‹ Monographie du ciniChapitre 17 sur 26 · CHASSE A LA GLU · texte numérisé non relu

CHASSE A LA GLU

rance de prendre quelques couples isolés, vous aurez celle de rafler une bande entière.

Mais ce conseil s'applique plutôt à la chasse au filet (dont je parlerai plus lom) qu’à la tendue aux gluaux, car dès que deux ou trois malheureux sont empêtrés, en se débattant, en roulant à terre, ils effrayent les voisins qui s’enfuient à tire d’aile et parfois ne reparaissent plus de la journée.

Le lendemain l'impression est effacée, j'en conviens, mais malgré cela, si durant plusieurs jours, nos Cinis laissent quelques-uns des leurs sur le terrain, ils deviendront défiants, puis peureux, puis effarés et finiront par abandonner complétement et sans esprit de retour cet endroit mhospitalier.

Il importe quand on tend sur un faisceau d'observer au moins une distance de quatre centimètres entre chaque gluau ; sans cette précaution les oiseaux appréhenderaient le danger (1) et les vieux détourneraient les jeunes de l’appât fallacieux.

Quand on tend sur des semences isolées, il est bon de ne pas multiplier davantage les gluaux (2).

Six suffisent pour une tige de salade de moyenne grosseur, deux pour un épi de millet, un pour un épi de blé de canari, et dix pour une plantureuse touffe de navette ou de radis.

Leur position doit varier suivant les plantes. Sur un épi de blé de canari, de millet, placez-les longitudina-

(1) Parce que, comme je lai dit précédemment, une trop grande quantité de vergettes engluées ôterait au faisceau son aspect naturel. (2) La grosseur de ces gluaux ne doit pas dépasser celle d’une aiguille à tricoter et leur longueur 15 centimètres. +

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lement dans le sens de l’épi, ce qui les rend moins visibles; sur une touffe de salade, de navette, disposezles en forme d’étoile sans les entre-croiser et ayez bien soin de ne pas trop rapprocher les pointes afin d'éviter qu'ils se frôlent et s’entraînent réciproquement lorsqu’un oiseau englué vient à les déranger.

Il faut aussi poser chaque gluau très-délicatement pour que l'oiseau puisse au moindre contact y coller ses plumes, le soulever de la tige, s'empêtrer et rouler prestement avec lui.

Si le gluau enchevêtré dans quelque brin des tiges résiste, ne serait-ce qu'une seconde, sept fois sur dix le Cim se détachera sans l’emporter et s’enfuira en narguant le tendeur.

Lorsqu'on pratique cette chasse amusante dans un endroit où les Ginis se rendent habituellement, il n’est pas nécessaire de se servir d’appelants.

Si, au contraire, on change souvent de place, si l’on tend dans des localités que ces oiseaux ne font que traverser incidemment à l’époque du passage, il est utile d’avoir deux ou trois mâles renfermés dans de petites cages.

Je recommande les mâles parce qu'ils rappellent ordinairement avec plus d’ardeur que les femelles.

Chasse au filet (1).

Elle est infiniment plus productive et surtout plus expéditive que la précédente.

Au lieu d'attraper en une journée quelques indivi-

(1) Filet à deux pans, nommé vulgairement : Tirasse.

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