XXVIII. OROBANCHE VAGABONDE
Stn. Orohanche comosa. Wallroth. JWxiuiy. p. Sp.
Orohanche cœrulèa? DeGand. F. F. 3. 490. Villars, a. ^06.
Orchis lœvis. EhrhardTi, in mont, Regenst.
Orohanche cœrulea. Sutton. Trans. i. i8a. Wild. Spec. 3. 352?'
Orohanche scapo sîmpUusculo ; stipulis bracteisque hirsutis; calice monophyllo; lacinOs quatemis Unearihus; corolld infimdihuUfornUy tubulo$ây in/aucem palato strOs i^illosis exaratam^ ampliatâ^ quinquefidâ; lo^ bis rotundatisy inferiore minori; antheris demum pilosis; stigmate bifido, griseOy rufescente.
Sa tige un peu recourbée, renflée et écailleuse à la base, se divise souvent près de terre en deux parties inégales, et varie dans ses dimensions, de* puis trois ou quatre pouces jusqu'à un pied.- Elle est brune ou blanchâtre, recouverte de stipules raccourcies et lancéolées ; son épi court et un peu panaché, est formé de dix à vingt fleurs et même plus ; la bractée extérieure est forte et un peu velue comme le reste de la tige, les deux autres qui adhèrent au calice , sont égales , linéaires et aiguës ; le calice est monophylle, ordinairement quadrifide, et chargé quelquefois du càtéde la tige d'une cinquième divi^on plus courte ; la corolle est renflée au-dessous de la base par l'accroissement du germe ;.son ouverture est large ; sa couleur d'un beau bleu ; sa lèvre supérieure est formée de deux lobes arrondis ; l'inférieure de trois, dont le moyen est plus court que les autres. Elle porte trois plis qui descendent assez bas et sur lesquels sont couchées les
ëtamines inférieures ; sa gorge est marquée de deux renflements longitudinaux blancs et velus, qui n'existent point dans Tespëce précédente ; les filets des étamines sont cylindriques , blanchâtres et plus courts que la corolle ; le style est un peu glanduleux ; les anthères sont blanchâtres et gardent en vieillissant leurs poils cotonneux ; le stigmate est bifide et jaune ; la capsule ovale ; les graines sont d'un noir brillant.
J'ai trouvé en abondance cette Orobanche dans tout le midi de la France^ entre Aix et Maximin, entre le Luc et le Muy, et sur toute la route jusqu'à Nice. Mais je n'ai pas encore pu reconnoitre qu'elle étoit sa vraie mère. Tantôt elle croissoit sur le Barckause fétide , tantôt sur le Plantago Goronopus , tantôt enfin sur le Galium des champs. Il est vrai que comme ces plantes sont toutes trois annuelles, l'Orobanche étoit toujours foible et petite. Wallroth dit qu'on la trouve en Allemagne sur l'Artémise des champs , et sur le Genêt des teinturiers ; mais je ne l'ai jamais aperçue sur. ces plantes. En attendant je lui donne le nom de vagabonde^ parce qu'il peint assez bien son caractère, et comme elle appartient à la famille peu nombreuse des Trionychons, il sera toujours facile de la reconnoitre, surtout aux deux adhérences blanches et velues de sa lèvre inférieure. Elle §eurit dans le courant de Juin , plus tôt que la précédente , et disparoit promptement. S'il étoit vrai qu'on la trouvât aussi sur TArtémise des champs et sur le Genêt des teinturiers, elle seroit tantôt vivace et tantôt annuelle. Bentham qui la décrit sous le nom de cœrulea^ assure l'avoir trouvée sur le Prenanthes nminea.