‹ Monographie des Myricacées: Anatomie et histologie, organographie, classification et description des espèces, distribution géographiqueChapitre 19 sur 81 · M. NaGr Thunbeg · texte numérisé non relu

M. NaGr Thunbeg

Tiges fragiles, blanchâtres, cendrées, un peu noueuses par suite de la saillie des coussinets foliaires et rendues anguleuses par le parcours des faisceaux foliaires dans l'écorce. Ramules grisâtres, glabres, couvertes de très nombreuses lenticelles blanchâtres, non saillantes. Feuilles coriaces, lancéolées ou oblongues (maximum de l'élargissement vers les 2/3), de 50 à 120 “/" de long, sur 13 à 30 "/" de large, entières, assez longuement cunéiformes à la base, peu atténuées au sommet, subobtuses, à bords légèrement incurvés en dessous. Pétiole de 3 à 5 "/" de long, bombé en dessous, plan en dessus, épais, finement ruguleux, excavé à sa base, glabre. Surface supérieure du limbe lisse, d’un vert mat, sans puits, ni poils, ni glandes, couverte de réticules un peu saillants; nervure médiane et nervures secondaires très saillantes, glabres ; 8 à 12 paires de nervures, s'unissant en arceaux à 2 ou 3 "/" des bords. Surface inférieure parsemée de petits puits peu nombreux, visibles seulement à la loupe et contenant chacun une petite glande rougeâtre; nervures et réticules encore plus saillants que sur la face supérieure, glabres. Plante normalement dioïque. Chatons mâles, longs de 12 à

DES MYRICACÉES Hs

25 "/*, cylindriques, isolés à l’aisselle des feuilles, paraissant simples mais constitués en réalité par de petits épillets courts et très rapprochés, pauciflores ; rachis principal glabre et dépourvu de glandes; bractées ovales, aiguës ou arrondies au sommet, non ciliolées, finement glanduleuses sur le dos ou complètement glabres ; bractéoles ?, 3 ou 4, parfois entremélées aux étamines (CG. DC.) ; 6 étamines par fleur, à filets libres égalant les anthères. Chatons femelles d'apparence simple et cylindrique, à épillets serrés et très petits ; axe principal glabre ou un peu glanduleux, de 5 à 20 "/" de long; bractées ovales arrondies, très glanduleuses-pubérulentes sur le dos, non ou à peine ciliolées sur les bords ; bractéoles 0, 1, 2, 3, 4, parfois entremêlées aux étamines. Jeune ovaire ruguleux et comme finement glanduleux, mais non tomenteux; stigmates fortement papilleux. Fruits ovoides, de 10 à 15 "/" de diamètre longitudinal, n'adhérant jamais plusieurs ensemble, entièrement recouverts de papilles charnues, rougeâtres ou jaunes à maturité, non revêtus de cire, présentant latéralement au sommet 2 lignes de poils dépourvus de papilles ; au-dessous on trouve une noix dure bicarénée, excavée, rugueuse sur toute sa surface, haute de 7 "/", large de 8 “/m, à surface hérissée ou veloutée sur les deux lignes saillantes, par suite de la présence des poils qui déterminent les 2 lignes visibles à l'extérieur.

Car. biol. -- loraison pendant presque toute l’année. Fruits charnus, sucrés, de la taille d’une petite prune. Jeunes pousses et jeunes feuilles d'une teinte rouge claire.

Car. anat. — Liber des tiges contenant des sclérites et des cellules oxalifères ; cristaux presque tous tabulaires. Pétiole ayant parfois 5 faisceaux, les deux latéraux s'étant divisés. Nervilles accompagnées de cellules hypodermiques différenciées. Tissu palissadique ordinairement composé de ? assises de cellules. Cryptes nombreuses sur le pétiole, mais peu de poils tecteurs.

St. — Forêts; parfois cultivé en Chine et au Japon.

D. G. — JAPON (Taunserc) H. Deless. — id. (ex H. Lugd.-Batav., 1873) A. Mus. — Nagasaki (Oldham, 1862, n° 654). — id. (Maximowicz, 1863). — id. (Vatabe, 1879) A. Deless. — Yokohama (Maximowicz, 1863). — Yokoska (D' Savatier, 1866-1874, n° 1176) Æ. Mus. — Ile Hachijo (Dickins, 1878) A. Drake. — Provinces de Kü, Josa, Isé Totomi, Idsu (J. Istixawa, Chemic. News, t. XLII, p. 274). — ILES LOO-CHOO (C. Wright, 1853- 56, n° 316) 1. Mus. Feuilles toutes lancéolées, au moins L fois plus longues que larges, (90 “/" de long sur 20 "/" de large en moyenne. Tous les autres caractères comme dans le type (var. acuminata C. DC., 1. c., p. 151). — ILE FOR- MOSE, Tamsuy (Oldham. 1864, n° 5025) A. Deless. et H. Drake. La plupart des feuilles présentent quelques très fines dents dans leur moitié supérieure. — CHINE, province de Tokier {de Grijs, 1861, ex erb. Hance, s. n. Aporosa sinensis Bail.) A. Mus. — Hong-kong (Champion, sec. BentaaAM, Flora Hongkong, 1861, p. 323). « Feuilles glabres, chatons mâles montrant une tendance à la ramification, 1 ou 2 étamines dans l’aisselle de chaque bractée. » (BentTu.).

Syn. et Bibl. — Myrica Nagi Taunsc., F1. Jap. 1784, p.10; L,Systveg 1784, p8864110"D0 lc pulo le Mio Prop #20 Morella rubra Louriro, F1.

Cochinch., 1790, p. 548. — Myrica rubra Sres. et Zuoc., Fam. Nat., n° 806; FRANCHET et SAVATIER, Enum. PI. Jap., I, p. 454.

N. indig. — Yamima Momu (japonais, Banks et mult. auct.). — Yama Momo-no-ki (id. Isaixawa, L c.}). — E'iu (chinois ancien, BREITSCHNEIDER). — /oobai | chinois du Japon, ZoLLINGER in A. Dr.). — On nomme au Japon l'écorce tannifère de la plante : Jobaihi ou Shibuki (IsHIKAwWA, L. c.).

DES MYRICACÉES in

Observations. — La synonymie de cette espèce a donné lieu à des erreurs répétées par la plupart des auteurs qui se sont occupés de la flore d'Extrême-Orient. THuNBER&, Je créateur de l'espèce, l'avait confondue avec un Podocarpus du Japon, le Nagi KaEmpr, Amoen., fase. v, p. 773, ic. 874, qui est devenu le Nageia japonica GAERTNER, Fruct. et Semin. Plant. I, 1788, p. 191 et tabl. 39, fig. 8. Cependant la plante que THuxBerG avait en vue était bien le Myrica en question, le Yamma momu Banks, Ic. select.; KaxmPpr, Amoen., tabl. 37, ainsi que le prouve un échantillon authentique de cet auteur provenant de la collection BurMax et conservé dans l’Aerbier Delessert. J.-D. Hooker a ensuite rattaché à cette espèce toutes les autres plantes de la section, y compris le M. javanica. C’est là une conception erronée de l'espèce.

Page 1