CHAPITRE III
B o tani que
Flore de la commune de Thoré.
Les limites d'une commune sont bien restreintes comme limites d'une flore, et pourtant la commune de Thoré, presque tout entière circonscrite dans un bras du Loir, offre au botaniste d'abondantes richesses : les
bois de Rochambeau, une partie de ceux de la Saunerie, les bords de la rivière sont fertiles en plantes dont beaucoup ont le mérite de la rareté dans nos pays, et dont nous allons donner une rapide énumération.
Dans cette liste, nous suivons Tordre habituel des Flores de France: vu la synonymie embrouillée des noms botaniques, nous donnons, outre le nom que nous avons adopté pour chaque pituite, celui de son parrain. Les noms d'auteurs sont en abrégé, suivant l'usage. Nous avons quelquefois mis deux noms, parce qu'ils sont employés tous deux dans des flores importantes.
Dicoty lées '.
Ranunculus divaricatus, Sclir. — Dans le Loir à Vendôme, et probablement aussi dans le Loir à Thoré.
Hellsborus uirldis, L. — C3tte plante très-rare se trouve le long d'une haie, au commencement du bois de la Saunerie. En 1862 M. Nouel en a trouvé un pied entre le château de Rochambeau et Ghantereine.
Aquilegia vulgaris, L. — Très-commune dans l'avenue de Rochambeau.
Fumaria vaillantli, Lois. — Jardins de Rochambeau (Séglain).
Arabis sayiltuta, D. G. — Entre Rochambeau et Ghantereine.
1 Nous devons tous les renseignements botaniques qui suivent à M. Nouel, professeur au Lycée de Vendôme et conservateur du Musée. On sait que notre éminent naturaliste, joignant à ses nombreux travaux personnels ceux de MM. A. Rolland, E. Peltereau, Bruland, Arnault-Lutandu, Seglain, etc., s'occupe de réunir les matériaux d'une flore générale de l'arrondissement. Nous lui exprimons ici toute notre reconnaissance d'avoir bien voulu extraire de ses notes celles qui concernent le territoire de Thoré, et de nous permettre ainsi d'ajouter à notre travail sur cette commune un chapitre qui en augmente de beaucoup la valeur el L'intérêt.
Cardamine amara, L. — Rare, îlot du moulin de Varennes1.
Brassica cheiranthus , Vill. (Flore de Boreau) ; — Sinapis cheiranthus, Koch. (Flore de France de Gr. et G.), se trouve dans les sapins de Varennes.
Silène gallica, L. — Moissons entre Thoré et le Gué-du-Loir.
Linum tenuifolium, L. — Coteau entre Thoré et laSaunerie.
Althœa hirsuta, L. — Thoré (Séglain).
Cythisus laburnum, L. (Faux éhénier). — Naturalisé dans l'avenue de Rochambeau.
Colutea arborescens, L. — Naturalisé à Rochambeau (Séglain).
Coronilla emerus, L. — Naturalisé dans l'avenue de Rochambeau.
Anthyllis vulneraria, L. — Coteau entre Thoré et la Saunerie ; hauteurs entre Thoré et Rochambeau.
Hippocrepis comosa, L. — Hauteurs entre Thoré et Rochambeau.
Vicia lutea, L. — Moissons à Thoré; commune autour de Vendôme.
Lathyrus sphaericus, Retz. ; Lathyrus angulatus, L. ; Lathyrus nissolia, L. — Sapins de Varennes.
Orobus niger, L, — Coteau de Rochambeau. Cette plante est trèsrare dans le Vendomois : ce coteau et celui de Lavardin (grotte des Fées) sont les seuls endroits de l'arrondissement où on les rencontre.
Epilobium montanum, L. — Rochambeau.
Scdumelegans, Lej. — Hauteurs entre Thoré et Rochambeau, et sapins de Varennes.
Sanicula Europœa, L. — Bois de Rochambeau.
1 Bien que le moulin de Varennes et les sapins qni l'avoisinent ne lassent pas partie de la commune de Thoré, nous avons cru devoir, par exception, indiquer dans cette nomenclature les plantes rares qui s'y trouvent, parce que, pour les amateurs qui exploitent ordinairement ces contrées, Varennes ne forme avec Rochambeau qu'une seule région botanique.
MONOGRAPHIE DE TIIORE. 53
Pencedanam parisiense, D. G. ; Pencedanum gallicum, Latour in Boreau. (Synonymes.) — Champs sur la hauteur de Rochambeau (Séglain).
Anthriscus sylvestris, Hoffm. — Avenue de Rochambeau.
Adoxa moschatellina, L. — Avenue de Rochambeau, sur le coteau, vers l'entrée.
Rubia peregrina, L. — Avenue de Rochambeau, sur le coteau, (Citée dans le catalogue de Lefron, 1837.)
Globularia vulgaris, L. — Avenue de Rochambeau (catalogue Lefron), et coteau entre Thoré et la Saunerie.
Primula gmndiflom, Lam. — Rochambeau.
Primula variabilis, Goupil. — Avenue de Rochambeau. Cette plante rare se rencontre par pieds isolés au milieu des Primula grandiflora et offfcinalis, et la plupart des auteurs la considèrent comme une hybride de ces deux espèces. Cependant la flore des environs de Paris par Cosson et Germain (1862) ne la citent qu'à titre de variété du Primula grandiflora.
