‹ Monographie des prêlesChapitre 8 sur 10 · A DIX DENTS · texte numérisé non relu

A DIX DENTS

Equiseium palustre. Prêle des marais.

Equiseium coule sulcato , subscabro , suïcis dentibusque fere octonis , rames totidem quadrangularibus sœpe aborlivis.

A. Equiseium polpstachion. G. B. Pinax j 5 , n.° 2.

B. Equiseium nudum v a ginis dilata lis.

4o MONOGRAPHIE DES PRE LE if.

Syn. Ecfiiisetian palustre auctorum.

Equiselum palustre breviorïbus setis , Bauh. Pin. i5.

Eqùisetum tuberosum. De Cand. Fl. Fr. ( Sup. , pag. ^45).

Equisetum J^eronense. Pollin Plant. Yer. Varie't A . poljslaehial

Equiselum procerum. Poil. Plant. Yer. ?

Sa tige est sillonnée de huit à neuf arêtes saillantes qui lui donnent un aspect anguleux : les gaines médiocrement adhérentes ont le même nombre de dents. Ses rameaux avortent souvent , en tout ou en partie, ce qui donne à la plante une forme irrégulière. L’épi est terminal, médiocre, trois ou quatre fois plus long que large et engagé jusqu’à son entier développement dans sa gaine supérieure qui est en général plus ddatée que les autres. Il s’en dégage ensuite et paroît porté sur un pédoncule long de quelques lignes. Les rameaux qui ne sortent souvent , comme dans la Prêle limoneuse , qu’après la chute de l’épi , sont en général tétragones. Leurs faces sont creusées en sillon , et leurs gaines se terminent par quatre dents courtes et noirâtres.

Cette espèce se rencontre avec la précédente le long des petits ruisseaux et des mares dont l’eau est renouvelée. On la trouve aussi dans les prés humides. Elle fleurit à la fin du printemps , mais sa floraison dure plus long-temps que celle de la Prêle des limons. Elle me paroît être la même que Y Equiselum procerum, de Pollini.

La Yariété polystachion est assez commune. On la reconnoît à ses rameaux allongés , et chargés d’un petit épi terminal qui donne des graines. C’est je crois la Prêle de Yérone , de Pollini.

Il y a une seconde variété où la tige qui porte l’épi est recouverte de gaines dilatées dépourvues de rameaux. Dans cet état elle a des rapports avec les Prêles à hampe.

Les tubercules qui adhèrent quelquefois à sa racine, ont déjà été observés par Haller (i), on les rencontre , je pense , dans le grand — ^ —

(1) Stirpes Helvetieæ , n.° 1677.

MONOGRAPHIE DES PRELES. 4 J

nombre des espèces ; du moins je les ai vus très-gros et très-distincts dans la Prêle des champs , et dans celle des fleuves. Elle est aussi sujette à la rouille. ( TJredo ).

Plane. Y. Fig. i. Prêle des marais.

Fig. 2. Prêle des marais , Variété prolifère.

Fig. 5 . Epiderme et glandes sur plusieurs rangs vues au microscope.

Fig. 4 - Section transversale avec ses divers rangs de tubes.

Fig. 5 . Graines* avec leurs lames élastiques.

Fig. 6. Les mêmes dans leurs divers degrés de développement.

Equisetum ramosissimum. Prêle ramifiée.

Equisetum caulibus striatis , ramis numerosis , vaginis amplis , dentïbus sexdecim , vaginulis dentïbus octonis.

Syn. Equisetum ramosissimum Des F. Flor. At. V. 2. p. 398.

Equisetum elongatum Wild, ?

Equisetum hyemale Bory St. Vincent, Voyag. V. 2. p. 100.?

Sa tige cannelée et un peu rude au toucher est haute de près de trois pieds et de la grosseur d’une plume d’oie. Ses stries et ses dents sont à peu près au nombre de seize dans son plus grand développement. Les rameaux assez réguliers et un peu divisés ne vont guères au-delà de douze. Iis ont sept ou huit stries et autant de dents à leurs anneaux : les principaux sont charge’s d’épis courts et noirâtres. Mais ce qui distingue surtout cette espèce , ce sont ses belles gaines d’un brun clair en forme de fourreau , de huit à neuf lignes de long et terminées par des dents très-courtes et noirâtres. Les collerettes partielles sont tronquées et un peu blanchâtres. Chaque rameau a onze ou douze articulations dont la première est fort courte, la tige principale doit en avoir autant.

