CHAPITRE V
DU GENRE PLATYGNATHU8 Aczss.
Ce genre, qui en tout cas sc rapproche beaucoup des Holoptychius, n’est encore connu que par des fragmens très-incomplets , dont il est même difficile de dire s'ils appartiennent tous au même genre. La seule pièce sur laquelle on puisse établir une diagnose un peu précise , est une queue d’un poisson allongé qui sc rapproche beaucoup des Holoptychius par la structure et les orncmens de ses écailles. Ces écailles sont arrondies , plus hautes que longues , imbriquées de manière à ce que le bord postérieur d’une éraillé recouvre le bord antérieur de l’écaille suivante ; elles forment ainsi des séries obliques. Les ornemens de la surface paraissent être les mêmes que chez les Holoptychius ; ils forment des rides longitudinales qui se dichotomisent à peine et paraissent assez brisés. Ce qui distingue surtout les Plalygnathus des Holoptychius , c'est la forme élancée et allongée de la queue , sur laquelle sont insérées de puissantes nageoires , dont le développement indique d’excellens nageurs et sans doute des poissons très-carnassiers. En comparant, par exemple, les écailles du P. Jamtsoni, avec celles de VH. Flemingii , dont les écailles ont à-peu-près la même grandeur, on peut sc convaincre que la queue de cet Holoptychius est au moins de deux tiers plus courte que celle du Platygnathus , et que les nageoires ont un développement beaucoup plus puissant.
Les nageoires ont un nombre considérable de rayons mous et flexibles , qui paraissent avoir été creux , comme ceux des autres Célacanthes. Or, un semblable développement de l’appareil locomoteur principal, devait être accompagné d’un développement analogue des mâchoires, cl la grande ressemblance des sculptures de l’émail m’a engagé à placer provisoirement dans le genre Plalygnathus une mâchoire armée de formidables dents isolées que je décrirai plus bas. Cette mâchoire qui a été trouvée dans les couches inférieures de l'OId Red , a ceci de singulier, qu’il y a de grands compartimcns , semblables en quelque sorte aux pièces dentaires des Dendrodes, dans lesquels les dents sont implantées ; cl ce qui les distingue facilement des Holoptychius , c’est que les dents coniques internes manquent , et qu'il n’y a qu’une rangée d’aspérités émaillées , qui borde le pourtour de la mâchoire.
J’avais d'abord réuni au genre Plalygnathus sous le nom de P. minor, un poisson presque entier qui est assez bien conservé. Mais un examen plus approfondi m’a appris qu'il était impossible d’associer ce poisson aux Plalygnalhes dont il diffère par la forme de ses écailles. Or,
en éliminant ce genre, auquel j’ai donne le nom de Glyptopomus, et en admettant que la mâchoire et la queue que j’ai pu découvrir appartiennent réellement au même genre, on pourra formuler Ica caractères génériques des Plalygnalhes à-peu-prés de cette manière : corps fusiforme allongé , queue allongée , pourvue de nageoires très-dévcloppécs ; écailles arrondies, imbriquées , ornées de sculptures en émail ; dents incisives , plissées , isolées , placées dans des coinpartimens à part , d’une grandeur considérable.