‹ Monographie universelle de l'Orpheon, societés chorales, harmonies, fanfares, avec documents inedits, recueillis par les representants de la France a l'etranger [par] Henri Marechal [et al.]Chapitre 1 sur 97 · PARIS LIBRAIRIE GH. DELAGRAVE · texte numérisé non relu

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15, Rt'B SOVtFLOT , 15

DE

L'histoire des Sociétés chorales ne peut commencer qu'à l'exemple de toutes les autres : vague et confuse aux origines, elle s'éclaire peu à peu en se rapprochant de nous, et ne devient précise qu'au moment où les générations qui l'ont vécue se donnent en quelque sorte la main.

Le chant individuel est aussi vieux que le monde; et le premier homme qui rencontra la joie sur sa route dut la saluer d'un chant.

Rechercher quel pouvait être ce chant, et même ceux qui lui succédèrent pendant des siècles, apparaît comme une besogne puérile qu'il faut abandonner à la patience naïve des curieux de loisirs !

A ce propos, un historien d'autrefois, Leragois (16..- 17..), qui eut la bizarre idée d'écrire VHistoire de France en vers (!), s'en tirait ingénument de la sorte :

Les Francs, pour premier roi, choisirent Pharamond; 11 règne sur ce prince un silence profond. Et de son successeur un voile épais et sombre Couvre les actions du secret de son ombre.

Voilà donc deux règnes résumés en quatre vers !

Sous sa forme plaisante, cette manière de procéder reste, cependant, à peu près la seule pratique. Aussi — au vers près — sera-t-elle suivie dans cette étude.

Le chant d'ensemble n'évolua longtemps que sur le solide terrain de l'unisson, inconsciemment redoublé à l'octave par les voix aiguës associées aux voix graves.

La plupart des savants musiciens qui se sont occupés de l'antiquité affirment qu'il en était ainsi aux plus beaux jours de la Grèce et de Rome. Quelques autres le nient et présument, au contraire, qu'en ces temps reculés le fameux chœur antique connaissait déjà quelques autres formules rudimentaires qui ne seraient alors que les ancêtres de la diaphonie ou organum, précédant ellemême l'apparition du déchant ou discant.

Gardons-nous d'entrer dans ces querelles, d'ailleurs étrangères au sujet traité ici, et renvoyons le lecteur qu'elles intéressent aux ouvrages de Goussemaker (1805- 1876), de Fétis (1784-1871), de Gevaert (1828-1908) et de quelques autres auteurs dont il est fait mention en un chapitre spécial.

Il y a lieu cependant de ne pas abandonner ces préambules sans signaler un curieux opuscule de F. de la Tombelle : Conférence sur la musique religieuse et le chant grégorien. L'auteur, très particulièrement compétent en la matière, nous a gardé le texte d'une étude publiée en 1898 à Périgueux [Imprimerie de la Dordogne) et lue publiquement à la suite de l'examen qu'il fit d'un fort curieux manuscrit du vm® siècle retrouvé à Montpellier.

En cette conférence, on découvre la source naturelle du chant d'ensemble dans le besoin qui, peu à peu, s'imposa à l'instinct des chanteurs de faire entendre les harmoniques du plain-chant. Ces harmoniques , si précises, si nettes dans le domaine instrumental, restèrent muettes assez longtemps, cependant, dans le domaine

vocal, puisqu'il fallait une oreille comme une organisation musicale particulièrement douées pour les dégager.

Des remarques faites en de pauvres églises de village, de nos jours encore, semblent éclairer les origines mêmes du chant d'ensemble. Au plain-chant interprété par les basses, les voix aiguës ne pouvaient pas toujours suivre le redoublement à l'octave qui les entraînait parfois au delà de leurs limites naturelles. L'octave devenant impraticable, la quinte se présentait d'elle-même; et l'on continuait ainsi, sans même soupçonner les foudres que tous les théoriciens devaient lancer plus tard sur la succession des quintes justes par mouvement direct!

Il est vrai que les théoriciens n'en défendent que deux; mais en ce temps-là on ne les comptait plus! Et plus près de nous, Rossini (1792-1868), au second acte de Guillaume Tell, en écrivait volontairement cinq de suite; ce qui devait apparaître comme Fabomination de la désolation aux Catel et aux Dourlen de l'époque; mais ce qui, en réalité, est d'un effet délicieux pour les simples auditeurs : c'est l'essentiel.