Vincetoxicum officinale, Mœnch. — Avenue de Rochambeau (seule localité connue où on la rencontre dans l'arrondissement).
? Gentiana cruciata, L. — Le catalogue de Lefron cite Lavardin et Rochambeau comme les seules localités possédant cette plante. On ne la trouve aujourd'hui qu'à Lavardin.
Menyantes trifoliata (trèfle d'eau), L. — Le Loir, vis-à-vis les grottes du Breuil.
Anchusa sempervirens , L. — Cette plante, qui ne vient spontanée en France que dans l'Ouest (Bretagne, etc.), est fréquemment cultivée dans les jardins, à Vendôme par exemple. Elle est naturalisée depuis longtemps dans le potager et aux environs du château de Rochambeau.
Verbascum nigrum, L. — Rochambeau (Séglain).
Linaria minor , Desf. — Coteau entre Thoré et la Saunerie.
Linaria striata, D. C. — Rochambeau.
? Linaria pelispriana, D. C. — A Varennes. Indiquée dans les anciens catalogues, mais qu'on n'a pas retrouvée depuis plusieurs années.
Digitalis purpurea, L. — Varennes.
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? Bigitalis lutea, L. — Rochambeau (Séglain); Lavardin (Nouel).
Orobanche crucnta, Bertol. — Rochambeau, dans les prairies.
Orobanchc cpithymum, D. C. — Séglain l'a rencontrée à Rochambeau.
Orobanche Teucrii, Schultz. — Rochambeau, sur la hauteur.
Calamintha officinalis, Mœnch. — Rochambeau, près le château (Séglain).
Teucrium montanum, L. — Rochambeau (catal. Lefron).
Teucriumchamœdrys, L. — Rochambeau.
Melittis Melissophyllum, L. — Rochambeau.
Galeobdolon luteum, Huds. — Avenue de Rochambeau.
Stachys alpina,L. — Entrée de l'avenue de Rochambeau.
Ajuga chamœpithys, Schreb. — Coteau entre Thoré et la Saunerie.
Chcnopodium bonus Henricus, L. — Thoré, près de l'église.
Daphne laureola, L. — Bois de la Saunerie.
Buxus sempervirens,L. — Rochambeau (catal. Lefron).
Euphorbia dulcis,L. — Rochambeau.
Euphorbia amydaloïdes, L. — La Saunerie.
Mercurialis perennis, L. — Très-abondant dans l'avenue de Rochambeau.
Qucrcus pubesccns, Wild. — Rochambeau.
Les bois de Rochambeau offrent une très-grande variété d'arbres plantés ou spontanés et particulièrement d'arbres exotiques.
Monocotylées.
Zanichellia repens, Bonningh. — (Boreau, il. du centre de la France) près du bourg de Thoré (Séglain).
Xaias major, Roth. — Dans le Loir, à Vendôme (catal. Lefron), probablement dans le Loir à Thoré.
Agraphisnutans, Link. — Avenue de Rochambeau.
Oniithogalum pyrenaïcum, L. — Avenue de Rochambeau. Boreau distingue dans la Flore du centre delà France deux espèces de
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cette plante: Yomithogalum sulfureum, Rom. et Sch., qui serait la nôtre et Yomithogalum pyrenaïcum, L., que nous n'aurions pas. Or Gr. et G. (El. de Fr.) prouvent que le sulfureum de Boreau est bien le pyrenaïcum de L.
Iris fœli<lissima,Ij. — Avenue de Rochambeau; bois de la Saunerie.
Tamus eommunis. — Avenue de Rochambeau.
Orch is s imia, Lam. — Avenue de Rochambeau.
Orcltis purpurea, Huds.; Orchis fusca, Jacq. (Synonymes). — Avenue de Rochambeau.
Ophrys muscifera, Huds.; Ophrys myodes, Jacq. (Synonymes) — Coteau de Thoré à laSauneric. (Arnault-Lutandu).
Oplirys aranifera, Huds. — Rochambeau.
Ophnjs araclmilcs, Reich. — M. E. Peltereau en a rencontré un pied dans l'avenue de Rochambeau en juin 1859. C'est la seule localité signalée dans l'arrondissement pour produire cette plante; encore y est-elle très-rare.
Ophrys api fera, Huds. — Avenue de R.ochàmbeau ; hauteurs entre Thoré et Rochambeau.
Epipactis lalifolia, AU. — Rochambeau.
Neottia ovata, Rich. — Rochambeau; la Saunerie.
Cyperus longits,h. — Le long du Loir, à Thoré. Aegilops ovata, L. — Coteau entre Thoré et la Baunerie (Arnault). CSette plante, très-abondante au Gué-du-Loir, est très-rare à Thoré.
Acotylédonées ou Cryptogames.
Les observations nous manquent sur la classe des Cryptogames. Les lichens et les champignons n'ont pas encore trouvé d'explorateurs dans nos contrées ; les mousses seules ont été bien étudiées par M. Arnault-Lutandu; nous donnons ci-jointe une liste des principaux types qu'il a rencontrés dans la commune de Thoré.