XI. DlSCOIDEA DEPBESSA Ag
Tab. 10, fig. 4-12.
SïN. Discoidea depressa Ag. Prodr. p. 1S6. — Descr. des Echinodermes foss. de la Suisse 1" partie p. 88.
Tab. 6, fi{j. 7-9 et Tab. 13 bis, fig. 7-13.— Catal. syst. Ectyp. p. 7. Galerites depressushMW. III , p. 309.— Phill. Geolog. of Yorkshire Tab. 7, fig. 4.— E. Desl. Enc. T. 2,
p. /i32.— Encycl. inélhod. Tab. 152, fig. 7-S. — Defr. Dict. se. nat. T. 18, p. 86.— Gldf. Petref.
p. 129, Tab. 41 , fig. 3. — DeBl. Zooph.p. 204.— Leonh. et Br. Jahrb. 1834 , p. 135.— DesMoul.
Tabl. syn. p. 254.— KochetDunk. Nord-deutsch. Ool. p. 40, Tab. 4, fig. 2; var. hemisph. BronnLc-
Ihaea p. 280.
Echinus depressus Lin. Gni. p. 3182.
Echinites de^/essMsLeskeap. Kleinp. 164, Tab. 40 fig. 5-6. Galerites radiatus Val. Encycl. niéth. Tab. 163, fig. 1-2. (Expl. des Planches^.
Tab. 17, fig. 5.
Echinites orificiatus Schl. Petref. p. 317. Van Phels. p. 31 N° 16. (Egelsteen tienband plattop). Knorr Petref. Vol. 2, Tab. E. II, fig. 6-7.
Bruckner Merkwurdigk. der Landschaft Basel. Tab. 22, fig. G. H. Kundmann Rariora nat. etc. Tab. 5, fig. 12. Jacob a Melle de Ech Wagr. Tab. 1 , fig. 2. FavannePl. 67, fig. 1-2.
J'envisage cette espèce comme le type des Holectypes ou Discoïdées jurassiques , car elle résume au plus haut degré tous les caractères que nous avons assignés à cette sous-division. Sa forme est subconique, circulaire, généralement un peu rétrécie et tronquée en arrière. La face inférieure est légèrement concave. L'anus est pyriforme et très-grand , car il occupe à-peu-près tout l'espace entre le bord postérieur et l'ouverture buccale. Les tubercules principaux sont trèsapparens jusque prés du sommet, comme le montre la fig. 12 qui est destinée à donner une idée de leur distribution à la face supérieure. Cette figure contient un dessin grossi d'une aire interambulacraire et d'une aire ambulacraire empruntées à la fig. 6. On y remarque seize rangées principales de tubercules dans l'aire iutcrambulacraire , et six dans l'aire ambulacraire. Dans les petits exemplaires, ces séries sont bien moins nombreuses et, comme elles augmentent proportionnellement à la taille des individus , nous sommes autorisés à en conclure que , dans les
Ilolectypes , comme dans les vrais Echinus , les différentes rangées naissent successivement à mesure que les plaques coronales s'élargissent. Dans notre espèce , c'est la quatrième rangée externe (^) qui doit être considérée comme la rangée primitive. Quant aux tubercules miliaires, ils sont excessivement nombreux ; mais l'on ne remarque pas en eux cette disposition régulière si Irappaute dans les espèces suivantes. Les tubercules principaux de la face inférieure sont aussi toujours plus développés que dans les espèces du Jura moyen , telles que les D. Mandekhoht et punclulata. Je me suis assuré par un examen minutieux que l'intérieur ne présente aucune de ces carènes ou crêtes qui eussent pu déterminer des entailles dans le moule.
