CHAPITRE II
DES ICHTHYODOHUL1THES.
Les Ichlhyodorulites oa rayons de nageoire des Plaooîdes présentent des particularités non moins frappantes que les autres débris de poissons qu’on a signalés jusqu’à présent dans les couches du système dévonien. Parmi les quinze espèces que nous allons décrire , la plupart appartiennent à des types entièrement nouveaux , qui jusqu’ici n’ont aucun représentant dans les autres formations, et pour lesquels j’ai dû créer les neuf genres suivons, qui figurent ici pour la première fois, savoir: les genres Homacanthu » , Haplacaiithui , Odonlaeanthus , A 'areodet, Naidas , Byssaeanthua , Climatius, Parexus, Cosmacanlhm.
Un caractère commun à tous les Ichthyodorulilhcs de l’OId Red, et qui doit frapper, lorsqu’on jette un coup d’oeil sur la PI. 35 de l'Atlas, c’est la petitesse de tous ces rayons , surtout si on les compare aux Ichlhyodorulithes gigantesques des terrains carbonifères et du Lias. On est par conséquent fondé à en conclure que les Requins de cette époque étaient de moins grande taille que ceux qui ont apparu dans les formations subséquentes. Aussi bien c’étaient moins les Requins que les grands Célacanthes qui dominaient les mers.
I" Genre. Hosucanthus Agass.
J’appelle de ce nom de petits Ichthyodorülithes du terrain dévonien, qui rappellent les Leptacantlies des terrains secondaires ; ils sont, comme ces derniers , armés de crénelurcs à leur l>ord postérieur, et leurs flancs sont garnis de sillons longitudinaux homogènes. La seule différence qui les distingue, c’est que les sillons s'étendent sur la surface entière des rayons jusqu'aux dentelures du bord postérieur , tandis que dans les Leplacanlhcs , les rangées de dents sont précédées d'un espace lisse.
Homacantiius abcuatus Agass.
Old Red, Tab. 33, fig. f-3.
Je ne connais encore que cette seule espèce du genre Homacanthus. Je l’appelle H. arcuatus, à cause de la forme arquée des rayons qui sont courbés en faucille. La petite taille de ces épines
indique un poisson dont les dimensions ne devaient pas excéder celles des Aiguillais ( Spinax ) de l'époque actuelle , si tnème il les atteignait. Les dentelures du bord postérieur sont trèsnettes, mais si petites, 'qu’on a de la peine à les distinguer à l’œil nu. Il faut absolument avoir recours à la loupe pour les bien voir (fig. 2 et 3).
Les trois exemplaires figurés, les seuls que je connaisse, m’ont été communiqués par M. le comte de Keyserling. Ils proviennent de l’OId Red des environs de St.-Petersbourg.
Il" Genre. Haplacanthus Àgass.
Ce nouveau type d’Ichlhyodorulillies a quelque rapport avec les Némacanlhes des terrains secondaires. Il est , comme ceux-ci , comprimé latéralement et caractérisé en outre par un aplatissement subit de chaque côté du bord antérieur , ensorte que le dos du rayon se présente comme un filet arrondi, fl est toutefois une particularité qui distingue ces Ichthyodorulithes, c’est d’èlre parfaitement lisses, tandis que les Némacanthea sont sillonnés sur toute leur surface. Ils diffèrent d'un autre côté , du genre Tristychius par la coupe des flancs et du dos.
HaPIACANTHUS MABG1NAL1S AgaSS.
Old Red , Tab. 33, fig. 4-6.
Celte espèce, la seule connue jusqu’à présent, est de petite taille, tantôt légèrement arquée, tantôt tout-à-fait droite. Le filet marginal se détache très-bien des flancs, comme on le voit par la coupe de fig. 3 cl 6. Le côté postérieur, en revanche , présente une forte échancrure qui pénètre à-peu-près jusqu’à la moitié de l’Ichlhyodorulithe (fig. 36). J’ai vainement cherché des traces d’omemens sur les flancs ; je les ai toujours trouvés parfaitement lisses même sous de forts grossisse mens.
Ce type d’ichthyodorulithes est propre au terrain dévonien des environs de St.-Pétersbourg. Il m’a été communiqué par les soins obligeans de M. le comte de Keyserling.
III* Genre. Odontacanthi s Agass.
J’ai des doutes sur la nature réelle des fossiles que j'embrasse sous cette dénomination. A en juger par leur cavité intérieure , il semble que ce sont des Ichthyodorulithes ; mais leur forme irrégulière ne me permet pas de l'affirmer positivement ; car il serait possible que ce fussent des appendices épineux de la tète, comme on en connail dans le genre Céphalaspis. Dans tous les cas, ce sont des os qui ne sauraient être rangés dans aucun des genres déjà établis ; ensorte que le nom que je leur donne dès à-présent pourra leur rester, même lorsque les espèces dont ces débris proviennent seront mieux connues. Leur forme est conique et comprimée; l'un des bords est entier, et l’autre fortement dentelé; l’intérieur est creux. J’en distingue deux espèces.
— HS —