‹ Monographie universelle de l'Orpheon, societés chorales, harmonies, fanfares, avec documents inedits, recueillis par les representants de la France a l'etranger [par] Henri Marechal [et al.]Chapitre 73 sur 97 · REPUBLIQUE DU NICARAGUA · texte numérisé non relu

REPUBLIQUE DU NICARAGUA

Communication officielle :

On compte huit musiques dans la République du Nicaragua.

La Bande des Suprêmes Pouvoirs, composée de 80 exécutants sous la direction de M.VL Francisco-Javier Molière et Florcncio Castro;

La Bande de Léon, 22 musiciens dirigés par MM. Gregorio Vargas et Jean Rosalès ; celle de V Hôpital des orphelins, dirigée par les frères de la Doctrine chrétienne ;

Celle de Masaya, ^0 musiciens dirigés par MM. Herman et Léonidas Zimiga.

Les autres sociétés se trouvent à Granada, Jlatalapa, Ocotal, Chinadega, Coriuto.

Les œuvres les plus connues sont les compositions des auteurs suivants : Verdi, Rossini, Donizetti, Mascagni, Suppé, A. Thomas, Meyerbeer, Mozart, Beethoven, Wagner.

Communication officielle :

En dehors des musiques militaires, le Pérou possède des harmonies. L'une est la Musique des pompiers de la compagnie nationale Lima. L'autre est une réunion d'instrumentistes payés et dirigés par un

chef, lequel a l'entreprise des concerts publics et privés de la ville de Lima.

Ces deux harmonies comptent chacune une trentaine d'exécutants.

Les compositeurs les plus interprétés sont Italiens, Français et Allemands : Donizetti, Verdi, Pucciui, Mascagni, Gounod, Massenet, A. Thomas, Bizet, Wagner, Mendelssohn, Meyerbeer.

Il est à remarquer qu'au Pérou les musiques militaires sont presque exclusivement composées de nègres, qui jouent pendant des heures sans se fatiguer. Du reste, la grande facilité qu'ont les gens de race noire pour apprendre la musique fait que ces musiciens arrivent à des résultats très appréciables, comme dans la. musique du régiment d'artillerie. Ils prennent^beaucoup de goût à l'étude et sont très fiers de leur talent.

Il faut compter, soit à Lima, soit dans les villes, villages et exploitations agricoles de la province, une foule d'instrumentistes qui se réunissent de temps à autre aux jours de grandes fêtes religieuses; mais il n'y a aucune société de formée. Ils se réunissent, au hasard du moment, pour aller souvent d'une riche demeure aune autre demander de l'argent, soit pour eux, soit pour un but religieux quelconque. Mais ces gens-là ne font pas de musique ; beaucoup d'entre eux jouent sans savoir déchiifrer et seulement eu apprenant, à l'oreille, quelques mélopées du pays : yaravies ou chants guerriers, qui, habituellement, se transmettent par tradition de génération à génération.

PERSE

Il y a 60 musiques militaires (harmonies).

La plupart des musiques des régiments d'infanterie ont de 40 à 50 exécutants. La musique particulière du Schah a 120 exécutants, dont 30 en congé à tour de rôle.

La musique des cosaques, qui est la meilleure, a 60 exécutants. Celle d'Ettézadieh, un peu inférieure à. celle des cosaques, mais supérieure aux autres, a 60 exécutants, dont 45 forment l'orchestre symphonique particulier du Schah.

Les 6 musiques de l'artillerie de Chérestanek, d'Alengueh, de Nosserett, de Hémirieh et deMuzzoiferieh, qui sont toujours en garnison à Téhéran, ont chacune 60 exécutants. Les deux fanfares à cheval ont chacune 24 exécutants.

Toutes les musiques militaires, moins deux qui ont été organisées en 1860 par Bousquet, ont été organisées et instruites par le soussigné (Lemaire), sur le modèle des musiques militaires de Frauce, et n'ont que des instruments français de la fabrique Couesnon et C'^, de Paris.

