‹ Monographie des poissons fossiles du vieux grès rouge ou système dévonien (old red sandstone) des Îles britanniques et de RussieChapitre 11 sur 104 · III. Pterichthys Milleri Agass · texte numérisé non relu

III. Pterichthys Milleri Agass

Old Red, Tab. I, lig. 1-3.

Cette espèce a plus que toute autre l’aspect d'un Limule ou d'un crustacé en général. C’est la plus petite et proportionnellement la plus large qu’on ait rencontrée jusqu’ici. La plupart des individus n’ont qu'un pouce ou un et demi pouce de longueur, et il est Tort rare d’en trouver de la grandeur de celui de lig. 3. La carapace est très-large, au point qu’elle approche presque du cercle ; elle est relevée au milieu en une carène longitudinale assez saillante , qui donne à la face supérieure la forme d’un toit. Les plaques paraissent avoir été très-minces et peu solides; dans la plupart des exemplaires, elles sont tellement brisées qu’il est impossible de reconnaître leurs contours primitifs; je n’en ai retrouvé que quelques traces dans l'exemplaire de lig. 1 . Il parait que la plaque centrale était fort grande, et qu’elle occupait à elle seule plus de la moitié de la carapace entière; aussi portait -elle seule la crête longitudinale dont nous venons de parler. Quant aux autres plaques, il m'a été impossible de les reconnaître.

La tète est très-large, fort courte et arrondie, de manière à présenter un segment de cercle. On ne remarque pas de séparation distincte entre la carapace et la tète. Cette dernière ne semble être que le prolongement et l’extrémité arrondie de la carapace. Les nageoires pectorales sont courtes et plates; elles ont à-peu-près la forme d’une lame de canif; leur bord intérieur surtout est marqué de granelurcs fort distinctes. Leur courbe rat peu accusée , d’où je conclus qu’elles ne s’appliquaient pas aussi bien contre les flancs du corps que dans le Plerichthys lutus.

La queue était au moins aussi longue que le corps, mais très-gréle et couverte d'écailles presque microscopiques. Sa largeur, prise à la racine, égale à peine le dixième de la largeur totale du corps, et il parait qu’elle se terminait en un blet comme la queue d’une Chimère ou de certaines Raies. Je n’ai pu apercevoir de granulation distincte sur les plaques de la carapace.

Les caractères saillans de cette espèce sont faciles à résumer. Ils consistent dans la tète courte et arrondie sur le devant, la carapace large et presque circulaire, les pectorales courtes, peu courbées, peu pointues, et la queue longue et mince.

Les originaux de mes Ggures proviennent tous de Cromarly, où ils ont été trouvés par M. llugh Miller. J’en ai vu d’autres exemplaires moins bien conservés provenant de Gamrie et de Clune, dans le Nairnshire.

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