‹ Monographie des Myricacées: Anatomie et histologie, organographie, classification et description des espèces, distribution géographiqueChapitre 15 sur 81 · G. PORTUGALENSIS (C. DC · texte numérisé non relu

G. PORTUGALENSIS (C. DC

Rameaux bruns; ramules fortement tomenteuses, à glandes dorées très peu nombreuses. Feuilles très abondantes, les moins rapprochées n'étant qu'à 5 "/" les unes des autres, lancéolées, ou lancéolées-oblongues, blanchätres-duveleuses sur les ? faces, ayant de 95 à 40 "/" de long sur 6 à 12 "/" de large, 3 Ou 4 fois plus longues que larges, à bords incurvés en dessous, portant dans le tiers supérieur 3 à 6 paires de dents étroites ou élargies. Surface supérieure du limbe, très finement et très abondamment pubescente, blanche-tomenteuse à l'état jeune, à glandes rares et très petites. Surface inférieure entièrement recouverte, au moins à l’état jeune, d’un feutrage épais de poils aranéeux, blanc roussâtre, demeurant toujours abon-

dants sur la nervure médiane et les nervures secondaires. Ces dernières sont nombreuses, pennées, parallèles, simples, au nombre de 10 à 20 paires, et s'unissent à la nervure médiane sous un angle de 60 à 70°.

Chatons mâles, à écailles ovales, scarieuses, entièrement brunes. Chatons fructifères au nombre de 15 à 20 par rameau sacrifié, les supérieurs serrés les uns contre les autres. Ils ont, au moment de la maturation des graines, 10 à 12"/" de long sur 6 “/" d'épaisseur et portent de 30 à 50 fruits, très rapprochés les uns des autres. Ces fruits ont 3 "/" à 3 "/"5 de large sur 2 */" 5 à 3 "/" de haut; les 2 ailes latérales dépassent beaucoup le lobe fertile médian; elles sont très divariquées, souvent tricuspides; de plus la face qui regarde l'ovaire est lancéolée, luisante, à bords très aigus. La base des fruits est couverte de granules résineux au-dessous de la soudure des 3 lobes.

Car. biol. — Cette plante a les plus grands rapports avec le Gale palustris var. lusitanica d’où elle est probablement issue et dont elle exagère les caractères. Cependant, le feutrage épais de poils qui couvrent sa face inférieure et la forme de ses fruits l’éloignent assez du type pour qu’on en puisse faire une espèce secondaire, bien que ses stigmates ne possèdent pas de poils hérissés, comme MIRBEL en a signalé et figuré à tort. Nous ignorons si elle a été réellement trouvée à l’état spontané au Portugal (GRriscey ?) ou si elle ne s’est pas plutôt formée dans un jardin botanique au XVII® siècle, comme le laisseraient croire les échantillons des herbiers de TourNerorr, de VAILLANT et de VENTENAT, les seuls où elle existe à notre connaissance, échantillons qui semblent avoir été cueillis dans le jardin du Roi (Muséum) à Paris. Elle a des caractères si remarquables que les anciens botanistes, et TourNerorr en particulier, l'avaient distinguée comme espèce du Gale ordinaire. Elle ne paraît pas avoir été trouvée au Portugal au XVIII et au XIX° siècles, ce qui laisserait croire que c’est un lwsus apparu dans des cultures,

DES MYRICACÉES 105

comme ces nouvelles espèces d'Onothera obtenues par HuGo DE VRries'.

Car. anat. — Comme dans G. palustris, mais poils unicellulaires beaucoup plus nombreux et plus longs.

D. G — PORTUGAL? et jardin du Roi à Paris du temps de Tournerort, 4. Mus.; H. Del.

Bibl. et Syn. — ? Gagel ramulis rubris majus allerum, GAB. GRisLeY, Viridarium lusitanum, 1661. — Salix tenwfolhia palustris odora villosa caulibus obscure purpurascenthibus, Prrr. ne Tournerorr, Herb. {Mus. Paris) n° 6394. — Gale lusitanica foliis amplioribus incanis, Prrr. pe Tourxerorr, Suite de l'établissement de quelques nouveaux genres de plantes, Mém. Acad. Roy. Sc., 1706, p. 83. — Myrica Gale, var., Mirsez, Mém. Mus. (1827), XIV, p. 477 t. 28. — Myrica Gale L. var. por- . tugalensis C. DC. I. c., p. 148.

Page 1