M. CERIFERA L
Arbuste ou arbre de 2 à 13" de haut. Rameaux bruns-rougeitres ou bruns-cendrés, inégaux, dressés, couverts de petites lenticelles blanches, les plus âgés à écorce verruqueuse. Ramules à écorce rougeâtre, parsemées de poils blancs longs et étalés ou courts et crépus, ou complètement glabres et ne présentant que quelques glandes superficielles. Feuilles moyennement espacées, coriaces, lancéolées ou lancéolées-linéaires, longues de 40 à 90 “/n, larges de 8 à 15 "/", 4 à 7 fois plus longues que larges, le plus souvent longuement atténuées aux deux extrémités, parfois oblongues-arrondies au sommet, à extrémité obtuse ou apiculée, toujours longuement cunéiformes à la base et insensiblement atténuées en pétiole ; bords épaissis, très légèrement érodés et incurvés en dessous, entiers ou présentant quelques dents aiguës ({ à 4 paires), espacées dans la moitié supérieure, ou parfois offrant de faibles crénelures au sommet. Surface supérieure du limbe ruguleuse, d'un vert luisant, présentant d'assez nombreux puits, contenant presque tous, même à l'état adulte, des glandes à résine dorées; poils très rares ou manquant totalement à l'état adulte (en dehors de la nervure principale); nervure médiane superficielle, plus ou moins velue; nervures secondaires non ou peu apparentes. Surface inférieure du limbe de couleur claire, glabre, sauf sur la nervure médiane et le bord parfois légèrement cilié à la base, parfois pubérulente
sur toute lasurface, parsemée de très nombreux petits puits contenant des granules résineux jaune clair ou rougeâtres, qui recouvrent parfois entièrement l’épiderme de pellicules d'une teinte rouille; nervures latérales saillantes en dessous, en nombre très variable, s'insérant à la nervure médiane sous un angle de 50 à 60°. Plante dioïque, monoïque seulement dans les cas anormaux, à chatons solitaires à l’aisselle des feuilles. Chatons mâles nombreux, cylindriques, longs de 8 à 20 "/", larges de 2 "/"5 à 4m, simples; rachis jaune rougeâtre, glabre ou muni de quelques rares poils, un peu glanduleux ; bractées ovales ou subarrondies à base très rarement atténuée, roussâtres, scarieuses, légèrement ciliées sur les bords, glanduleuses sur le dos; bractéoles 0, 4 ou 2, insérées à la base de la colonne staminale ou plus souvent sur la colonne même, à diverses hauteurs. Etamines 4 ou 6 (de 3 à 7, d’après UrBan) à filets coalescents se détachant de la colonne à diverses hauteurs, libres ordinairement sur la moitié de leur longueur. Chatons femelles grêles, longs de 5 à 10 “/" au moment de la floraison, à rachis muni de poils blancs étalés et de nombreuses glandes sur le dos. Fleurs espacées, accompagnées ordinairement de 4 bractéoles ; style et stigmates glabres; ovaire glabre, glanduleux à l’état très jeune. Fruits petits, globuleux, de 2 "/"5 à 3 "/" de diamètre, couverts jusqu'au sommetpar des émergences charnues, convexes, glabres ou subglabres dans leur jeunesse, entièrement recouvertes par un abondant dépôt de cire qui soulève les disques glanduleux superficiels.
Car. biol. — Floraison du 15 mars au 15 avril, maturation des fruits en octobre. Plante très variable suivant les stations où elle croît.
Car. anat. — Pétiole à grandes lacunes aérifères. Limbe adulte à poils tecteurs ordinairement nuls ou caducs. Poils glanduleux ordinairement nombreux, formant de larges disques résinifères.
St. — Lieux humides et sablonneux.
D. G. — ÉTATS-UNIS: depuis le sud de l'État de
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Maryland jusqu'au sud de la Caroline ; Alabama, Caroline, Floride, Louisiane, Texas, New-Orléans, Arkansas, Virginie. — ILES BERMUDES (Mosezey, 1873, in Challenger-Expéd.) 7. Mus. — ILES BAHAMA (SARGENT, | c.). — CUBA. — HAITI et SAINT-DOMINGUE. — PORTO-RICO. — GUADELOUPE (Una, L. c., p. 358).
Syn. et Bibl. prél. — L'qustrum americanum, laurr folio PLumier, Descrip. pl. Amér. (1693); Tournærorr, Institut. p. 997. — Myrtus brabanticae similis carolimensis baccifera, fructu racemoso semili monopyreno PLUKENET, Almagestum, (1696), p. 250, t. 48, f. 9 ; CaresBy, Carol. 1, p. 69, t. 69. — Zychnochrodryophoros PLUKENET, Phytogr., tabl. 48, fig. 9.
Syn. et Bibl. — WMyrica cerifera L., Spec., (1753) 1024; Mizer, Dict., éd. VIII, n° 2; Spacx, Hist. Végét., XI, (1842) p. 263; SARGENT, Silva of N.-Amer., IX, p. 87 et pl. 459. — 7. cerifera à arborescens CasriGztont, Viag. negli Stati-Uniti, II, 302 (1790); Micxaux FI. Bor.-Am., I, p. 228. — M. altera C.DC., 1. e., p. 595. —? M. domingensis ©. DO., 1. c., p. 154. — Lacistema Berterianum SoauLr., Mant., I, 1822, p. 66 (teste URBAN). — Lacistema alterum SPRENG, Syst., I, 1825, p. 124. — Pour les autres synonymes Cf. SARGENT, 1. c., p. 87 et URBAN, I. c., p. 358.
