‹ Monographie du cocon de soieChapitre 103 sur 189 · URUGUAY · texte numérisé non relu

URUGUAY

L’Uruguay, ayant fait autrefois partie de la vice-royauté espagnole de Buenos- Ayres, est, depuis 1828, une république indépendante.

Sa capitale, Montévideo, est située sur la rive nord de l’estuaire de la Plata, presque en face de Buenos- Ayres, occupant la rive sud.

La France a reçu en ces dernières années, sous le nom de Montévideo , des semences qui, élevées dans le Gard, la Drôme, la Lozère, la Savoie, ont eu un succès bien supérieur à celui des autres sources américaines, échappant mieux qu’elles à la flaclierie. 11 en arrive encore cette année.

Le cocon de Montévideo est représenté à la fig. 156.

Le cas particulier des semences américaines a récemment ému nos savants. Divers ont constaté, après et comme Chovin,que l’on pouvait, à volonté, placer toute espèce de graines dans les conditions particulières des graines américaines, c’est-à-dire obtenir en novembre des éclosions régulières et totales d’une semence pondue en juin, en la plaçant en glacière durant le mois d’août ; ou bien en faire des graines bisannuelles, en les maintenant à une température de 15° au-dessus de zéro durant les froids de l’hiver.

Postérieurement à la publication de ces expériences, un journal spécial recommandable, Y Industriel Serica, areven-

ANATOLIE

diqué pour l’Italie la priorité de ces observations, faites il y a dix ans par Géra, Crivelli et Terracchini.

Pour moi, le point obscur est de savoir, si cette vitalisation artificielle et prématurée de la graine, n’est pas de nature à nuire à l’avenir des races ainsi déviées des conditions naturelles.

ANATOLIE

L’Anatolie, pachalik de la Turquie d’Asie, est continentale par sa seule frontière est; la mer Noire, la mer de Marmara et l’Archipel baignent les autres fronts.

Elle se divise en dix-huit sandjakats, dont bonne partie sont séricicoles. Ceux de Brousse et de Smyrne sont particulièrement intéressants.

Presque ftous les habitants du pachalik de Brousse se livrent à l’éducation des vers à soie. Dans la ville même, vingt mille habitants sont occupés par cette industrie ou ses dérivés.

En 1841, Brousse exportait 375.000 kil. de soies de diverses natures, souvent assez fermes : trois ans plus tard, la première filature à vapeur était construite.

En 1852, seize grandes filatures et quelques petites, de huit à dix tours, produisaient 120,000 kil. de grèges perfectionnées ou améliorées.

STATISTIQUE

En 1857, cinquante-quatre usines produisent 168,000 okes de soie. Brousse en exportait 84,500, plus 95,000 kil. de cocons secs, et autant de grèges fermes Mestoup.

De 1856 à 1858, Brousse fournit à l’Europe, avec succès, ses diverses variétés de semences blanches.

En 1859, elle possède quatre-vingt-seize filatures, avec quatre mille deux cents bassines, qui produisent :

180,000 kil. grèges supérieures.

20,000 — usage du pays.

La production en cocons du pachalik est alors de 5,000,000 de kil. environ.

En 1863, Brousse exporte 100,000 kil. de cocons secs, et plus de deux mille balles de soie.

Mais la maladie prend de l’extension en Anatolie, elle y est née àDemerdesch, un des centres les plus perfectionnés.

Les belles races qui ont fait la réputation des grèges de Brousse, sans rivales pour certains emplois, tels que les Demerdesch (fig. 57), Montagnes d' Anatolie (fig. 87). Mehemet-E ffendi (fig. 86), Gheiwé (fig. 89), Angora (fig. 91), Brousse (fig. 53), Biledjick (fig. 90), Ghemleck (fig. 93), Lefkè (fig. 92), après des résistances variées disparaissent progressivement, pour faire place dans les filatures à des races blanches rouméliotes, ou à certaines variétés jaunes dont la résistance sera courte, telles : Smyrne (fig. 159). Aidin (fig. 131), Taurus (fig. 165), Magnésie (fig. 114).

• A dater de 1865, l’exportation de Brousse décline rapidement, ainsi que le montre le tableau ci-joint, et ne se

ANATOLIE

relève point encore, malgré que les semences Japon soient venues en aide à ses éducateurs.

2,075 balles 1,830 —

Ces chiffres, puisés à la douane de Constantinople, con- • cernent Brousse, Ghehvé et Biledjick.

La ville de Smyrne est pareillement le chef-lieu d’un centre d’assez grande production, pour laquelle d’ailleurs j’ai rencontré des chiffres si disparates que je m’abstiens d’en citer aucun.

En 1866, Smyrne possédait cinq importantes filatures, dont une de trois cents bassines, appartenant à des maisons françaises ou turques.

La culture prend un essor vigoureux dans la province de Smyrne en 1859, sous l’influence du grainage qui, malheureusement pour elle, découvre à Odemich, versant méridional du Tmolus,et à Cassaba, deux variétés assez remarquables de cocons jaunes (fig. 128 et 130).

En 1860, la production dés semences de l’Anatolie

s’élève à :

Odemich . 12,000 kil.

Cassaba . 8,000 —

Environs de Smyrne . 4,000 —

Taurus . 1,000 —

Environs d'Aïdin . 5,000 —

30,000 kil.

STATISTIQUE

Ce chiffre fatidique sera toujours (sauf pour le Japon) le signe certain de la ruine d’un pays.

