‹ Monographie du cocon de soieChapitre 52 sur 189 · LA PE B RI NE · texte numérisé non relu

LA PE B RI NE

suite cle l’altération des humeurs qui, d’ordinaire, en faci-

litent le glissement ; souvent le ver ne peut dépouiller cet épiderme qu’en partie et meurt étouffé, la sortie étant favorisée par une certaine rétraction du dit tissu.

Le ver malade ne peut adhérer à la feuille et l’abandonne à la moindre agitation.

Après la mue, les taches disparues avec la peau se reproduisent aux mêmes places ou ailleurs ; au quatrième âge, elles finissent par constituer de véritables plaies sèches raccornissant la peau avec dépression de la partie, ou, au contraire, créant une proéminence.

Les pattes, à cette heure, sont envahies par la même teinte bitumineuse; le disque, sur lequel sont implantés les ongles, et les ongles eux-mêmes sont totalement ou partiellement colorés et paralysés.

J’ai vu des vers, en ce moment hors d'état de se servir de cet organe, continuer néanmoins à manger en se tenant couchés sur le flanc comme un quadrupède malade, les pattes et fausses pattes contractées en dedans.

Toutefois l’inappétence se produit peu à peu ; si le ver essaye de monter à la bruyère, l’atrophie des pattes l’en empêche : il tombe, languit, rejette les matières contenues dans l’estomac, meurt et se dessèche sans putréfaction.

C’est un caractère spécial de la pébrine que ce dessèchement différent.

Lorsque les signes extérieurs de la maladie sont trèsprononcés, le réservoir de la soie se trouve considérablement diminué de volume, totalement ou partiellement tlé-

coloré, barré de bandes laiteuses opaques; tout y participe parfois, le tube sécréteur et le conduit capillaire.

Un seul des réservoirs est parfois altéré.

Si le degré de maladie du ver permet sa transformation en crysalide, celle-ci peut, à son tour, périr en cet état ou subir la métarmopliose ; en ce premier cas, la région de la tète ou des ailes prend la teinte bitumineuse caractéristique , et l’insecte a une insensibilité remarquable.

En cas de mort, la dessication de la crysalide a lieu sans putréfaction .

En cas de métamorphose, le papillon présente tous les caractères de l’bydropisie.

La faiblesse de l’insecte est telle qu’il ne peut parfois sortir de sa coque et y meurt emprisonné.

11 peut même périr sans briser sa frêle enveloppe de crysalide, et mourir à l’état, d’insecte parfait sous ce frêle lissu. Une ponte partielle peut avoir lieu dans cette coque.

Alors que l’insecte peut sortir de sa coque, le volume inusité de l’abdomen, particulièrement chez la femelle, plus sujette à l’infection que le mâle, est un indice certain de maladie, le cæcum est outre mesure gonflé d’un liquide anormalement coloré.

D’autre part, l’insecte se dénude de ses écailles.

Le sang présente une altération particulière. Il injecte fortement les pages des ailes, qui sont le plus souvent trèsgrèles, il transsude en gouttelettes jaunâtres, noircissant rapidement, et se desséchant sous forme de taches bitumi¬

neuses aussi .

Page 1