N. indig. — Candle-berry, Candle-wood, Candle-Tree (Amér. sept°, PLuxener, 1. c., p. 250). — Candle-berry Myrtle (Etats-Unis, Simmoxps). — Bayberry, WaxMyrtle (Am. Sept”, BerGer). — Arrayan (Antilles, GRISEBACH).
Observations. — Ce Myrica, lun des plus répandus à la surface du globe, est aussi l’un des plus polymorphes. Il varie surtout par la forme de ses feuilles, leur
degré de glandulosité, la longueur du pétiole, l'épaisseur du limbe.
Par une étude attentive on pourrait probablement, comme pour le Gale palustris, y distinguer autant de formes que de régions géographiques. Les matériaux nous ont manqué pour faire cet examen.
Les chatons femelles se présentent constamment sous deux formes sur les mêmes individus: sur les uns, les rachis ont de 6 à 12*/* de long, même au moment de la floraison (forma macrostachya); sur les autres, ils ont seulement de 2 à 4"/* de long (f. microstachya).
Les formes des Antilles qui, comme l’a fait remarquer URBAN, ne se distinguent pas des plantes du continent, ont ordinairement les feuille revêtues de nombreuses glandes à l’état jeune, et sont fortement creusées de puits sur la face inférieure du limbe à l’état adulte.
La plante type de Micuaux (+ arborescens) que nous avons vue dans l’herbier de ce botaniste, herbier conservé au Muséum, a des feuilles polymorphes, les unes entières, les autres à dents aiguës, les inférieures arrondies au sommet, les supérieures pointues. Elles mesurent de 40 à 50 */* de long, sur 10 à 12 */" de large ; le pétiole et les nervures sont légèrement velus.
Un autre échantillon de la même collection, étiqueté AZ. cerifera major Micu., diffère du premier par la glabréité de toutes ses parties.
On peut en outre distinguer dans le stirpe les variétés suivantes :
1. var. pumila Micu. — Arbrisseau de 050 de haut. Rameaux souvent très nombreux, grêles, fastigiés. Ramules très glanduleuses, à entre-nœuds rapprochés. Feuilles très coriaces, petites, longues de 20 à 60 "/", larges de 4 à 12 "/", linéaires-oblongues, graduellement atténuées du milieu jusqu'à la base, entières ou
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dentées, sessiles ou à pétiole de 1 à 2 “/" de long. Surface supérieure du limbe luisante, rugueuse, couverte de puits profonds ; nervure médiane ordinairement un peu saillante. Surface inférieure entièrement couverte de puits profonds glandulifères ; nervure médiane glabre, très saillante ; nervures secondaires ordinairement peu apparentes. Chatons mâles petits, ovoides, de 3 à 6 "/" de long ; bractées obovales, un peu glanduleuses, ciliées sur les bords. Chatons femelles courts. Fruits assez gros (3 à 4 "/" de diam.), entièrement couverts d'un revêtement cireux.
Car. biol. — Kloraison de mars à mai; maturation des fruits en octobre.
St. — Terrains secs et sablonneux, bois de pins, coteaux stériles, lieux sablonneux humides.
D. G. — ETATS-UNIS : (Michaux !) Æerb. Michaux in Mus. et H. gén. Mus., H. Deless. — Texas, près de San- Félipe (Trécul, 1850, n° 1522 bis) Æ. Mus. — Caroline méridionale (L'Herminier !) 4. Mus. — Caroline septentrionale, Wilmington (Canby, 1867) Æ. Lenormand, Univers. Caen. — Floride, Jacksonville {Curtiss, 1894, IT, n° 4627) HA. Mus. — Vicinity d'Eustis, Lake County (Nash, 1894, n° 22) Æ. Mus.
Syn. et Bibl. — Myrica cerifera var. pumila Micaux FI. Am.-Bor., (1803), II, p.228; Wrzp. Sp.IV,p. 746. — M.sessilifoha Rariwesque, Alsograp. Am., 10 (1838); et M. pusilla RariNesque, I. c., 10 (teste SARGENT, I. c.)
9. var. dubia. — feuilles grandes, minces, longues ordinairement de 50 à 80 "/", larges de 10 à 20 "/", mais pouvant atteindre, même sur des rameaux fertiles, jusqu'à 120 "/" de long sur 25 "/" de large, oblongues-lancéolées, les supérieures étroitement lancéolées, toujours très cunéiformes à la base, ordinairement munies dans leur moitié supérieure de
3 à 5 paires de grosses dents aiguës. Pétiole long de 8 à 15 "/", Surface supérieure du limbe très luisante, peu glanduleuse, presque glabre, ordinairement un peu réticulée par de fines nervilles. Chatons mâles longs de 10 à 15 */", à rachis glabre ; 4 à 6 étamines par fleurs, à filets soudés. Chatons femelles se développant souvent après la chute des feuilles axillantes. Fruits petits, de 2 à 3 "/" de diamètre à l'état adulte.
D. G. — ETATS-UNIS : Floride (Chapmann) A. Mus. ; Tallahassee, Léon County, Floride (Nash, 18%, n° 2518) H. Deless.