Aussi ? dans mon Inventaire de 1860, n’hésitai-je nullement, en le citant, à déclarer l’Anatolie bien compromise.

En 1861, la surproduction l’avait ruinée, et le grainage ne lui demandait pas au delà de 3,000 kil.

En 1871,1a récolte très -réduite de la province de Smyrne comporte 1/4 de races indigènes, 1/4 de cocons Japon, 1/2 de croisements divers; et .sur les cinq filatures précédemment citées, une est détruite et deux sont converties en usines à égrener le coton.

La province d’Amasia, vers la mer Noire, produit, entre Sinope, Kerasoun, Tokat, Sivas, Kharpout, et Diarbekir, quelque chose comme 600,000 kil. de cocons blancs de qualité médiocre.

Le cocon d 'Amasia figure dans la collection du musée industriel sous le n° 133.

Le district de Satalia en Caramanie produit 40,000 kil., dont partie en beaux cocons analogues aux Belledis du Liban.

La collection du musée renferme, en outre, des types de Brousse blancs et jaunes sous les nos 360 et 361, à’ Angora sous les n°s 363 et 364, Kharpout , n° 365, Songourdjouk , ii° 366, Ismidt , n°359. Bigha , n° 362, et liait Im, n° 367.

ARCHIPEL

ARCHIPEL

J’embrasserai sons le nom d’ Archipel, indifféremment les îles grecques et turques qui produisent la soie, et dont les plus importantes sont Crète ou Candie et Chypre.

Candie , située vers l’ouverture de la mer Egée, est d’un climat assez variable, et récolte normalement environ 500,000 kil.de cocons, particulièrement dans les districts de Sitia, Selinon, Kissamos, et Apocorona. Ces cocons sont convertis en soies fermes à l’usage du pays, ou en soies fines à l’usage de France, dans quelques grandes usines dont deux à Candie, une à Halepa.

La production de grége était en 1842 de 20,000 kil. , et depuis lors jusques en 1856 a roulé entre 20 et 30,000 kil. ; en cette dernière année elle tomba à 15,000.

L’insurrection des populations chrétiennes contre l’autorité du sultan, réussit, de 1866 à 1869, à compléter l’œuvre de la maladie, et la paix trouva les populations sans ressources.

Néanmoins, à l’heure actuelle, l’amélioration est sensible, et la récolte de 1870 s’est relevée à 270,000 kil.

Une partie choisie des cocons de Crète passe à la fabrication de la graine, à destination de Syrie, qui la consomme largement, sous le nom d’Acrytis.

Les Acrytis sont représentés à la- fig. 51, et dans la

STATISTIQUE

collection du musée industriel, par les nos 373, 374 et 375; ils sont multicolores, jaune vif, blancs et verdâtres ; la race jaune est spécialement recherchée par les Syriens; ils en ont acheté environ 4,000 kil. en 1870.

L’île de Chypre , située entre l’Asie mineure et la Syrie, récoltait avant la maladie, 400 à 450,000 kil. de cocons, filés en soies grèges, généralement destinées à la France, qui, de 1847 à 1856, en reçut des quantités variant de 5,000 à 20,000 kil.

De 1863 à 1867, l’épidémie a presque totalement annulé la production cypriote ; elle s’est toutefois relevée en 1869 jusqu’à 66,000 kil.

Les principaux districts, par rang d’importance, sont BafFo, Garpasso, Maratassi et Famagouste.

Les filatures indigènes ne peuvent plus lutter aujourd’hui dans l’achat des cocons contre l’exportation, qui expédie plus de la moitié des récoltes sur la place de Marseille, et le reste à Beyrouth, à l’usage des filatures syriennes.

Une légère partie est convertie en graines, à l’usage du pays et de la Syrie.

Clvio ou Scio, est située au sud de Leshos. Elle récolte environ 275,000 à 300,000 kil. de cocons, dont, en 1856 et 1857, nous avons eu de beaux spécimens (fîg. 99). Ils n’ont pu réussir en France.

ARCHIPEL

La production moyenne de soies a été de 20,000 kil. de 1847 à 1856, dont la quantité presque totale était parfois destinée à la France. Il y a trois filatures dans l’île.

Les îles jumelles d ' Andros et de Tinos , récoltaient ensemble, en 1857, au delà de 300,000 kil. de cocons, dontles deux tiers étaient filés dans l’ile d’Andros, sur une filature fondée par un Français et passée aujourd’hui en mains turques.

Le cocon d 'Andros (fig. 64) est bien connu des industriels français, ayant été toujours largement représenté sur la place de Marseille aux débuts de la maladie. Depuis lors la production d’Andros a beaucoup souffert.

Metelin (ancienne Lesbos) récolte, lorsque tout va bien, de même que Rhodes , 30 à 40,000 kil. de cocons; cette dernière île, qui possède une usine de quatre-vingts bassines dirigée par un Français, Fa vue arrêtée faute de cocons depuis la maladie.

Samos est dans les mêmes conditions ; elle a destiné à nos éducateurs, en 1859, des semences produisant de gros cocons jaune orangé vif (fig. 164), d’une coque très-légère, et qui eurent un succès fort léger aussi.

STATISTIQUE

Ténédos nous a destiné, à la même époque, un cocon soufré et pointu (fig. 155), également pauvre en soie.

Syra , Z ea , Naxos , et Santorin , récoltaient ensemble, en 1857, environ 5,500 kil. de cocons, réduits en soie pour plus de moitié. La collection du musée industriel possède, sous le n° 87, un cocon de Si/ra.

Page 1