‹ Monographie universelle de l'Orpheon, societés chorales, harmonies, fanfares, avec documents inedits, recueillis par les representants de la France a l'etranger [par] Henri Marechal [et al.]Chapitre 38 sur 97 · VILLES LIBRES · texte numérisé non relu

VILLES LIBRES

Communication officielle :

Brème. — Il existe à Brème 50 sociétés chorales.

Parmi les plus importantes figurent : le Chœur philharmonique (400 membres), le Lehrer Gesangverein, Société chorale des professeurs et instituteurs (200 membres).

Le répertoire comprend la musique classique et moderne, les opéras, les oratorios, les œuvres chorales, la musique d'agrément.

Les compositeurs les plus fréquemmeut interprétés sont, parmi les classiques : Bach, Beethoven, Mozart, Weber, Berlioz, Brahms, Wagner; parmi les modernes : Richard Strauss, Schillings, Dvorak, Bizet, Tschaïkowsky.

M. K. Panzuer dirige la Société chorale des instituteurs.

Hambourg. — Hambourg compte 32 sociétés chorales. Les plus importantes sont les suivantes :

Die Sinr/er Akademie {Académie de chant), comprenant environ 250 exécutants.

Cscilienverein {Y Association de Sainte-Cécile), comprenant environ 200 exécutants.

Les compositeurs les plus fréquemment interprétés sont : J.-S.

Bach, Haendel, Haydn, Mozart, Beethoven, Schubert, Schumann, Brahms, Berlioz, Saint-Saëns, R. Wagner, Tchaïkowsky, Richard Strauss.

Les chœurs qu'on adjoint à l'orchestre philharmonique, quand il y a lieu, sout des chœurs d'amateurs recrutés spécialement pour la circonstance. A Hambourg c'est, parait-il, très facile, et on obtient de bons résultats.

Une excellente société chorale, la Sing Akademie, fondée en 1819, donne deux concerts par an sous la direction de M. Richard Barth, et en plus, le mardi soir de la semaine sainte, la Passion selon saint Mathieu, de J.-S. Bach, audition qui a lieu dans la vaste salle Sarjebiel, contenant 3,000 personnes.

11 y a encore à Hambourg d'autres sociétés chorales importantes, parmi lesquelles la Sainte-Cécile, dirigée par M. Spengel, deus sociétés de quatuors, celle de M. Kopecky et celle de M. Bandler, et plusieurs associations musicales philanthropiques, celle des compositeurs, la société Franz Liszt et la société Ainicitia et Fidelitas.

Lubeck. — Sing Akademie. M. Spengel, de Hambourg, dirige ses 3 concerts annuels. Elle vient de donner la Passion selon saint Jean, de Bach. (Eug. d'HARCOURT.)

"WURTEMBERG (Royaume de).

Communication officielle :

n existe une société chorale dans chaque village du Wurtemberg, soit environ 2,000 pour le royaume. Deux pour cent environ de ces sociétés ont un répertoire un peu varié. Les autres s'en tiennent aux Lieder populaires et aux chants religieux. Le fonds du répertoire de chant est exclusivement allemand.

Les principales sociétés chorales sont :

Le Schwùbischer Siingerbund à Esslingen.

Le Stuttgarter Siingerbund à Stuttgart.

Le Siinger Club de Stuttgart et Heslach.

Le Sàngerkreis, le Gesangverein et le Siingerbund de Stuttgart.

Ne quittons pas l'Allemagne sans rappeler cette anecdote :

11 est peu connu que les orphéons allemands doivent leur fondation à l'armée russe.

En 1807, la cour de Berlin avait été obligée par l'armée de Napoléon l'ir de se réfugier à Memel, petite ville située tout près de la frontière russe.

ANGLETERRE 101

Un jour, le roi Frédéric-Guillaume II, au cours d'une excursion au village de Tauerlauken, regardait les exercices d'un bataillon russe de l'autre côté de la frontière. A un moment donné, le bataillon se mit en marche et entonna un chant, selon l'habitude des soldats russes, qui existe encore de nos jours. Le roi écouta attentivement et fut frappé de l'effet produit par ces centaines de voix d'hommes qui chantaient juste et en mesure. Immédiatement, il exprima son intention d'introduire cet usage dans son armée et demanda à un membre influent de la célèbre Singakademie de Berlin si on ne pourrait aussi faire une tentative analogue du côté du peuple de Berlin.