Cependant, ce principe de la quinte opposée par les voix aiguës h la note chantée par les voix graves avait cette curieuse conséquence que lorsque le plain-chant était interprété par les voix aiguës, les voix graves dégageaient, elles aussi, cette quinte, que leur registre naturel transportait à l'octave inférieure et transformait ainsi en quarte juste accompagnant le plain-chant noté!

Ici, en compagnie du redoutable triton, c'est bien le diabolus in musica qui surgit avec sa fourche et les cornes qu'il fait longues à tous les théoriciens !

Un moine contemporain déclare que ces formes musicales, qui font grincer les dents rien qu'en y songeant, sont d'une suavité divine ! Mais un autre contemporain apporte une appréciation opposée et fort plaisante du procédé. Il dit que l'effet de ces quartes et de ces quintes est très pénible, sans doute; mais que les fidèles viennent à l'église pour prier et se mortifier; que, dès lors, la souf-

france qu'ils éprouvent en entendant la musique religieuse ne peut qu'être agréable à Dieu et les aider à gagner le ciel ! On n'est pas plus accommodant; et, sans doute, pour être logique, cel ancêtre de Pangloss eût admis, sinon souhaité, qu'au lieu d'encens on brûlât dans le temple quelque substance infecte, afin de compléter la mortificatioB des assistants I

Quoi qu'il en soit, le chant d'ensemble ne tarda pas à apparaître peu après ces tâtonnements rudimentaires ; il prend un grand essor avec JosquinDesprez (1430-1531), Jannequin (1300-1560), — appelé aussi Clément et, de là, Clemens non papa, pour le distinguer de son immédiat contemporain le pape Clément VII, — Goudimel (1510- 1572), Roland de Lassus (1520-1593), Palestrina (1529- 1594], Allegri (1360-1632), Vittoria (1588-1670; et bien d'autres maîtres dont la nomenclature et l'étude n'ont pas leur place ici.

L'église était à la fois le prétexte et le terrain d'exécution de cette musique; mais, à côté des motets innombrables qu'elle inspira à des générations de musiciens, le chant d'ensemble avait encore sa place dans le palais des grands sous la forme de madrigaux, de chansons et même de compositions à plusieurs voix très développées, comme, par exemple, la fameuse Bataille de Marignan, le Chant des oiseaux, la Chanson de la guerre et de la chasse, la Louette (sic), le Rossignol de Jannequin (1500- 1360), ou les Chansons à plusieurs voix du Flamand Josquin Desprez, que quelques sociétés font entendre de nos jours encore à la plus grande satisfaction de l'auditoire.

Parallèlement à ce répertoire naissait et grandissait celui des Trouvères anî^ord, des Troubadours au Midi, des Minnesingers et des Meistersinger en Allemagne; mais avec ceux-là le chant reste individuel, et pour trouver le chant d'ensemble sous la forme Société chorale, il nous

faut arriver au xix* siècle, un peu selon la méthode abréviative déjà annoncée du bon Leragois, beaucoup parce que Thistoire réelle de ces sociétés ne commence que vers l'année 1833.

C'est à cette époque que Wilhem (1781 -1842) fonda les Ecoles populaires de chant en France, pépinières des Sociétés de Chant choral sans accompagnement, auxquelles il donna le nom d'ORPHÉON.

Un nom sonne bien ou mal à nos oreilles, selon l'objet qu'il représente. — A son avènement, vers 1830, ce mot « Orphéon « dut recueillir tous les suffrages ; on dut aussi troHver tout naturel — et cela l'était, en effet — de grouper des Sociétés de chanteurs sous le nom patronymique, et un peu fabuleux, du plus fameux poète-musicien de l'antiquité.

Le romantisme qui naissait ne nous avait pas encore « délivrés des Grecs et des Romains ». Wilhem avait déjà dépassé la cinquantaine et gardait, sans doute, des tendresses grandes pour le genre et l'art néo-grecs de sa jeunesse. Quoi qu'il en soit, le mot « Orphéon » était acceptable à tous les titres ; en tous cas, son succès rend inutile toute discussion à son sujet.

L'idée était heureuse ; outre son caractère pratique d'enseignement et de vulgarisation de la musique, elle porte en soi un principe moralisateur indéniable, en dépit des critiques parfois très justes qu'elle a soulevées et sur lesquelles cette étude reviendra plus loin.

Rechercher ce qu'est TOrphéon est donc entreprendre l'étude même de l'œuvre de Wilhem, et c'est par les Ecoles qu'il convient de l'aborder, au moins dans ses grandes lisrnes.