Le répertoire des musiques qui sont toujours en garnison à Téhéran est composé de la même manière que celui de nos musiques d'infanterie de France, avec additions de morceaux persans, turcs et arabes. Le répertoire des musiques d"infanterie qui sont en province et qui ne viennent qu'a tour de rôle une année en garnison à Téhéran est le même que celui des musiques de Téhéran, moins les morceaux d'opéras, ouvertures et autres morceaux difficiles à exécuter. Les compositeurs les plus fréquemment interprétés sont, pour les morceaux d'opéras, Gounod, Verdi, Bizet, et en général les compositeurs français et italiens. La musique des cosaques interprète souvent outre les œuvres des compositeurs français et italiens, les œuvres de\yagner, Rimsky-Korsakow, Tchaïkowsky, Ruhiustein; mais "Wat^ner n'est goûté que par quelques Européens, et certaines mélodie^russes plaisent aux Persans. Les œuvres d'Offeubach, de Lecocq et en général les opérettes françaises leur plaisent aussi. Le répertoire des marches militaires, valses, polkas, petits morceaux de 'T-enre, est français et autrichien; mais le répertoire autrichien, pour fes valses et les marches principalement, plaît davantage aux Persans. Cela lient à ce que ceux-ci, dont l'oreille est rebelle à nos mélodies européennes, parce qu'ils sont habitués dès l'enfance à entendre leur musique, qui est homophone et qui a une gamme bien différente de la nôtre (la gamme arabe), ne goûtent pas les mélodies européennes, qui leur paraissent fausses (comme les leurs du reste nous paraissent fausses) et qu'ils saisissent difficilement, à cause de l'harmonie qui les accompagne, préférant les mélodies des marches et des valses autrichiennes, d'un rythme entraînant, et qui, ne se confondant pas trop avec l'accompagnement, s'entendent plus distinctement et sont plus saisissables pour une oreille habituée à la musique orientale et homophone, que les mélodies chargées d'accompagnement et d'un rythme moins caracLéristique. J'ai fait la même remarque pour les morceaux d'opéras des auteurs français et italiens cités plus haut.

(D'après lettre manuscrite de Lemairb, chef des musiques du Schah de Perse.)

Il n'y a A'école de musique que celle qui a été créée par M. Lemaire au collège impérial de Téhéran; il dirige cette école et y est le seul pour professer le solfège, tous les instruments à vent et à cordes, le piano, l'harmonie et l'orchestration. Les élèves apprennent d'abord le solfège et ensuite sont habitués à jouer de tous les instruments à vent et du piano; les plus capables suivent les cours d'harmonie et d'orchestration. C'est parmi les élèves de ce petit conservatoire que sont recrutés les officiers des 60 musiques militaires. L'instruction des musiciens se donne au terrain de manœuvres, en plein air; là sont réunies toutes les musiqices de la garnison de Téhéran.

Les noms des notes sont appris en français ainsi que les termes de musique tels que dièse, bémol, gamme, etc., qui ne peuvent être bien traduits en persan. La meilleure musique militaire de Perse n'est que de la force d'une musique ordinaire d'infanterie de France, les musiciens persans travaillant peu et par force, ayant l'oreille rebelle à la musique européenne, et surtout parce qu'il n'y a qu'un seul instructeur pour un si grand nombre de musiques.

PORTUGAL

Communication officielle :

Le nombre des sociétés instrumentales dans le royaume est très considérable.

A Lisbonne on compte 29 harmonies ; les plus réputées de ces harmonies sont celles des Allumnos de Apollo, de II de março, de â4 de Agosto, de Guilherme cossul.

Chaque ville possède une ou plusieurs harmonies.

L'opéra italien constitue le fonds du répertoire des harmonies 'çovtugaises; on y ajoute quelques opérettes espagnoles, zarzuelas. Sous le nom de « rapsodies », sont également exécutés des « pots-pourris » composés d'airs populaires, principalement de fados, mélodies d'un rythme spécial qui ne manquent pas de charme et que les Portugais chantent en s'accompagnant de la guitare.

SERBIE

Communication officielle de la Légation de France en Serbie :

Il n'y a pas en Serbie, en dehors des 14 musiques militaires, d'harmonies analogues à celles qui existent en France.

L'harmonie la plus importante est la Musique de la garde royale, avec 52 exécutants. Parmi les autres musiques militaires il y en a 7 qui ont chacune 32 exécutants, et 6 qui n'en possèdent que 22.

La Musique de la garde royale, combinée avec l'orchestre du Théâtre national à Belgrade, donne aussi des concerts symphoniques. Le programme de ces concerts est composé ordinairement d'œuvres symphoniques classiques. La Danse macabre de Saint-Saëns, Peer Gynt de Greeg et les compositions du même genre entrent le plus fréquemment dans le programme de ces concerts.

Les autres musiques militaires jouent des marches, des danses nationales serbes, des valses, des polkas, des sélections sur différents opéras et opérettes. Leur répertoire contient les noms de Bellini, Léo Delibes, Donizetti, Gounod, Jlilleker, J. Strauss, Suppé, Verdict les autres noms qui figurent habituellement au répertoire de toutes les musiques militaires.

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