‹ Monographie du Palais du commerce élevé à Lyon sous l'administration de Monsieur Vaïse, senateurChapitre 8 sur 11 · PIERRE DE SAINT-CYR DU GROS BANC · texte numérisé non relu

PIERRE DE SAINT-CYR DU GROS BANC

Poids d’un mètre cube . . 2,644 —

Résistance, le décimètre . j 4,000

Pour employer ces matériaux d’une manière judicieuse, leur degré de gélivité devait aussi être connu. La pierre de Cruas, la plus belle de toutes, est aussi la plus sensible aux froids, surtout quand elle n’a pas rendu entièrement son eau de carrière, ou qu’elle est en contact avec le terrain, soit en soubassement, soit en soutènement 9 il faut donc éviter avec soin de l’employer à ce dernier usage; il est même important que cette pierre reçoive au moins pendant trois mois la chaleur du soleil avant de pouvoir être employée sans danger dans les murs extérieurs.

La pierre de Tournus est à très-peu près dans les mêmes conditions.

La pierre de Sainte-Juste, qui n’est aucunement gélive, se corrompt facilement à l’humidité; très-poreuse, elle absorbe % de son poids d’eau ; elle noircit promptement et se couvre de

végétations moussues. Elle ne peut donc être employée dans les parties basses des édifices, ni dans les corniches des parties hautes, trop exposées aux intempéries de l’atmosphère.

Quant aux pierres de Villebois et de Crussol, il n’y a pas lieu de se préoccuper beaucoup de leur gélivité; une extraction tardive et des froids extraordinaires, précoces, combinés ensemble, peuvent seuls amener quelque accident. Si ces pierres sont de bonne qualité, la dureté des blocs est telle, qu’en fondation, et dans l’humidité la plus complète, ils ne peuvent, même à la longue, être altérés ou pénétrés. Complètement résistantes à l’humidité, les pierres de Villebois & de Crussol sont très-sensibles à l’action du feu; leur nature calcaire les fait promptement réduire en chaux.

Les détails des charges maxima, supportées par les diverses pierres au Palais du Commerce, peuvent être établis de la manière suivante, en calculant par un décimètre carré de base (1).

(1) Afin de se rendre facilement compte des chiffres qui vont suivre, il est important de rappeler que la résistance maximum d'une pierre étant connue, il est d'usage, par prudence, de ne la charger qu’au dixième de cette résistance, attendu les défauts et les manques de pierre possibles, les vices de pose, l'absence souvent complète de garniture et de fichage des joints, les fraudes de toutes sortes qui peuvent se commettre par la négligence, l'imprudence, l'inexpérience ou la mauvaise foi des ouvriers.

PALAIS DU COMMERCE DE LYON

La pierre de Sainte-Juste, au-dessus du soubassement en Villebois et en Cruas dans les angles des pavillons, est chargée de 47 f kilog. par décimètre carré de base.

Les trumeaux des façades latérales en même pierre sont chargés de 4^8 kilog. ; ceux des façades principales de 47 <j kilog.; tous ces poids sont au-dessous du dixième du poids d’écrasement.

Les pierres de retombées des arcades de la Bourse, au rez-de-chaussée, au-dessus des piliers en pierre de Cruas, dont la section ou base est de om,^8, supportent un poids total de 71,425 kos, soit par décimètre carré 1,279 kilog-» >d Peu Près le cinquième du poids d’écrasement, ce qui a été reconnu inadmissible ; aussi des colonnes de fonte ont été établies dans l’intérieur de la pierre de Sainte-Juste des arcades du rez-de-chaussée et du premier étage; elles reposent sur les chapiteaux des piliers des galeries, et montent jusqu’aux bases des piliers du deuxième étage en pierre de Tournus. Ces colonnes portent à elles seules le poids entier du premier et du deuxieme étage, ainsi que celui des charpentes et des toitures. Les retombées inférieures, étant déchargées, ne portent plus que les voussoirs et les balustrades du rez-de-chaussée, ce qui réduit leur charge à un dix-septième d’écrasement.

Les piliers en Crussol, sur les rues latérales, d’une section ou base de om,7o sont chargés de 104,919 kilog., soit, par décimètre carré, de 1,497 kilog., environ le trentième de leur poids d’écrasement.

La pierre de Cruas sur les façades sud et nord, dans les plus faibles sections, est chargée de 1,400 kilog. par décimètre carré, soit environ au seizième du poids d’écrasement.

Des charges proportionnelles existent dans toutes les parties de l’édifice, sur les pierres de Sainte- Juste et de Cruas; quant aux pierres de Villebois et de Saint-Cyr, leur résistance est telle quil n’a pas été utile de faire à ce sujet des calculs bien précis; elles ne sont généralement chargées qu’au soixantième de leur poids d’écrasement.

Le système de chauffage et de conduite d’eau, l’établissement des fosses et des paratonnerres, devaient présenter de grandes difficultés d’installation dans un monument de cette importance. Ces détails intéressent trop les constructeurs pour que nous n’en disions pas quelques mots avant de clore cette notice.

Deux vastes fosses sont établies dans les cours intérieures; elles sont munies d’appareils diviseurs qui permettent d’envoyer les parties liquides, mêlées aux eaux pluviales des toitures et aux eaux publiques, distribuées dans le Palais, dans des rameaux d’aqueducs conduisant aux grands égouts de la ville. Les matières, ainsi séparées de la partie liquide, sèchent, diminuent de volume et perdent presque entièrement leur odeur. Quant aux urines, leur mélangé avec les eaux pluviales et ménagères les rend inodores et fluentes; aussi, peut-on visiter, sans être incommodé ou sali, les fosses ou les rameaux d’aqueducs. On y entre de plain-pied par des corridors communiquant avec les caves du Palais.

Le système adopté pour les calorifères est le système dit a air chaud; ces calorifeies sont au nombre de cinq, placés dans les étages souterrains, et répartissant la chaleur, par des bouches de ventilation, dans toutes les parties de l’édifice.

Les conducteurs des paratonnerres, qui aboutissent aux puits également établis dans 1 étage souterrain, ont été, vu la nature des charpentes et des planchers qui sont en fer, mis en communication avec le pied de la plupart des fermes. La charpente, elle-même, sert ainsi de conducteui entre les points placés au faîte de l’édifice et les tiges conductrices inférieures.

Le Palais du Commerce possède cinq horloges, dont deux à l’extérieur, sur ses deux façades principales, et trois à l’intérieur : dans la salle de la Bourse, dans la Chambre de commet ce et dans le salon des Agents de change. Il eût été difficile d’obtenir dans cinq mouvements differents une

DETAILS DE CONSTRUCTION

parfaite régularité : on y a obvié, en établissant un mouvement unique, placé dans les combles et communiquant son impulsion aux cinq horloges par l’électricité. La sonnerie est placée, comme nous l’avons dit, dans le campanile de la façade méridionale.

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