Pour jeter un coup d'œil d'ensemble sur cette œuvre féconde, le meilleur guide semble être une brochure de Johannès Weber (1820-1902), la Situation musicale et l'Instruction populaire en France, publiée en 1884 à Leipzig et Bruxelles chez Breitkopf et Hsertel (Paris, Durdilly). On y relève des dates qui marquent comme les étapes de ridée orphéonique appliquée aussi bien aux Ecoles qu'aux Sociétés chorales en dérivant.

1780. — Aucun enseignement populaire n'existe en France.

1815. — Le ministre Carnot ayant porté toute sa sollicitude sur les améliorations à introduire dans réducation donnée au peuple, au moyen des procédés du mode mutuel, reconnut qu'il était utile d'enseigner d'après cette méthode les éléments de la musique dans les Ecoles populaires. Il eut à ce sujet plusieurs conférences avec Choron (1172-1834); mais, les événements politiques ayant mis tout Q\ suspens, le généreux projet du ministre fut écarté.

(Abel Simon.)

1819. — Wilhem ouvre successivement différents cours ; les résultats en sont heureux : la Société pour l'instruction primaire élémentaire décide de s'occuper de l'enseignement musical; Béranger (1780-1857) propose Wilhem; l'essai réussit, et le professeur est nommé maître de chant à l'Ecole polytechnique.

1820. — Il est, en outre, nommé professeur titulaire des Ecoles de la Ville de Paris.

1829. — Une commission nommée sur la proposition du baron de Gérando (1772-1842) conclut à l'adoption de la méthode Wilhem pour les Ecoles de la Ville de Paris.

Dès cette année, Wilhem réunissait ses élèves des diverses Ecoles pour leur faire chanter des morceaux d'ensemble.

1830. — Le chant est enseigné dans neuf Ecoles communales; on propose de l'introduire en dix autres.

1833. — Inauguration des réunions mensuelles de I'Or-

PHÉON.

1834. — Deux cents Ecoles primaires de France sont dotées des tableaux de la méthode Wilhem.

1835. — Trente nouvelles Ecoles sont ouvertes à Paris, et leur professeur est nommé, par le Conseil municipal, Directeur inspecteur général de l'enseignement.

Ses professeurs assesseurs furent Paureaux, Lelyon, Foulon (1809- 1875) et Dreyfous.

A leur origine, les cours comptèrent un assez grand nombre d'élèves, parmi lesquels se distinguèrent bientôt Delafontaine, Goupy, Nicolas, Pény, Fouille, Lévy, Ricard, Hottin, Cantarel, Philipps, Gaubert, Kuhn, etc., etc., tous hommes qui, mettant à profit les esceK lentes leçons qui leur étaient prodiguées, ont si largement contribué, dans la suite, à l'implantation du Chant choral.

(Abel Simon.)

1836. — La connaissance du chant est obligatoire pour le brevet élémentaire des institutrices, non des instituteurs. Le brevet supérieur de capacité la rend obligatoire pour les deux groupes, avec un délai de trois ans. Ouverture des cours d'adultes.

1839. — L'Université adopte la méthode Wilhem. Les cours d'adultes reçoivent 570 élèves, qui se joignent aux Ecoles pour les réunions générales de I'Orphéon. Création de l'ORPnÉON militaire.

1842. — Mort de Wilhem; Hubert (1810-1878?), son élève, lui succède.

1843. — Le personnel du chant àeVOy-phéon de Pans && com-posàit d'un délégué général pour l'inspection de renseignement, Hubert, et de plusieurs répétiteurs ou professeurs qui, trois fois par semaine, donnaient une leçon d'une heure dans chaque Ecole. Sur la liste de ces artistes, tous ou presque tous élèves de W'ilhem, figurent les noms de quelques hommes qui furent, à bref délai, les fondateurs ou directeurs des premières Sociétés chorales indépendantes. Ces émules, dignes de leur maître, étaient, outre ceux déjà cités : Mouturat, Forestier, Divis, Blondeau, Guerrier, Sébastien et Alphonse Machard, Pickaërt, Sergent, Mayer, Zimmermann, Lebeau, et Mmes Tilmont et Touiller pour les jeunes filles. (Abel Simo.n.)

Création à Lyon d'un orphéon militaire et d'un cours choral en musique chiffrée par Emile Chevé (1804-1864).

1850. — L'œuvre semble décliner; les connaissances obligatoires imposées aux instituteurs et institutrices deviennent facultatives.