Le compositeur Zelter, grand ami de Goethe et directeur de la Singakademie, fut d'abord opposé à l'idée; mais Gœthe l'ayant, au contraire, approuvée, Zelter put réunir, en janvier 1809, vingt-quatre voix d'hommes et donna à la nouvelle société ce nom de Liedertafel qui devint si populaire par la suite. Ce fut le premier otyhéon allemand, et la popularité de ce genre de production musicale devint bientôt énorme. En 1813, Leipzig fonda une autreLi'eiier^a/ei, et bientôt toutes les grandes villes d'Allemagne possédèrent cette nouvelle institution musicale. En 1833 eut lieu à Francfort le premier grand concours orphéonique , et à partir de 1856 , les orphéons devinrent une des institutions les plus florissantes de l'Allemagne.

ANGLETERRE

C'est encore au rapport très étudié de M. Giuseppe Franchi-Verney, déjà cité au sujet du chant choral dans les Ecoles d'Angleterre, que sont empruntés les quelques renseignements qui se rattachent aux sociétés chorales.

Celles-ci sont mixtes, et aux voix d'hommes et de femmes joignent encore des voix d'enfants; elles sont très nombreuses en Angleterre et reçoivent chacune des centaines de sociétaires; les règlements y sont rigoureusement observés, et tout manquant à une répétition sans excuse très valable est considéré comme démissionnaire et mis à la suite des aspirants sociétaires.

Les exécutions, grâce à cette discipline indispensable aux résultats sérieux, sont d'ailleurs universellement réputées.

Parmi les plus remarquables de ces sociétés, — en ce qui concerne Londres, — M. Franchi-Verney cite surtout

Royal choral Society, dirigée par le professeur I. -F. Bridge et qui se fait entendre à l'Albert Hall; la Queen's Hall Society, dirigée par le professeur Randegger; de nombreux chœurs d'enfants dans les synagogues et les temples; The Bach Choir, dirigé par le professeur Stanford et dont les réunions ont lieu dans la vaste salle du Kensington Muséum; The Madrigal Society, dirigée par le maestro Lionello Benson.

A quelques détails près , ces belles sociétés peuvent être considérées |comme les initiatrices de toutes celles qu'on rencontre dans les principaux centres du Rovaume- Uni.

Dans un article publié par le Journal, 30 juillet 1903, Laurent de Rillé cite, « parmi les plus belles sociétés chorales du monde », VOrphéon de CardifT et celui de Manchester.

AUTRICHE -HONGRIE

Communication ofTicielle :

Il y a à Vienne 266 sociétés chorales. Parmi les plus importantes, il faut citer le Wiener Mânner Gesang Verein, comportant 300 exécutants; le Schubert Bund, ayant également 300 exécutants; VEisenbahn Beamter Gesang Verein, avec 200 exécutants; et le Wiener Kaufmânnischer Gesangverein, avec 100 exécutants.

Les autres sociétés chorales ne comportent pas plus de 30 à 50 exécutants.

Tous ces renseignements ne concernent que la ville de Vienne. Pour les autres villes d'Autriche, consulter l'Annuaire des sociétés musicales autrichiennes, contenant une grande quantité de renseignements à leur sujet. En voici le titre : Musik Buch aus Œsterreich, par Richard Heubenger. Le prix de l'ouvrage est de 4 couronnes 50, soit environ 4 francs 73.

Il faut signaler encore en Autriche-Hongrie la Société chorale des Instituteurs tchèques, qui se fît entendre à Paris en avril 1908. Ce remarquable groupement d'une cinquantaine de voix attira une fouie nombreuse en trois

BELGIQUE 103

séances données au Trocadéro, au théâtre du Châtelet et au théâtre Sarah-Bernhardt.

A cette dernière, 9 chœurs furent chantés ^ja?- cœur avec un incomparable ensemble, un délicieux fondu des voix, sous la direction de M. Ferdinand Vach.

A titre de renseignement, voici le programme qui fut exécuté, au milieu des bis et des applaudissements nourris d'un auditoire enthousiaste :

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