partie condyloîde
U résulte de cet aperçu , que dans les petits piquans , la partie rondyloïde est relativement plus développée que dans les grands, Les jeunes piquans sont en général grêles ; les grands , au contraire , et ceux de taille moyenne sont proportionnellement plus gros.
La forme des baguettes est cylindrique ou plutôt conique ; elles atteignent leur maximum de largeur près de la tète , et se terminent à leur extrémité par une pointe qui parait émoussée à l'œil nu , au moins dans les exemplaires de grande et de moyenne taille (Tab. 111, fig. 28), mais qui sous le microscope présente une forme arrondie (Tab. III, fig. 25 et 39). Une quantité de plis recouvrent le piquant dans toute sa longueur (Tab. III, fig. 25, 28, 29 et 39) et sont séparés par autant de sillons. J’ai souvent trouvé ces plis au nombre de 25, nombre qui me parait être le plus régulier; dans d'autres, j’en comptai 20, 21, 18, et parfois aussi seulement 12 ou 15. Le meilleur moyen de déterminer le nombre de ces plis est de prendre un piquant intact , de faire avec la pointe d'un couteau une incision sur l'un des plis , que Ton prend pour point de départ, et de tourner le piquant sur son axe en l'examinant à la loupe. De cette manière, tous les plis arrivent successivement dans le champ de la loupe et se laissent très-facilement compter. Nous verrons plus bas, en traitant de la structure des piquans, qu'un moyen plus sûr encore , c’est de prendre pour guide les coupes transversales, en les examinant au microscope.
La baguette du piquant est toujours pimentée, sa couleur est brune dans l’£. Uadui , et d'un bleu brunâtre passant au violet dans 17-. brcrispinosus. La pointe est plus claire.
La collerette se présente extérieurement sous la forme d'un renflement de la partie inférieure de la baguette. Les sillons longitudinaux s'y continuent, mais en déviant horizontalement, de manière à former autant de divisions fort distinctes. Chacune de ces divisions se termine isolément et donne ainsi lieu i un petit renflement intermédiaire. C'est ce qui lait que, môme à l'œil nu, mais surtout lorsqu’on vient à l'examiner à la loupe, l’anneau de la collerette se présente sous la forme d une rosette d'autant plus distincte que le grossissement est plus fort (Tab.III , fig. 35). La plupart des renflemens de la rosette ont à leur face supérieure uue dépression plus ou moins marquée , dépression qui n'est cependant pas également sensible sur tous les renflemens d’un même piquant. De leur face inférieure naît nue arête qui w dirige obliquement eu bas vers le condyle.
Le condyle sc distingue par sa teinte blanche ou d'un blanc verdâtre. Il n'est jamais pimenté comme la baguette ou la collerette , parce que la peau externe ne le revêt plus ; sa forme est cylindrique et légèrement rétrécie vers le bas ; son bord supérieur est en contact avec les stries venant du bord inférieur de la collerette ; sa lace articulaire montre une dépression centrale ( Tab. III, Gg. 36 b) , qui est entourée d'un bord circulaire renflé.
Pour bien connaître la structure intime des piquons, il importe en premier lieu d’en (aire des coupes minces eide les examiner ainsi au microscope, puis d'isoler te squelette organique par les acides. Ce dernier procédé m'a donné, pour les piquans, de meilleurs résultats que pour le test. Pour obtenir de fines lames transversales au moyen d'une Gne scie , il est indispensable que le piquant ait été imprégné d'eau pendant un certain temps. A l'état sec, il est tellement cassant qn’il est impossible d'obtenir des coupes assez minces.
Si l'on vient à examiner une coupe du milieu d’un piquant de moyenne grandeur, l'on voit des lames rayonnantes diverger du centre vers la périphérie. En examinant cette coupe sous un faible grossissement et sur un foud noir, l’on voit partir du centre autant de rayons qu'il existe de sillons à la surface; en même temps les espaces intermédiaires sont occupés par des lamelles simples qui correspondent aux plis de 1a surface. Dans des coupes de jeunes piquans , il n'est même pas difficile de s'apercevoir que la substance centrale est formée de réseaux calcaires trés-élégans.