1832. — La Direction générale de l'enseignement et de VOrphéon est confiée à Gounod (1818-1893); Hubert reste inspecteur. Halévy (1799-1862) écrit une méthode nouvelle.

1833. — Cent cinquante-neuf localités de Seine-et-Marne possédaient un cours gratuit de chant pour les Ecoles communales, dont dix: antérieurs à 1852, trois datant de 18ii2, vingt et un de 1833, trente de 1834 et quatre-vingt-quinze de 1833. Sur ces divers cours, cent cinquante-cinq étaient faits par des instituteurs, et cinq par des artistes; ils étaient suivis par deux mille huit cent quatre-vingt-cinq élèves enfants. Soixante de ces cours avaient des sections ou Orphéons d'adultes auxquels il convient d'ajouter sept cours du soir constitués aussi en Sociétés orphéoniques et spéciaux aux adultes; leurs chefs étaient des professeurs artistes. Les élèves adultes s'élevaient au nombre de neuf cent quatre-vingt-cinq.

1856. — J. Simon ( -1868) eut l'idée de mettre au concours, entre les instituteurs de France, un mémoire traitant des deux points suivants : 1° Quelle peut être l'influence du chant choral et de la musique sur les populations rurales? 2° Qîiels sont les meilleurs moyens d'en favoriser la propaç/ation? Le prix offert consistait en une médaille d'argent et une somme de deux cents francs.

Quantité de manuscrits très minutieusement élaborés parvinrent.

Une commission d'examen formée de Delsarte, président; Félicien David, Delaporte, Elwart, Antony Béraud, l'abbé Clergeau, L. de Rillé, Giuseppe Danièle, F.-J. Simon, Vauthier d'Halluvin et Camille de Vos, membres, fut chargée de les compulser.

(Abel Simon.)

A ces questions, éternellement posées, Tannée 1856 ne semble pas avoir répondu dune manière définitive, puisque, depuis lors, l'enquête s'est constamment renouvelée. Les faits acquis sont heureusement plus significatifs.

1861. — Les deux séances annuelles de VOi'phêon municipal marquèrent, cette année, par une recrudescence de vigueur et de succès. Environ deux mille élèves des Ecoles parisiennes, enfants et adultes, y prirent part, dans l'arène du Cirque Napoléon, sous la direction de leurs deux chefs : Pasdeloup et F. Bazin, et sous la présidence de PaulFoucher, devant une assistance officielle très nombreuse. (Abel Simon.)

1863. — Gounod ayant donné sa démission, Bazin (1816- 1878) devint directeur pour la rive gauche, et Pasdeloup (1819-1887) pour la rive droite.

Sur l'initiative de F. Bazin, directeur d'une partie de VOrphéon municipal , on institue des séries de concours entre les Ecoles les plus remarquables ; ces concours fonctionnent encore.

1864. — Il faut signaler parmi les succès de cette année :

Les deux séances annuelles de VOrphéon municipal de la Ville de Paris. Douze cents exécutants, choisis parmi les élèves des cours d'adultes et des Ecoles de Paris, y participèrent. Ou y entendit pour la première fois le chœur les Traîneaux d'Ambr. Thomas (1811-1896).

(Abel Smox.)

1865. — L'enseignement du chant redevient obligatoire dans les Lycées et les Ecoles normales : cinq heures par semaine lui sont consacrées.

1867. — Une nouvelle loi reste muette à l'égard de l'enseignement du chant. Peu à peu la méthode Wilhem est abandonnée.

1871. — VOrphéon de Paris forme encore deux groupes : l'un pour la rive droite, l'autre pour la rive gauche. Des auditions publiques ont lieu annuellement au Cirque d'été — situé alors aux Champs-Elysées et aujourd'hui

disparu — pour chaque groupe et séparément. — On y chantait des chœurs d'ensemble étudiés au cours de Tannée scolaire.

1873. — Les deux directions sont réunies en une seule : F. Bazin, titulaire, assisté de deux inspecteurs chargés de tout le détail administratif aussi bien que de la surveillance de l'enseignement proprement dit.

1878. — Mort de F. Bazin. A son titre de « Directeur » se substitue celui d' « Inspecteur principal ». — Nouvelle organisation du service, divisé en trois circonscriptions, réduites à deux aujourd'hui, après divers arrêtés préfectoraux. Chacun des deux inspecteurs est chargé de la surveillance de 10 arrondissements, afin de laisser à l'inspecteur principal une plus grande indépendance à l'égard de l'administration générale.