J'ai trouvé l'appareil génital assez parfait pour pouvoir en faire une étude détaillée , à l'aide de la loupe. La fig. 4 a représente cet appareil tel qu'il se voit sur l'exemplaire de fig. 4 : les plaques génitales sont de forme pentagonale et percées d'un trou très-apparent , à l'exception de la plaque impaire, qui, quoique plus grande que les autres, est cependant imperforée. Les plaques ocellaires , au nombre de cinq , sont insérées entre les plaques génitales et font cercle avec elles autour du corps madréporiforme , qui occupe le sommet réel du test. Toutes ces plaques sont garnies de petites verrues semblables aux tubercules miliaires. On remarque la même structure dans l'appareil génital du grand exemplaire de fig. 7 ; seulement les pores génitaux sont ici moins apparens; mais l'on aurait tort d'accorder à cette différence une valeur spécifique quelconque. Il serait plus naturel, à mon avis, d'y voir l'expression d'une différence sexuelle.
Cette espèce se rencontre dans toutes les collections jurassiques suisses , et peut être envisagée comme l'un des fossiles les plus caractéristiques de l'oolite inférieure. Ellle paraît être également fréquente dans le calcaire à polypiers de Normandie. M. Agassiz, dans sa Description des Echinodermes fossiles delà Suisse, a déjà appelé l'attention des paléontologistes sur cette ubiquité, mais sans cependant affirmer d'une manière positive leur identité. J'ai pris à tâche de soumettre de nouveau les exemplaires de ces différentes localités à un examen comparatif, et je n'ai trouvé aucun caractère qui fût de nature à justifier une distinction spécifique. La seule différence que j'ai remarquée, c'est que les exemplaires suisses sont en général plus petits que ceux de Normandie; mais les détails du test, ainsi que la forme générale, les ouvertures buccale et anale sont les mêmes dans les unes et dans les autres. J'ai représenté une série d'exemplaires de tous les âges
(*) Nous appelons ici externes, les rangées les plus éloignées du centre de l'aire ambulacraire. Anatomiqucmcnt parlant, ces mêmes rangées doivent être envisagées comme internes , puisque tout oursin se compose de cinq parties, comprenant, chacune, \iiie aire ambulacraire et deux demi-aires intcrarabulacraires. Voy. ces Monogr. 4" livr. p. S.
- (Î7 — Les fig. 10 et 1 1 représentent un jeune exemplaire recueilli par M. Gressly dans les marnes à Oslrca acuminaia (étage de l'Oolite inférieure) de Liesberg , dans le Jura bernois; les fig. 8 et 9 , un exemplaire de moyenne taille de la même localité ; les fig. 4, 5, 6, un bel exemplaire du calcaire à polypiers de Normandie, et la fig. 7 , un autre très-grand individu du même terrain.
Je n'ai aucun doute sur l'identité spécifique de la plupart des synonymes mentionnés ci-dessus. La figure de LesUe en particulier me paraît d'autant moins douteuse que l'oursin qu'elle représente provient de Muttenz, dans le canton de Bàle , d'une localité où ont été recueillis la plupart des exemplaires du Musée de Bàle.
XU. DiscoiDEA Meriani Des.
Tab. 10, fig. 1-3.
Cette espèce est très-voisine, à bien des égards, du D. depressa , à tel point que l'on pourrait être tenté de l'envisager comme une variété de cette dernière. Cependant, lorsqu'on considère que sa forme est moins conique , que ses bords sont beaucoup plus renflés et que son anus est moins allongé et proportionnellement plus large (fig. 3) , on ne peut guère se défendre de voir dans ces particularités un ensemble de caractères suffisans pour justifier l'établissement d'une nouvelle espèce. Il est à regretter que les tubercules de la face supérieure ne soient pas assez bien conservés pour permettre une étude détaillée de leur structure et de leur disposition. Ceux de la face inférieure ne présentent aucun caractère qui ne soit aussi commun au D. depressa.
L'original de mes figures , le seul exemplaire que je connaisse jusqu'ici , a été communiqué à M. Agassiz par M. Mérian. Son origine n'est point indiquée dune manière certaine dans le catalogue du Musée de Bàle ; mais il me paraît hors de doute que c'est un fossile jurassique. En dédiant cette espèce à M. Mérian, je fais des vœux pour qu'elle contribue à perpétuer, parmi les paléontologistes , le nom du célèbre géologue dont les travaux et le zèle scientifiques ont si puissamment contribué au développement des études géologiques en Suisse.