‹ Monographie des orobanchesChapitre 16 sur 26 · XVI. OROBANCHE DU SATUREIA DE MONTAGNE · texte numérisé non relu

XVI. OROBANCHE DU SATUREIA DE MONTAGNE

OrobcMclie scapo suhinfiato; sqiumds et bracteis lanceôlatis ;florièus numerosis in spicam coarctatam tUgestis; coroUâ bilahiatâ^ i^enosd, lahio ^uperiore fornicato^ einarginato , inferiore profunde tnlobo , lobis pUcatis ; sepdUs diiobus ad médium divisis; stigmate bilobo, reflexo , intense rubro.

Elle est attachée tantôt aux vieilles racines de la plante, tantôt à ses radicules. Elle s'élève au-delà d'un pied , et se termine par un épi long et bien fourni ; ses tiges sont d'un rouge jaune et décoloré ; ses coiroUës peu consistantes et rayées de rouge , sont velues extérieurement et un peu glutineu- ^es ; la lèvre supérieure est voûtée et légèrement échancrée, l'inférieure est découpée en trois lobes profonds , ttanspareiîts et un peu chiffonnés ; ks stipules et les bractées sont allongées ; les deux sépales divisés en deux lanières étroites ; les filets blanchâtres et un peu velus comme le germe y se recourbent à leur sommet; les anthères sont spinesceutes ; le germe est blanchâtre ; le stigmate a deux lobes très-marqués , réfléchis et teints en rouge foncé ; le nectaire est rougeâtre et occupe la base du germe ; la base des étamines est également nectarifère.

\j* Orohanche du Satureia de montagne diffère de celle dii Thym^ par sa couleur beaucoup moins foncée et plutôt d'un jaune paille que rougeâtre ; par son calice régulièrement divisé; par son nectaire rougeâtre^ ses étamines non velues , la couleur et la consistance de sa corolle beau^ coup plus papyracéee et revêtue de poils glutineux ; par son stigmate fortement divisé et d'un rouge foncé; enfin, par ses dimensions plus considérables , et la plus grande mollesse de toutes ses parties.

Je l'ai trouvée au commencement de Juillet 1825, au pied du Col de Tende , à une lieue plus haut que le Bourg de ce nom, sur les rochers qui bordent la route, à droite en montant. Elle y croissoit en grande abondance et de manière à former une véritable espèce. Je ne l'ai pas retrouvée en Juin 1 8^6 , parce que la saison n'était pas assez avancée , et je ne l'ai pas aperçue ailleurs , quoique je l'aie cherchée avec soin dans la basse Provence , le Littoral , etc.

(56) XVIL OROBANCHE DU GALIUM MOLLUGO. Planche 7.

Orobanche papyracea. Synops. DeCandolle et Duby. Orobcmche rubens. Wallroth ^ itaaiuvtf , p. 46 ? Orobanche incurva. Bentham^ Gat. des pi. indig. p. 107.

Orobanche scapo niediocriter incrassato , ad kasim squamoso; squamis bracteisque îanceolatis^ nigrescentibus ; corollâ bilabiatd, inflatd ; labio superiore fomicato^ leviter eniarginato , inferiore trilobo, lobis rotundatis; filamentis inflexis; antheris nigrescentibus; stigmate bilobo, rubro-nigreS" cerite; nectario nigrescente.

Sa tige légèrement enflée et écailleuse à la base , s'élève jusqu'à un pied ; elle est rougeâtre , velue et médiocrement garnie de stipules lancéolées, et noirâtres; Tépi est formé de huit à seize fleurs d'un rouge violet, et dont louvërture est assez élargie ; les sépales sont simples ou irrégulièrement bifides ; la corolle grande et élargie; la lèvre supérieure échancrée et voûtée , l'inférieure à trois lobes arrondis ; le fond du tiibe est rempli d'une liqueur mielleuse qui découle très-abondanunent de la glande noirâtre placée sur le devant du germe, et à la base dilatée des étamines; les filets d'un blanc rougeâtre , sont un peu velus et recourbés au sommet ; les anthères noirâtres et terminées par une petite arête blanchâtre , enveloppent étroitement le stigmate avant la fécondation; le germe est blanchâtre ; le style un peu rougeâtre, et le stigmate fortement bilobé est d'un rouge foncé.