Si l'on examine une coupe transversale, prise au miliea d'un piquant , et suffisamment mince pour être parfaitement transparente , même sous un fort grossissement (Tab. 111, Gg, 31 ), on remarquera que les bandes correspondant aux carènes de la surface (fig. 31 b) soot composées d'une substance calcaire simple, tandis que les espaces intermédiaires correspondant aux sillons
( fig. 31 r) sont un réseau de mailles calcaires. On peut en outre se convaincre , au moyen de coupes très-minces, que les rayons avec leurs réseaux calcaires ne s'étendent pas tout à fait jusqu’à la circonférence , mais qu’il y a entre deux renflemens de la rosette une incision ouverte et étroite en dehors , arrondie et élargie en dedans.
Les réseaux calcaires des sillons sont composés de mailles très-grandes accompagnées d'un certain nombre d'autres plus petites. La substance centrale en montre aussi d'inégale grandeur.
Une coupe longitudinale faite par le milieu du piquant (Tab. 111, fig. 33) ma donné des résultats concordans. On y voit très-distinctement les couches de substance simple qui correspondent aux bandes de la coupe transversale et aux carénés de la surface, et de même les réseaux calcaires intermédiaires entre ces bandes. La substance simple (tig. 33 et 34 a) n’affecte aucune structure particulière. Il est vrai que souvent l’on y remarque de fines stries ; mais elles ne sont qu’accidentelles et dues au polissage. Souvent aussi cette substance montre, en différens endroits, des renflemens circulaires, tuberculeux, irrégulièrement fendillés, qui sont surtout nombreux près des feuillets du centre (fig. 34) et à la partie interne des deux lamelles extérieures ( lig. 34*). Mais il suffit d’un examen un peu attentif [>our s'assurer qu’il ne s'agit point ici de véritables tubercules comme ceux de la surface du piquant , mais que ce ne sont que des piliers rompus , intercalés entre les lamelles superposées.
Les réseaux calcaires intermédiaires entre les lames de la substance simple sont très-distincts dans les coupes longitudinales, ce qui se conçoit d’ailleurs, puisque leur direction est parallèle à l’axe du piquant Les mailles du réseau sont ordinairement très-compliquées prés de la périphérie ( tig. 34c, fig. 34*), tandis que les lamelles du centre donnent lieu à des figures qui imitent un peu les bras d'une échelle (Tab. 111, (ig. 34). Les différentes lames d’un piquant ne sont pas toujours parfaitement parallèles daus les coupes longitudinales. Eu comparant entre elles une série de coupes, on voit qu’elles convergent un peu vers le haut, quoique d'une manière peu sensible. La convergence est plus marquée dans le bas, ainsi que nous le verrons en traitant de la structure de la collerette et de la partie condyloïde du piquant.
En traitant une coupe longitudinale d’un piquant à l'acide , on obtient , comme pour le test , un squelette organique très-mince, qui montre encore la structure réticulée. Au lieu de la substance simple, on aperçoit une masse délicate finement grenue. Les taches et la couche de piment de la peau externe ne disparaissent pas par l'action de l’acide; elles n'en deviennent au contraire que plus distinctes, et il faut être sur ses gardes pour ne pas confondre ou identifier la peau externe avec le squelette organique proprement dit.
11 résulte de tout ceci que les piquans sc composent de deux substances calcaires différentes : l’une que nous avons appelée la substance simple et l’autre qui est la substance calcaire réticulée. La substance simple est composée de lames disposées autour de l'axe central du piquant, et représentent autant de triangles qui s'élargissent vers la périphérie , où leur base, en s’arrondissant, détermine les carènes de la face extérieure. La substance réticulée occupe le centre du piquant et envoie des rayons entre les lames de la substance simple , quelle sépare ainsi les unes des autres. Ces rayons réticulés s’élargissent également vers la périphérie; mais, comme ils sont un peu moins longs que les lames de la substance simple , ils déterminent de légers sinus qui correspondent aux sillons longitudinaux de la surface du piquant.