Cette belle espèce a été trouvée par Des Fontaines en Barbarie,

dans le royaume de Tunis , au pied des montagnes de Lowan. Eilç ressemble pour le port à la Prêle gigantesque de Humboldt , mais elle s’en distingue par ses stries moins nombreuses , et par ses gaines beaucoup plus grandes , plus lâches et colorées en brun.

Tes glandes diffèrent aussi de celles de la Prèle gigantesque. Elles sont disposées sur deux rangs , comme on peut le voir dans la Fig. 2 de la Plane. VI. La Prêle gigantesque a au contraire trois rangs de glandes. y"

Wildenow assure l’avoir cueillie près de Venise, sur les bords des baies humides où elle croissoit avec VA rundo doncix. M. Adolphe Brongniart à la complaisance duquel je dois plusieurs renseignemens sur le genre des Prêles , possède la même espèce trouvée au Lido sur le bord de la mer. Wildenow , cpii la décrit sous le nom d 'elongatum , croit qu’elle est la même que Bory Si -Vincent désigne sous le nom d ’hyemale et qu’il a rencontrée dans les sables de Bordeaux et dans l’île Bourbon. Quoiqu’il en soit, cette espèce est assez distincte pour qu’elle ne puisse être long-temps confondue avec les autres.

flanc. VI. Fig. i. Prêle ramifiée.

Fig. 2. Epiderme et glandes vues au microscope.

Equiselum giganteum. Prêle gigantesque.

Equiselum caule semel ramoso , dentibus vaginarum memhranaceis, caducis, circiter vicenis, ramis numerosis, plus minusve régulariler disposids , hexagonis aut etiam octogonis spiciferis.

Syn. Equisetum ramosissimum Wildenow.

Equiselum giganteum. Caule striato arborescente , frondibus simplicibùs , striatis spiciferis. Linn. La Marck. Dict.

Equisetum altissimum ramosum. Plum. Spec. xi. Icon. 1 25 ,, jig. 2. Setis simplicissimis spiciferis patent ibus , nodosis.

Equiselum ramosissimum Humboldt et Bonpland.

Equisetum Humboldtii. La Marck , Dict.

La tige s’élève a plus de cinq pieds : elle est à sa base de la grosseur du doigt , lisse au toucher quoique striée , et d’un vert cendré. Les gaines , dans leur plus grand développement , sont blanchâtres , terminées par vingt dents membraneuses, transparentes et caduques. Les premières articulations ne contiennent qu’un petit nombre de rameaux souvent unilatères , mais les supérieures en /fournissent à peu près douze qui garnissent uniformément la tige. Ils vont ensuite en diminuant jusqu’au près du sommet, où la tige reste simple quoique pourvue encore d’une dizaine de dents ou stries. Les rameaux partiels sont à six , sept ou huit faces , les inférieurs sont allongés, lés supérieurs sont plus courts, les uns et les autres portent fréquemment des fleurs. Leurs gaines , ainsi que celles de la tige principale, n’ont rien de remarquable; elles sont médiocres et blanchâtres.

Cette belle plante habite à Saint-Domingue où elle a été trouvée par M. Berters qui l’a communiquée à M. Balbis ; c’est la même que Plumier avait recueillie à la Jamaïque et à la Martinique, et que Humboldt a rapportée dernièrement des Caraques. Elle ne ressemble que peu à la Prêle des marais à laquelle l’herbier de Banks paroît la rapporter. Wildenow la décrit deux fois , d’abord sous le nom de ramosissimum et ensuite sous celui de giganteum. Il en est de même du Dictionnaire de La Marck , qui l’appelle tantôt Prêle gigantesque et tantôt Prêle de Humboldt. Mais je suis convaincu, par l’inspection des échantillons et des figures, que ces dénominations s’appliquent toutes à la même espèce.

Ses glandes sont irrégulièrement disposées sur trois rangs.

Planc v VII. Fig. i . Partie inférieure de la tige de la Prêle gigantesque.

Fig. 2 . Partie supérieure.

Fig. 3. Epiderme et glandes vues au microscope.