1879. — Fonctionnement du nouveau service, avec un Inspecteur principal de renseignement du chant dans les Ecoles delà Ville de Paris (Danhauser, 1835-1896) et deux inspecteurs (V. Sieg, 1837-1899, Paureau). Emile Pessard occupa quelque temps ces fonctions. La Ville possède plus de 400 Ecoles. Chacune d'elles est divisée en cinq classes. Outre les leçons données par l'instituteur, les élèves reçoivent d'un professeur spécial un enseignement d'une ou deux heures par semaine, selon le degré du classement.

1894. — Nomination comme Inspecteur principal de renseignement du chant dans les Ecoles de la Ville de Paris de A. Chapuis, professeur au Conservatoire.

1895. — Nomination comme Inspecteur divisionnaire de De Martini, professeur au Conservatoire.

1899. — Nomination comme Inspecteur divisionnaire de Drouin, premier prix du Conservatoire et professeur d'harmonie.

Débuts de VOrphéon municipal, seul titre accepté par le conseil municipal pour les Ecoles de la Ville de Paris. Reconstitué sur l'initiative de A. Chapuis et avec l'appui de M. Bedorez, directeur de l'enseignement primaire à l'Hôtel de ville. .

En conséquence, depuis cette date, des auditions publiques ont lieu chaque année en juin ou juillet au Cirque d'hiver ou au Trocadéro. Elles réunissent environ 1,500 exécutants, garçons, filles et adultes des deux sexes. Cet important groupement se fait entendre, en outre, dans certaines cérémonies officielles : c'est ainsi qu'il prêta son concours à la fête du Triomphe de la République (1899), à l'occasion de l'Exposition universelle (1900), à la célébration dn Centenaire de Victor Bugo (1902). Ces auditions constituent de véritables solennités et sont particulièrement goûtées du public, qui s'y rend en foule.

1904. — Création des classes du soir pour les adultes : 21 pour les hommes, 11 pour les femmes.

Création de YEcole de Chant choral, subventionnée par l'Etat et la Ville de Paris, placée sous le haut patronage de M. le sous-secrétaire d'Etat des Beaux-Arts. — Siège social, palais du Trocadéro. Président d'honneur : M. Henry Marcel, administrateur de la Bibliothèque nationale; Président : M. Jean d'Estournelles de Constant, chef du Bureau des Théâtres au sous-secrétariat des Beaux-Arts; Inspecteur de l'enseignement : M. André Gedalge, professeur au Conservatoire; Directeur: M. Henri Badiguer.

VEcoiede Chant choral a pour but :

De rendre la culture musicale accessible à ceux qui, pour un motif quelconque, ne peuvent satisfaire leur goût artistique;

D'offrir à ceux qui ont étudié la musique le moyen de développer utilement les connaissances acquises ;

De permettre l'audition fréquente des œuvres musicales avec chœurs.

L'enseignement est gratuit. II comprend le solfège et le chant.

Les élèves reçoivent une instruction solide et complète, donnée par des maîtres expérimentés et soigneusement recrutés.

Les cours sont organisés par sections.

Dans chaque section, des cours spéciaux sont réservés aux hommes, aux femmes, aux enfants; les élèves ne sont réunis que pour les répétitions d'ensemble et les exécutions.

Les élèves sont admis après un examen portant à la fois sur les aptitudes vocales et les connaissances musicales; l'ignorance absolue de la musique n'est pas un empêchement à l'admission.

Pour sauvegarder l'intérêt de tous et assurer le fonctionnement très régulier de l'Ecole, les élèves prennent l'engagement de suivre les cours avec assiduité et d'observer une stricte discipline. L'inobservation réitérée de cet engagement est une cause d'exclusion.

En échange de renseignement reçu, les élèves prêtent leur concours à des exécutions populaires de grandes œuvres consacrées, ou dues aux compositeurs contemporains.

L'Ecole de Chant choral apportera une aide précieuse à tous les compositeurs et suscitera parmi eux l'éclosion d'œuvres nouvelles, où les chœurs auront une large part.

Les adhérents de l'Ecole fout donc acte de solidarité artistique et préparent à la musique française un appui vigoureux qui lui manquait jusqu'ici; ils doivent être pénétrés de cette idée très haute, qui rendra facile à tous le travail assidu et consciencieux.

Un orchestre d'instruments à vent, Vllarmonie des anciens musiciens de l'armée, complète l'organisation de VEcole de Chant choral.

Les exécutants de l'Harmonie sont appelés à s'unir aux élèves de l'Ecole dans des festivals populaires'.

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