Celte structure est commune à tous les piquans, aux jeunes comme aux vieux. 11 n’y a que les proportions qui varient. La substance centrale augmente de volume avec l’âge. Je lui ai trouvé 0"0060 de diamètre sur une coupe de 0"0360; elle était par conséquent égale à un sixième du diamètre. Dans la coupe d'un petit piquant de 0 JJ 0022, la substance centrale était de près d'un tiers. 11 parait aussi que celte substance n'est pas également développée dans toute la longueur d’un même piquant ; elle s'élargit du sommet vers la base ; c’est ainsi que j’ai trouvé le diamètre d’une coupc transversale prise près du sommet de 0**0120 et le diamètre de la substance centrale de 0’ 0i6, par conséquent d’un tiers; au milieu du piquant, le diamètre de la coupe était de 0 /; 0280 , celui de la substance centrale de 0 fl 0064, par conséquent du quart; à la base, enfin, le diamètre de la coupe était de 0 r; 0400 et celui de la substance centrale de 0"060 , par conséquent de moins du sixième.
Une autre particularité des piquans consiste dans les stries concentriques et dans la coloration intérieure qui s’observent sur les coupes transversales. Les stries surtout se voient très-distinctement , lorsqu'on a soin de faire une coupe très-mince et de l’imbiber convenablement d'eau ; elles sc présentent alors sous la forme en laquelle je les ai représentées dans la coupe de Tab. 111, lig. 35. Celte circonstance nous permet de conclure que les piquans se forment par lames superposées. Il est probable que de nouvelles couches se déposent ainsi à des époques déterminées autour des anciennes, jusqu a ce que le piquant ait atteint sa taille définitive. Ce mode d’accroissement est rendu probable par le fait que ces lignes concentriques ne sont point des lignes circulaires; elles forment au contraire une série de segmens juxtaposés les uns aux autres et correspondant au contour du bord des lames du triangle de la substance simple. Si cette manière de voir est juste, il en résulterait que les différentes couches ne devraient pas être d’égale épaisseur ; et co effet , celles qui occupeut le milieu de la couche sont plus larges que celles qui sont
plus voisines du bord. Si doue il s'agissait d'établir une règle à cet égard , on pourrait supposer que les couches extérieures sont plus minces , parce quelles sont obligées d’alimenter avec la même substance une plus grande surface ; mais il est une circonstance qui s’oppose à cette explication , c'est que l’on trouve souvent entre deux couches également minces une couche beaucoup plus épaisse. Dans les piquans plus développés, le diamètre de ces couches varie de 0,0012» à 0,0035".
La substance centrale montre udc coloration d'un rouge très-intense , la partie colorée formant en quelque sorte un anneau dans lequel pénètre l'origine des rayons , ensorte qu’il en résulte autant de divisions qu’il y a de lames dans la substance simple de la coupe. Chacune de ces divisions ressemble à un corps pyriforme , dont la convexité est tournée en dehors , et dont le bord correspond à celui des carènes extérieures du piquant, sans cependant lui être parallèle.
