très profondément enfoncée dans le prothorax; dernier article des palpes maxillaires ovalaire. Antennes à premier article assez long, un peu argué, deuxième petit. Pronotum moins long que large, subcylindrique, graduellement rétréci en arrière, avec ses angles postérieurs aigus et saillants; sutures prosternales simples, nullement excavées. Lames des hanches postérieures notablement dilatées en dedans, brusquement et fortement rétrécies en dehors. Pattes robustes, larges, comprimées, principalement chez les mâles; tarses fortement atténués vers le sommet, à premier article aussi long que les deux suivants réunis; crochets des tarses simples.

1. Melasis rufipennis Horn. — Allongé, subcylindrique, légèrement rétréci en arrière; noirâtre, les élytres et les antennes brunâtres ou rougeûtres, jambes et tarses légèrement plus pâles ; pubescence fauve, à peine distincte. Antennes atteignant le milieu du thorax, le troisième article presque deux fois aussi long que la partie visible du second, le quatrième triangulaire, plus large que long, les articles 5-10 graduellement plus prolongés dans leur partie antérieure.

no

Yeux arrondis, peu convexes. Tête densément et assez for. tement ponctuée. Thorax légèrement plus large que long, | un peu rétréci en arrière, les côtés droits, légèrement sinués en avant des angles postérieurs, ceux-ci, aigus et légèrement divergents; disque modérément convexe, densément et fortement ponctué, ce qui le fait paraître rugueux, avec, en arrière, une petite ligne médiane lisse et sans ponctuation. Elytres graduellement rétrécis en arrière, profondément

striés, les stries faites de grosses ponctuations, les inter.

valles convexes, densément ponctués. Dessous légèrement plus luisant que le dessus. Longueur, 9-I1.15 mm. ;

Je ne crois pas que cette espèce ait encore été trouvée en territoire canadien, bien qu’il soit tout probable qu’elle s'y rencontre. |

Genre IITHaroPs Cast.

Caractères génériques: Corps allongé, subcylindrique, plus ou moins atténué postérieurement. Tête grande, convexe; épistome notablement rétréci à sa base, avec son bord antérieur légèrement arrondi au milieu, et ses côtés tranchants, se confondant avec les joues; mandibules robustes, mais assez courtes et peu fortement croisées au repos: dernier article des palpes maxillaires, ovalaire; antennes assez allongées, à premier article long, un peu courbé. Pronotum cylindrique, avec ses angles postérieurs plus ou moins courts, mais aigus et saillants; sutures prosternales simples, nullement excavées. Lames des hanches postérieures notablement, dilatées en dedans en une lame subquadrangulaire, brusquement et fortement rétrécies en dehors. Pattes assez grêles, tarses longs, étroits, filiformes, à premier article aussi long | environ que tous les suivants réunis, le quatrième très petit,

entier ; crochets des tarses simples.

Pa

Une seule espèce rencontrée dans notre faune:

2. Tharops ruficornis Say.—Subcylindrique, légèrement rétréci en arrière; noir de poix, élytres variables en couleur, ordinairement brun foncé avec une tache plus pâle dans la Dion de l’écusson, cette tache couvrant parfois tout le tiers … antérieur des élytres ; pubescence fine et courte, très dense et jaunâtre. Antennes ne dépassant pas les angles postérieurs thorax, brunâtres, longuement flabellées chez le mâle,

tement dentées chez la femelle. Tête densément et fortement ponctuée. Thorax plus long que large, si l’on tient mpte des angles postérieurs, subcylindrique, assez fortement impressionné transversalement de chaque côté, .un peu au-dessus du milieu, ce qui le fait paraître quelque peu sinué sur les côtés, avec ses côtés parallèles et ses angles postérieurs aigus, plutôt courts et légèrement saillants, mais non carénés; disque couvert d’une ponctuation bien marquée et serrée, plus ou moins rugueuse vers les angles postéleurs, marqué dans son tiers postérieur d’une ligne enfonlongitudinale médiane très fine, mais profonde à sa base, s’atténuant en avant pour disparaître un peu avant, et arfois un peu après le milieu. Elytres striés, les intervalles légèrement convexes, modérément, densément, mais fortement ponctués. Pattes d’un roux ferrugineux, avec les cuisses plus foncées. Longueur 3.5-8 mm.

Assez commun dans les provinces de l'Est, particulièrement dans le Québec et l'Ontario. Je l'ai souvent trouvé, aux environs de Montréal, à la fin mai et en juin, sur la par- | tie fraîchement coupée des troncs d’arbre abattus durant Thiver et amoncelés en piles pour en faire du bois de chauffage. Je n’en ai pas vu de spécimen provenant des provinces de l'Ouest, si j'en excepte un seul, étiqueté “ Victoria ”

probablement par erreur.

Horn dit que les mâles sont moins nombreux que les fe-.

melles ; j'ai fait la même constatation.

EUCNEMINI

Caractères généraux:—Forme allongée, étroite, le plus

souvent cunéiforme, quelquefois subcylindrique; carènes marginales du pronotum et sutures prosternales plus ow

moins convergentes, ou même réunies vers le même point

en avant; lames des hanches postérieures rétrécies en de-

hors, très rarement subparallèles, mais alors le métasternum.

avec une ligne oblique partant de l'épaule, ou avec la carène

marginale du pronotum dédoublée ; les antennes sont au re-

pos reçues fréquemment dans des sillons creusés quelquefois sous les côtés du prothorax, quelquefois le long des

sutures prosternales; dans ce dernier cas, ces sillons sont.

moins apparents; par exception, les ongles des tarses poren une large dent chez Farnex orchesides Newm.

Ce groupe, de beaucoup le plus nombreux, comprend, dans la faune américaine, vingt-cinq genres, dont quatorze sont représentés dans notre faune; on peut cependant compter comme douteux le genre Hylochares.

FR TU eee L'ONRELIET

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