Cette Orobanche est vivace ; Ton aperçoit sur les racines qui la portent , les bulbes de l'année précédente et les bulbilles de l'année. Elle paroit de bonne heure , au milieu de Mai , et se desséche promptement ; on n'en aperçoit aucune trace dès le milieu de l'été.

Elle est commune dans le Canton de Genève , dans celui de Vaud et sans doute dans le reste de la Suisse. Elle s'élève assez haut dans le Jura et dans les montagnes subalpines, comme par exemple^ le Saxonnet, près de Cluse , d'oîi je l'ai reçue plus d'une fois. Je l'ai cueillie cette année (1826), en Savoie, en France , depuis Chambéry jusqu'à Vizille, dans la Provence, et principalement sur la route de Nice à la Trébie. Elle est quel-

q[aefois fort grande , d'une belle couleur vineuse ; son nectaire est alors beaucoup plus étendu , et les divisions de la lëvre inférieure se replient les unes sur Tes autres ; mais elle conserve^ du reste^ ses autres caractères ^ sa demi-consistance, etc.; les fleurs du sommet se multiplient quelquefois de manière à former un cône allongé tout couvert de duvet. Elle pourroit bien appartenir alors au Galium erectum , sur lequel elle m'a paru naître quelquefois dans le midi de la France. C'est une observation à vérifier.

J'ai trouvé au mois de Mai i8a6 , au jardin Botanique , sur une variété de Galium verum P qui étoit venue de semis , la même Orobanche sortant en touffe épaisse ; elle différoit de la commune par sa tige plus effilée et ses couleurs plus pâles ; ses stipules étoient noirâtres ; ses sépales légèrement divisés ; son nectaire d'un jaune foncé, distilloit abondamment une humeur mielleuse qui sortoit aussi de la base des étamines ; ses filets recourbés vers le sommet, et ses anthères d'un brun foncé, se terminoient en une pointe blanchâtre. Reparoîtra-t-elle l'année prochaine? Ce n'est qu'une modification d'espèce.

XVm. OROBANCHE DU LIERRE. Planche. 8.

Orohanche scapo in bulbum parc^ squamosum incrassMo; squanUs lanceolatis paucioribus; bracteis versus extremitatem cUtenuatis^ reflexis; corollâ bilabiatâ, mocUcâ, labio superiore intégra^ inferiore trilobo^ lobis rotundatis; sepalis subintegris ; staminibus inferioribus approximutis, supe^ rioribiis dîi^aricatis ; antheris d^oratis^ ad lotus dejectis; stigmate emargi" nato , lutescente ; nectario subnullo.

Sa tige enflée et écailleuse à la base , s'élève jusqu'à un pied dans les plus grands individus; ses stipules sont noirâtres, lancéolées et peu nombreuses , surtout vers le sommet ; ses fleurs sont médiocres , écartées et d'un blanc jaunâtre ; les deux sépales sont très-rarement divisés ; la lèvre supérieure est à peu près entière, l'inférieure a trois lobes trèsprofonds et cordiformes ; les étamines naissent de la base de la corolle , celles de la lèvre inférieure sont très-rapprochées , les deux autres sont

écartées ; les quatre anthères sont petites , d'un brun clair, avec une dent blanchâtre ; les unes et les autres sont déjetées sur les côtés ; le germe est blanchâtre, et divisé par une rainure prolongée jusqu'au stigmate, qui est échancré et d'un jaune clair; le nectaire est peu apparent et jaunâtre- Toute la plante est légèrement velue et parsemée de poils glutineux.

Cette Orobanche a le port et l'apparence extérieure de celle du Trhfie; mais elle est plus forte et plus consistante dans toutes ses parties. Elle en diffère surtout par ses poils glutineux, plus nombreux et plus marqués, par ses fleurs d'un jaune clair, et non bleuâtres, par ses étamines déjetées et plus grandes que le pistil, par son stigmate presque simple, jaune et jamais rouge , par ses sépales non divisés, etc.

Elle n'est mentionnée par aucun auteur.

Cette singulière Orobanche se trouve sur les collines qui s'étendent de Gênes à Savone. Je l'ai cueillie en 1826, sur les hauteurs qui dominent cette dernière ville, et dans les maisons de campagne du Ponente. Je l'ai revue l'année suivante en grande abondance à Gênes même , dans les jardins Négri. Elle vient d'être retrouvée par M. Charles Des Moulins , dans le Périgord et aux environs de Libourne. Elle fleurit dans le mois de Juin.

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