Les piquans de l’£. Spkcera et brrntpinotus montrent dans leurs parties essentielles la même structure que ceux de l’£. lividut , sauf quelques détails qui présentent des particularités de structure dignes de remarque. J'ai examiné de grands exemplaires de l’£. Sphæra qui avaient longtemps séjourné dans l’esprit de vin , et j’ai trouvé que leurs piquans , d'un bleu violet plus ou moins pile , se distinguaient des autres en ce que la substance calcaire et les rayons réticulés étaient extraordinairement développés, comparativement aux lames de substance simple. C’est ainsi que dans un piquant de même grandeur, dont la coupe prise au milieu du piquant mesurait 0''0305, le diamètre de la substance centrale était de 0 0160 , ce qui équivaut i plus de la moitié de la grandeur du premier. La substance centrale était entourée d'un anneau concentrique, les réseaux calcaires des rayons étaient larges et semblaient déborder en quelques endroits les lames de la substance simple. Je n'ai point aperçu de coloration particulière dans l'anneau central; en revanche, toute la masse du piquant et surtout la substance centrale montraient une teinte bleuâtre lorsqu'on l’examinait sur un fond noir. Les piquans de l’£. brev itpinotus , qui ont la pointe blanche , tandis que leur base est d’un bleu rougeâtre ou violet, lorsqu'ils ont séjourné quelque temps dans l’esprit de vin , m'ont semblé tenir le milieu entre l'£. lividut et l’£. Sphæra relativement au développement de la substance centrale. 11 est cependant digne de remarque que cette substance ne formait point un cercle, mais bien une sorte d'ellipse, et cette circonstance était sans doute due à la présence d'un cercle de mailles plus grandes que les autres. Les rayons étaient proportionnellement larges. Les lamelles simples en revanche présentaient une teinte d’un beau bleu violet qui formait un cercle à quelque distance de la périphérie.
Quant à la collerette , le meilleur moyen de l’étudier nous est offert par les coupes transversales.
l ne pareille coupe prise au milieu de la collerette d’un piquant de YE. lividu* montre au milieu tous les élémens du piquant, savoir : la substance centrale (Tab. 111, fig. 35 a), les lames simples (fig, 35 c) et les rayons composés de réseaux calcaires (fig. 35 6). Les ondulations du pourtour sont le résultat d'une accumulation de substance calcaire réticulée particulière (fig. 35 d) qui détermine cette forme rosacée de la coupe , et est en outre remarquable par l'extrême petitesse de ses mailles. Quant aux dimensions relatives des différentes parties , la substance centrale est proportionnellement très-petite , les lamelles simples et les rayons se maintiennent dans les mêmes proportions qu’à la base de la baguette; la rosette en revanche est très-large. J’ai mesuré une coupe de 0,07i0 fJ de diamètre et j’y ai trouvé le diamètre de la substance centrale de (V'OOîO, la longueur d’une lamelle de 0"0195 et la largeur de l'anneau extérieur de 0 /J 0l25. Lorsque l’on examine la substance de l’anneau sous un fort grossissement et sur des coupes très-minces , on la trouve composée de réseaux calcaires d’une rare beauté ressemblant à ceux de la lig. 105 6, de Tab. VI , qui appartiennent à une dent.
Les couleurs qui s'observent dans une coupe transversale de la collerette sont d’une rare beauté. J’ai vu au centre un anneau d’un jaune orange passant au rouge et, autour de celui-ci , un second anneau d'un beau jaune, puis un troisième qui était blanc, un quatrième d'un rouge écarlate, un cinquième blanc, un sixième jaune, un septième blanc, no huitième jaune et enfin un neuvième blanc ou d’un jaune mat qui touchait à l’anneau extérieur. Ces anneaux étaient surtout distincts sur un fond transparent. Sur un fond noir, on n’aperçoit que les plus intenses, c’est-àdire quelques cercles rouges ou quelques jaunes ; l'anneau extérieur était opaque sur un fond noir , mais d’une blancheur éclatante lorsque la lumière passait au travers du foyer.
Dans YE. Sphara , la collerette est extérieurement plus petite que dans YE. lividus ; aussi passc-t-ellc plus insensiblement au condyle ,* mais on aurait tort d'en conclure quelle fût plus mince. C’est tout le contraire qui a lieu ; il suffit d’en examiner une coupe au microscope pour se convaincre que les lames simples sont étroites , tandis que les rayons réticulés sont considérablement développés, et que le tout est enveloppé d'un anneau très-large d'une substance finement réticulée qui n’est point ondulée à son bord , comme c’est le cas des piquans de YE. Evidut. J’ai trouvé la largeur de cet anneau de 0**0070 dans une coupe transversale dont le diamètre était de 0 '0370. Sous le rapport de ses dimensions, YE. brevispinosu» tient le milieu entre YE. Evidus et YE. Sphwra. La collerette est un peu plus saillante que dans ce dernier ; mais les petites carènes qui sont dirigées de la base vers la surface condylotde ne sont pas moins développées que dans YE. Evidus. Les lames simples sont plus larges , les rayons réticulés plus étroits
que dans VE. Sphœra ; les mailles de la substance réticulée sont plus voisines de celles de ce dernier que de celles de VE. limita. En revanche l'anneau extérieur est également ondulé comme dans VE, lividtu-, sa largeur était dcO 'Ol 10 dans une coupe d'un diamètre de 0 0Ô30.