Equisetum limosum. Prêle des limons.

Equisetum caule glabro , fistuloso , striis dentibusque fere qucituordecim , ramis simplicibus scepius abortivis.

yL. Equisetum limosum polystachîon . Seringe , inéd.

Syn. Equisetum nudum lœvius. Raj. Synop. i 3 i. t. 5 . f. 2.

Equisetum limosum. Wildenow.

Equisetum jluviatïle. Linnæi herbar.

Equisetum N.® 1677. 0. Hall. Stirp. Helv.

Equisetum uliginosum. Wild. Muhlenb. in litferis ?

Les tiges sont fistuleuses, lisses , très-peu consistantes et rayées , d’environ quatorze stries. Les dents sont aiguës , courtes , noirâtres et étroitement appliquées contre la tige. Les épis avant leur développement sont noirs , plus courts et plus compacts que ceux des autres espèces. Tant que ces épis subsistent * les tiges sont nues , ou du moins garnies de rameaux courts et comme avortés, mais lorsqu’ils sont tombés, les rameaux s’allongent et donnent à la plante un aspect tout différent. Du reste , il n’y a point d’espèce qui varie autant dans le nombre et l’étendue de ses rameaux ; quelquefois tout le verlicille se développe , quelquefois une partie seulement ou un seul rameau , et l’on distingue très-bien sur la tige les points où les avortemens ont lieu.

Quelques auteurs ont distingué comme variétés les deux états ex-^ trêmesde la Prêle des limons. Haller réunit cette espèce avec celle des marais , sous la variété 0. Mais nous verrons que ces deux plantes sont bien distinctes et doivent former par conséquent deux espèces.

La Prêle des limons est commune dans les eaux vives , et même <gn peu stagnantes de toute l’Europe. Elle se retrouve dans l’Amérique Septentrionale. Sa floraison a lieu à la fin du printemps ou au commencement de l’été dans un intervalle de peu de jours. Les racines sont traçantes et forment des entrelacemens si multipliés que toutes les tiges, qui paroissent au premier coup-d’œil séparées, appartiennent probablement à la même plante.

La variété A. potystachion, trouvée par M. Seringe , est assez commune aux environs de Berne. Elle se distingue de l’espèce principale par ses rameaux supérieurs chargés d’épillets fertiles : celte disposition des rameaux n’est pas propre à la Prêle des limons , elle se rencontre bien plus fréquemment dans celle des marais.

L’ Equisetum Uliginosum ou Prêle des tourbières de Muhlenberg, ne diffère point de notre Prêle des limons , quoique Wildenow et après lui Poiret dans le Dict. Bot. en aient fait une espèce. Elle a exactement la même tige , les mêmes gaînes , les mêmes stries et le même épi j seulement les échantillons que j’ai sous les yeux ont été cueillis à l’époque où la plante n’étoit pas encore entièrement développée ; c’est pourquoi Wildenow dit qu’elle n*a que quatre rameaux , mais on aperçoit les rudimens des autres qui , dans leur complet développement, doivent toujours égaler le nombre des stries,. Ces rameaux sont tétragones vers le sommet, comme cela arrive aussi à ceux de la Prêle des limons , ils ont huit ou dix stries quand ils prennent naissance plus près de la racine.

Schkuhr qui a donné une bonne figure de la Prêle des limons a bien observé les stries blanchâtres qui distinguent ses tiges, mais il n’a pas vu les pores du second ordre que présente la coupe horizontale.

Linné l’a décrite sous le nom de Fluviatile, et elle existe sous cette dénomination dans son herbier avec la phrase suivante : Equisetum caule s triât o , frondibus subsimplicihus . Spec. pl. i5 1 7 . Flor. Lapp. 593. La Telmateya est dans une autre feuille , sous le nom de Fluviatile , provenant de l’herbier de Miller, Ces détails m’ont été fournis par M. De Candolle.

Plane. VIII. Fig. 1 . Extrémité supérieure fructifère de la Prêle

des limons.

Fig. 2. Tige sans fleurs.

Fig. 5. Variété prolifère.

Fig. 4- Graines avec ou sans leurs lames.

Fig. 5. Graines dans différens degrés de développement.

Fig. 6. Coupe horizontale avec ses deux rangs de tubes observés au microscope , ainsi que les graines.

Page 1