‹ Monographie du cocon de soieChapitre 97 sur 189 · ÉQUATEUR · texte numérisé non relu

ÉQUATEUR

La république de l’Équateur est située tout entière sous l’équateur, dont elle a pris le nom. Quito est sa capitale.

Les débuts de la sériciculture équatoriale peuvent se fixer en 1857. L’extrême difficulté des transports dans ce

AMERIQUE

pays poussant à la culture des produits précieux, et le climat d’ailleurs favorisant celle-ci, les plantations de mûriers s’y firent sur une assez grande échelle ; elles peuvent actuellement dépasser un million de pieds.

Dans l’Equateur, il doit se faire plusieurs récoltes successives, sous peine de renouvellement annuel de la graine à l’étranger, car les semences européennes deviennent vite polyvoltines sous ces latitudes.

Le premier envoi de semences de l’Equateur en France remonte à 1865, époque à laquelle la Commission des soies de Lyon en reçut également un lot.

Quelques semences du Chili, similaires, avaient été introduites l’année d’avant en Italie, et les unes comme les autres s'étaient montrées rebelles à V éclosion , à l’épaque ordinaire de celle-ci, donnant toutefois, de loin en loin, quelques vers pendant le courant de l’été.

Toutefois, la graine du Chili importée dans le Brescian avait fini par éclore parfaitement au printemps suivant. L’on espérait à Lyon qu’il en serait de même, sans trop se préoccuper d’ailleurs de la cause du phénomène.

• Je l’expliquai dans les termes suivants ( Inventaire 1866) :

« Je puis, grâce à l’obligeance de l’une des personnes qui ont reçu les graines dites indifféremment Quito ou Chili, porter une lumière complète sur cette question.

« Un Français de la Drôme, M. Eugène Chovin, se rendant à San-Vicente (Équateur), pour y faire de l’agriculture, y importe de la graine de vers a soie du Chili

qu’il estime saine. 11 fait en février 1864 une première éducation, suivie d’un grainage en mars.

« Cliovin divise 10 onces d’œufs qu’il retire de ce grainage en deux lots. 4 onces demeurent à San-Vicente, 6 onces sont envoyées dans une localité plus froide.

« Il se dispose, en août suivant, à faire une seconde récolte avec les œufs conservés à domicile, mais cette graine demeure sans succès à l’incubation jusques à fin octobre.

« En désespoir de cause, Chovin se rejette sur les 6 onces conservées à basse température ; celles-ci éclosent complètement en huit jours, et donnent en décembre une belle récolte.

« Eclairé par cette expérience , Cliovin envoie dans la même localité froide les quatre onces rebelles, les retire en fin février 1865, et obtient alors une éclosion fort régulière, et des cocons excellents qu’il fait grainer, etc. »

Malgré la précision de ces indications, les semences de b Amérique du Sud, qui furent vite considérées comme bis annuelles , ont porté la peine des conditions exceptionnelles dans lesquelles les plaçaient leur départ de latitudes chaudes et leur arrivée en Europe à l’époque (mars) ou les froids sont généralement finis.

La température moyenne de San-Vicente est d’environ 18° Réaumur à l’ombre.

Parmi les quelques milliers d’onces reçues, celles que l’on n’a pas gaspillées, et qui ont été élevées la seconde année. ont très-fréquemment péri par la flacherie.

AMERIQUE

L’élan primitif des sériciculteurs de l’Équateur, qui fut très-grand, est fortement ralenti par ces insuccès.

Le cocon de Y Équateur est représenté à la fig. 176 des planches, et par les nos 453 et 454, dans la collection du musée industriel de Lyon.

Page 1