Quelquefois il se forme autour de la substance centrale , au moyen de masses calcaires intercalées transversalement, un second anneau qui partage les rayons de la substance simple en deux parties, l'une interne, centrale, qui est la plus petite, et Vautre externe et périphérique. Lorsque la coupe est très-mince, on voit cette substance calcaire oblique passer au moyen de piliers d'un rayon à l'autre, trahissant une disposition à former encore de nombreux anneaux semblables. Ces anneaux se renflent de distance en distance , et sont composés d’une quantité de parties juxta-posées , renflées au milieu et amincies aux extrémités. Sous un plus fort grossissement, l'on voit les renflemens des rayons réunis par de ( petits piliers et près de la périphérie Von remarque souvent, entre deux rayons, un réseau complet formé de petits piliers et de grandes mailles.
Quant k la formation de la collerette au moyen d'une substance finement réticulée , elle se trouve parfaitement confirmée par l’étude des coupes longitudinales ( Tab. III, fig. 38).
De LA TÔTB OU PARTIE COXDYLOÏDB DES P1QUAÜS.
La structure de 1a tète ou partie condyloîde des piquans est plus simple. Elle se compose d'une substance calcaire réticulée, à petites mailles et homogène dans toute son épaisseur. Une coupe faite par le milieu de la partie condylolde , dans l’£. lividut, parait blanche sur la circonférence et forme au centre un anneau vert qui s’étend aussi quelquefois jusque vers la périphérie. Lorsque l'on examine cette coupe sous un grossissement médiocre ( Tab. III, (ig. 36), on trouve que la substance centrale foncée , correspondant par sa position à la facette articulaire du piquant ( fig. 36 è), aussi bien que la substance périphérique (fig. 36 a) , se composent de réseaux calcaires k petites mailles, dont les petits piliers forment, par leur disposition générale, des lignes rayonnées, qui souvent ne sont pas entièrement droites, mais décrivent des courbes plus ou moins sensibles du centre & la périphérie. On remarque entre la substance centrale et le bord trois à cinq anneaux concentriques. Examinés sur un fond noir , la substance centrale et surtout Vanneau qui lui succède sont verts. Lorsque la coupe est suffisamment mince, on peut s'assurer, au moyen d'un plus fort grossissement (Tab. 111, fig. 37), que la substance centrale est composée d'un résean calcaire serré et trés-élégant , montrant surses bords des espaces arrondis libres.
Lorsque la coupe transversale passe par la région inférieure de la partie condyloïde , on dirait au premier abord que les réseaux calcaires subissent une modification sensible au-dèssus de la fossette : on voit des points noirs et des rayons d’apparence fibreuse , tantôt isolés , tantôt réunis par des rameaux latéraux. Cette apparence est déterminée uniquement par la poudre de friction qui remplit les intervalles entre les mailles dont la communication est alors beaucoup plus apparente qu’à l’état normal, lorsque les mailles des réseaux sont vides. Ces particularités sont les mêmes dans l’£. Sphœra et dans ÏE. brevùpinosus.
