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MIGRATION. — ÉPOQUE DU RETOUR

nos fertiles campagnes de la Lorraine. H laisse partir la plupart des autres oiseaux, l’agrodrôme, les pipis, les fauvettes, les bergeronnettes, etc., avant de se décider à nous abandonner.

Son émigration s'effectue invariablement aux environs de Metz, du 10 au 15 octobre (1), et souvent encore rencontre-t-on de nombreux retardataires après cette date.

Les premières gelées blanches, les froids brouillards de cette saison ne paraissent pas l’incommoder (9). C’est seulement quand les feuilles des arbres fruitiers et de la vigne commencent à tomber, quand les graines potagères pourrissent et que le séneçon etle mouron se fanent qu'il se résout définitivement à partir.

Il émigre en suivant les coteaux, les collines, les vionobles, les bords des vallées.

(1) Et en Allemagne, d’après Alex. Homevyer, au commencement d'octobre. — Voy. Journal für ornithologie, année 1862, p. 97 et suivantes.

(2) Le degré de chaleur interne du Cini varie entre 36°,4/9 et 92°,8/9 Réaumur, d’après les observations de M. le docteur Berger. — Voy. l’article qu'il a publié (dans le tome VIT des Mémoires de la Socielé de physique et d'hist. nat. de Genève, année 1836, page 1 et suiv.) sous le titre : Faits relatifs à la construction d'une échelle des degrés de la chaleur animale. » Je n’avais pas à n’occuper dans ce travail de l’anatomie et de la physiologie du Cini, attendu que cet oiseau ne présente rien de particulier sous ce rapport.

Mais à propos de ces matières qui rentrent dans le domaine de la haute science, je dois une mention spéciale à M. Alphonse Milne Edwards, dont j'apprécie à sa juste valeur l’admirable talent. Ce savant fait depuis deux ans un cours d'ornithologie qui compte parmi les meilleurs du Muséum; aussi est-ce un des plus suivis. Parmi les leçons les plus remarquables de cette année (1875, 2 semestre), je noterai celles où le professeur à expliqué le mécanisme de lappareil respiratoire, de l'appareil digestif des oiseaux, des organes de la vision, de louïe, de la voix, etc.

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Jamais, dans aucun des pays où je lai observé, en Lorraine, autour de Paris, dans le Forez, ete., jamais, même à l’époque de la migration, je ne l'ai vu traverser de vastes plaines dénudées, de grandes forêts.

Il aime mieux perdre plusieurs jours que de passer par des endroits qui luidéplaisent probablement parce qu'il n’y trouve ni aliments, ni gites convenables.

Époque du retour. — Dans le centre et l’est de la France, les Cinis reviennent assez régulièrement vers la fin de mars (1) et les premiers jours d'avril.

Le retour de ces oiseaux est souvent difficile à constater, car, quand la température est froide ou lorsque le vent souffle du nord, amenant avec lui d’aigres giboulées, ils se mettent prudemment à l'abri (2), se dissimulent au milieu des sapins, des arbres bien membrés (vieux poiriers, pommiers, chènes) et ne trahissent leur présence par aucun cri d'appel.

Aussi est-on tout étonné de les entendre chanter dès

(1) En Lorraine (environs de Metz), on les voit dès le 21 mars; mais ils n'abondent vraiment que vers le 25.

Alex. Homeyer nous donne les dates suivantes de son arrivée à Francfort-sur-le-Mein :

En 1855, le 19 mars.

En 1856, le 24 mars.

En 1857, le 23 mars.

En 1858, le 24 mars et le 2 avril.

En 1859, le 13 et 19 mars.

Ces dates se rapportent (il est bon de le dire), à l'apparition des premiers individus, à l’avant-garde seulement.

Au ler avril, ils ont complétement effectué leur retour en Allemagne. — Voy. Journal für ornithologie, année 1802, p. 97.

(2) A l’époque du retour, ils paraissent plus sensibles au froid qu'en automne, probablement parce qu'en arrivant du Midi, où dès la fin de janvier la chaleur sévit, ils sont saisis tout d’abord par cette brusque transition.

ENNEMIS DU CINI. al que le soleil luit ; on les croit alors arrivés de la veille, tandis qu'ils sont déjà revenus depuis longtemps.

ENNEMIS DU CINI

Les habitants de l'air ont un ennemi rusé, implacable, acharné : l’oiseau de proie.

Toutefois, l’oiseau de proie est un grand seigneur, un délicat, un gourmet, qui apprécie particulièrement les bons morceaux.

Il s'attaque à l’alouette, au pipi, à l’ortolan, au jeune perdreau, à la caille, à la fauvette, mais il dédaigne le chardonneret, le linot, le tarin, le Cini et en général tous les passereaux de ce groupe dont la chair estamère, coriace, huileuse.

Cependant, si parfois, après une tournée mfructueuse, chose trop rare, hélas! pressé par la faim, 1l vient à lancer un regard cruel sur quelque pauvre Cini, celui-ci ne perd pas la tête et conserve toute son éneraie. Dès qu'il aperçoit le pirate, d'un coup d’aile rapide il se Jette de côté, s'enfuit et gagne, en décrivant des zigzaos, le massif de verdure le plus proche où son ennemi, médiocrement alléché d’ailleurs par la perspective d’une si chétive capture, se donne rarement la peine de le poursuivre.

Le Cini construit généralement son nid assez haut pour le soustraire aux atteintes immédiates des chats, des belettes, fouines, putois, ete. ; mais, bien qu'il le dissimule très-habilement au milieu des feuilles, dans l’enfourchure d’une branche ou à l'extrémité d'un ra-

LE CINI.

meau touffu, il ne parvient pas toujours à le dérober aux investigations de la pie-grièche, qui, au lieu de chasser en plaine et à découvert comme les autres rapaces, hante les vergers, la lisière des bois, et visite chaque arbre, chaque branche, commet à elle seule plus de crimes que dix éperviers. Elle happe non-seulement les petits, mais elle hume les œufs fraichement pondus qu'elle enlève du nid un à un.

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