Les coupes longitudinales de la partie condyloïde ne sont pas moins intéressantes que les coupes transversales. On y voit , même à l'œil nu , la partie brune de la baguette se continuer au delà de la collerette dans le domaine de la partie condyloïde et y devenir convexe , tandis qu autour de ce dernier s'étend une bande verdâtre. Ce n’est qu'au dessous de celle-ci que se trouve la masse calcaire blanchequi forme la région inférieure de la partie condyloïde et la fossette articulaire. Cette disposition de la bande verte nous explique pourquoi , dans les coupes transversales , la teinte verte est tantôt centrale et tantôt s'étend jusqu'à la périphérie. Le premier cas a lieu lorsque la coupe transversale est prise très-bas , et le second lorsqu'elle est d'une région supérieure.
La fig. 38 de Tab. III représente une coupe longitudinale d’un piquant de ÏE. lividus sous un faible grossissement. On voit ici les lames de la substance compacte avec leurs rayons intermédiaires se continuer dans l’intérieur de la partie condyloïde, la plupart et surtout celles du centre formant des lignes droites dans la plupart des coupes, tandis que les extérieures divergent plus ou moins. Dans d'autres, les rayons médians convergent en pointe ; c’est ce qui se voit surtout lorsque la coupe est prise exactement par le milieu. Il y a divergence au contraire lorsqu’elle est plus ou moins latérale.
Autour de ces lames s'étend la bande verte et au dessous de celle-ci la bande blanche de la substance calcaire finement réticulée, qui d'ailleurs est la même dans les deux bandes ; aussi passe-t-elle insensiblement de Tune à l’autre, ensorte qu’il n’y a que la couleur qui établisse une différence. Cette différence est moins sensible lorsqu’on fait passer la lumière dans le foyer ; cependant l’on remarque que l’anneau vert prend une teinte plus ou moins bleuâtre qui passe parfois au violet, tandis que la bande blanche parait sur certains points quelquefois entièrement verte.
La bande verte montre aussi, dans beaucoup de coupes, des divisions séparées par des sillons, comme le représente la fig. 38 de Tab. III. Mais elles ne peuvent pas être envisagées comme constantes. La bande blanche ne montre rien de semblable.
Dans tout le revêtement extérieur , qui Carme les bandes verte et blanche , les petits piliers des réseaux sont répartis avec une régularité admirable, tantôt rayonnant vers le bord , tantôt présentant une disposition plus homogène; cette dernière se manifeste surtout à l'intérieur, et vers le haut, tandis que la structure rayonnée se remarque de préférence à l'extérieur et par en bas. Souvent aussi l’une ou l'autre de ces deux formes s'étend sur toute la coupe longitudinale , de même qu'il arrive aussi quelles alternent dans certains piquans. La fig. 38 donnant un idée juste des contours de la partie condyloïdc et de la facette articulaire d'un piquant de l’Ë. lirü/us, me dispensera d'entrer dans de plus amples détails sur ce sujet.
La coupe longitudinale du piquant de I L. Sphcera montre plusieurs particularités de structure, mais qui cependant, examinées au microscope , rentrent dans les formes que nous avons décrites ci-dessus. Les lames et les rayons de la baguette se prolongent un peu plus en avant dans la partie condyloïdc , et atteignent parfois la région qui, dans 17;. lindus, correspond au bord inférieur de la bande verte. A cété des réseaux des rayons ordinaires , on remarque des réseaux intermédiaires que nous avons déjà signalés dans les coupes transversales, et qui sont d'une rare magnificence dans les coupes longitudinales ; ils se rapprochent sous plusieurs rapports des réseaux des dents (Tab. VI, fig. 103 a). La substance bnement réticulée de la partie condyloïdc est la même , mais moins développée, et forme dans sa disposition générale, d'une part, des rayons qui divergent vers la périphérie, et d'autre part des lignes arquées dont la convexité est dirigée vers la fossette articulaire. Celle-ci présente les mêmes réseaux réticulés que dans 17;. lividus ; l’on y voit aussi quelquefois les espaces tubulaires se diriger perpendiculairement vers la surface de la fossette articulaire. Les coupes longitudinales de VE. bmispinosus concordent parfaitement avec celles de 17.. lividus.
Si l'on examine la poudre d'un piquant sous un fort grossissement , on y reconnaîtra des débris de différentes formes et dimensions. La plupart ont l'apparence de blocs de rochers grands ou petits. Quelques-uns, surtout les petits, montrent la même forme et la même texture conchoïdale que les fragmens du test. Ceux de moyenne grandeur laissent souvent apercevoir des lignes droites ou courbées d'une apparence assez élégante. Tantôt ces lignes sont à la face supérieure , tantôt sur les brisures. 11 y en a aussi sur lesquels on remarque des réseaux calcaires ou des fragmens de réseaux , et surtout des piliers brisés. Ces derniers (Tab. III , fig. 27) ressemblent en quelque sorte à des varices , et il faut être sur ses gardes pour ne pas les envisager comme telles.
Quant à ce qui concerne la face supérieure des piquans , elle montre les mêmes stries longi-
ludinales dont nous venons de parler à l’occasion des fragmens. Les petits piquans qui recouvrent les plaques génitales et anales sont revêtus de petites arêtes ou dentelures três-clégantes qui s'aperçoivent déjà dans la fig. 25 c de Tab. 111, mais que l’on voit surtout bien dans la fig. 26, qui représente le même piquant sou* un fort grossissement. Elles sont disposées par lignes sur les carènes du piquant , et sont plus larges à leur base qu'à leur sommet. Leurs détails s'aperçoivent surtout bien lorsque l'on comprime un piquant entre deux plaques de verre. On voit alors sur le bord de certains fraginens diverses bandes qui montrent à leur tour les lignes concentriques déjà mentionnées ci-dessus, et les parties transparentes permettent de distinguer les arêtes ou dentelures dont elles sont revêtues : les petites soies du test ont les mêmes arêtes ; mais je ne saurais dire si elles se trouvent sur les piquans plus développés. La substance de ces petites arêtes est du calcaire compacte sans réseaux ni cellules.
L’analyse chimique des piquans m'a donné les résultats suivans : 1°, 1,235 grm. de piquans d’un Eckinxiê lividus ayant 10 lignes de large et 3 lignes et demie de haut, donnèrent 1,115 grm., ce qui fait par conséquent 90,28 °/ 0 de cendres et 9,72 °/ 0 de substance organique ; 2°, 5,009 grm. de piquans d’un Ecbinus de 2 ,; 2 ,M , 5 de large et 1 “ 2" 1 de haut , donnèrent 4,629 °/ 0 de cendres, ce qui fait 92,41 °/ 0 de cendres et 7,59 °/ 0 de substance organique.
Cent parties de cendre du n° 2 comparées à cent parties de piquans frais, donnèrent à M. Brunner :
100 parties.
Carbonate de chaux . . .
Sulfate de chaux ....
Carbonate de magnésie .
Autres sels et perte . . .
Matière organique ....
11 s’y trouva aussi des traces évidentes d'oxide ferreux. En revanche, on n’y retrouva aucune trace d’acide phosphorique ni de potasse.
11 résulte de la simple comparaison du piquant et des tubercules correspondans , que la fossette articulaire du premier doit être susceptible de se tourner sur le tubercule. Comment celte rotation s’opère-t-elle? C’est ce que nous apprend l'étude des parties molles qui entourent le piquant.
L’articulation du piquant (articulatio aculei) (Tab. III, fig. 28 et 29) entoure le piquant Gxé sur le renflement articulaire du tubercule , et s'étend en s’élargissant depuis la collerette jusqu’au pourtour extérieur du tubercule. Les parties qui la composent sont : la membrane externe pimentée, les muscla et la capsule articulaire.
de piquans frais.
i° La membrm e externe pimentée s'étend comme peau extérieure par dessus l’articulation du piquant , et de là par dessus le piquant lui-même , où l'on peut quelquefois l’enlever avec le couteau , en grattant les endroits qui montrent des taches de piment. Mais elle se remarque surtout bien sur les piquans qui ont séjourné quelque temps dans l'acide muriatique et qui se trouvent privés de leurs parties calcaires , comme j’en ai représenté un Tab. 111, fig. 39. Cette couche de piment pénètre aussi, à ce qu'il parait, l'intérieur du piquant ; du moins l’on trouve , lorsque l’on enlève les parties calcaires d’une coupe longitudinale ou transversale , une membrane criblée de petites boules et de taches grenues. La même membrane s’observe aussi d une manière trèsdistincte sur les fragmens des plus petits piquans.
C’est surtout sur l’articulation que la membrane pimentée se laisse enlever facilement. Elle montre ici des taches de piment plus ou moins grandes , repose immédiatement sur la surface des muscles , et se continue plus ou moins dans la couche pimentée du test
2° Les muscle* du piquatU (musculi s. motores arulei) sont recouverts immédiatement par la membrane pimentée et se dirigent du bord, et surtout de la fossette articulaire du piquant vers le pourtour extérieur du tubercule. En général, il y a autant de muscles , ou plutôt de faisceaux musculaires, qu’il existe de prolongemens des stries à la collerette. Leur direction vers la périphérie du tubercule s'observe surtout bien lorsqu’on coupe un piquant immédiatemcul au dessus de la collerette et que l’on déploie les parties antérieures de l’articulation. La même opération peut aussi se faire sur des piquans ramollis par l'acide (voy. Tab. 111, fig. 39). Chacun de ces faisceaux, séparé des faisceaux voisins auxquels il envoie parfois cependant une ou deux fibres musculaires, se compose d’autres faisceaux plus petits et très-nombreux , qui montrent des fibres distinctes et souvent aussi des indices de stries transversales , comme nous le verrons plus bas en traitant des muscles.
3° La capsule articulaire est une membrane ligamenteuse très-forte , composée de deux couches distinctes qui unissent la partie articulaire du piquant avec le tubercule, mais de telle sorte cependant, que la fossette articulaire du premier et le sommet du second demeurent libres. Le feuillet intérieur natt immédiatement au dessus du bord qui entoure la fossette articulaire du piquaut ; le feuillet extérieur, au contraire , sur la face externe de l’articulation ( fig. 39 b) ;
1 un et l’autre s'attachent autour du tubercule proprement dit.
La capsule articulaire se distingue par sa solidité ainsi que par sa couleur blanche. Examinée au microscope, elle se montre composée de fibres très-fortes ayant 0/00 i jusqu’à 0,"003 de diamètre, qui se composent à leur tour de filets plus lins encore, et sc distinguent par leur appa-
rence particulière des fibres musculaires et de celles du ligament extérieur oblique de la charpente masticatoire. On aperçoit entre elles de 6ns Glets qui correspondent aux blets du tissu cellulaire de l’Oursin.
On le voit, il existe entre le piquant et le test une sorte d'artbrodie : lorsque tous les muscles agissent simultanément , ils doivent nécessairement serrer le piquant contre le tubercule. Reste à savoir maintenant si une contraction simultanée de tous les muscles est possible , ou s'il n’est pas plutôt indispensable qu’une partie soit en repos , tandis que l’autre se contracte. Si ce dernier cas a lieu , le piquant devra toujours être ramené vers le côté où s'opère la contraction, et, par le fait, le mouvement circulaire aura son plus grand contour au sommet, et sera le plus petit à la base du piquant. Si les mnscles se contractent et se relâchent successivement , il devra en résulter un mouvement de rotation. Il décrira ainsi un cône dont la base correspondra au sommet du piquant et le sommet à sa base , à-peu-près comme les cils vibratiles dans leurs niouvemens infoudibuliformes.
L'extrême solidité de la capsule articulaire explique pourquoi l’articulatiou ne se disloque pas lorsque l’animal , après avoir contracté ses tubes ambulacraires , fait reposer sur quelques piquans tout le poids de son corps. Elle empêche en même temps que des secousses trop violentes n'occasionnent une désarticulation de ces mêmes piquans..
Jusqu'à quel point les piquans contribuent-ils à la locomotion? C'est ce que nous verrons plus bas, en traitant des fonctions des tubes ambulacraires.