‹ Monographies d'échinodermes, vivans et fossiles (volume 2)Chapitre 161 sur 187 · Espèces de l'époque crétacée · texte numérisé non relu

Espèces de l'époque crétacée

craie marneuse craie marneuse néocomien

Mecklembourg.

Essen sur la Rœhr.

La Cliaux-de-Fonds.

CONSPECTUS GENERUM ET SPECEERUM DYSASTERORUM.

Characteres gentis Dysasterorum e familia Clypeastroideorum.

Ambulacra simplicia , ad peripheriam divergentia , in verlice disjuncta , tria in summo vertice, duo postice convergentia.

Genus DYSASTER. Ambulacra disjuncta; ambitus elliplicus, subcordiformis ; os angulosum, obsolète decagonum, plus minusve excentricum ; anus posticus; tubercula non seriata, sed perforata et crenulata ; testa tenuissima.

1. Dysaster bicordalus Ag. (Tab. 2, Gg. 1-4). D. inflatus, antice subtruncatus , postice depressus , obtusus ; ambitu ovato ; basi plana ; anibulacris anticis non ad verticem usque porrectis ; ambulacris posticis arcuatis , ano incumbentibus.

2. Dysaster analis Ag. (Tab. 2, fig. 8-10). D. depressus, antice dilatatus, postice angustatus, subtruncatus ; ambitu ovato ; basi plana ; ambulacris posticis ano incumbentibus , ab anterioribus maxime recedentibus.

3. Dysaster ellipticus Ag. (Tab. 2, fig. 5-7). D. subinflatus antice depressus, postice obtusus; ambitu ovato ; basi plana ; ambulacris posticis supra anum convergentibus , anticis in summo vertice conjunctis.

4. Dysaster excenlricus Des. (Tab. 4, fig. 1-3). D. depressus, postice oblique truncatus ; ambitu subquadrato ; basi plana; ore à margine remoto; ambulacris posticis ano incumbentibus.

5. Dysaster propmqims Ag. (Tab. 3 , fig. 24-26). D. subinflatus vel depressus , antice truncatus, emarginatus; ambitu ovato ; basi undulata, ad anum tumida ; ambulacris posticis rectis, ab ano remotis.

6. Dysaster ovalis Ag. (Tab. 3, fig. 24-26). D. inflatus, antice subtruncatus ; ambitu ovato; basi undulata ; ore cxcentrico ; ambulacris posticis angustis , rectis, ab ano remotis.

7. Dysaster Malum Ag. (Tab. 2, fig. 11-13). D. inflatus; ambitu ovato; basi plana ; ore parvo ; ambulacris anticis summum verticem adtingentibus ; ambulacris posticis rectis, ab ano remotis.

8. Dysaster truncatus DuBois (Tab. 13 Galeritarum fig. 8-11). D. inflatus, elongatus, postice truncatus ; basi undulata, ad anum tumida ; ambulacris posticis rectis, ab ano remotis. Nucleus.

9. Dysiaslvr gratmlosus A§. (Tab. 3, fig. 18-20). D. inllatus, elongalus , antice rotundaUis, postice Iruncatus, quailratus ; ambulacris posticis arcuatis, ano incumbentibus.

10. Dyxaster semi-glohus Des. (Tab. 4, Og. 10-12). D. inflatus, subhemisphaericus ; ambitu ovato ; basi plana ; ore subcentrali ; ambulacris poslicis rectis, ab ano remotissimis, sed ambulacris anterioribus proximis.

11. Dymster acutus Des. (Tab. 3, 6g. 15-17). D. inflalus, antice subdcpressus, submarginatus, postice tumidus, subovatus ; basi undulata; ambulacris posticis angustis, ab ano remotis.

12. Dysasier carinalus A§. (Tab. 3, fig. 4-1). D. cordatus, inllatus, postice acuminatus, superne carinatus; basi undulata; ambulacris posticis arcuatis, ab ano remotis.

13. Dysaster capistratus Ag. (Tab. 3, fig. 12-14). D. inflatus, elongatus, antice sublruncatus , emarginatus, postice acuminatus; Ibasi undulata; ambulacris posticis latis, rectis, ab ano remotis.

14. Dysasier BuchitBes. (Tab. 3, fig. 9-11). D. inflatus, altus, cordatus, antice truncatus, submarginatus, postice coarctatus, acutus; superne rotundatus; ambulacris posticis rectis; basi undulata.

15. Dysaster ovulumBes. (Tab. 3, fig. 5-7). D. altus, tumidus, rotundato-ovatus , antice subemarginatus , postice subrostratus ; ambitu cordato ; basi undulata ; ambulacris posticis latis , rectis, ab ano remotis, subinconspicuis.

16. Dysaster Avellana Ag. (Tab. 1, fig. 1-4). D. inflatus , postice sublruncatus, subdcpressus ; ambitu suborbiculari ; ambulacris anticis summum vertieem non adtiiigentibus , posticis ano incumbentibus; basi subplana.

17. Dysaster Eudesii Ag. (Tab. 1, fig. 5-12). D. inflalus, ovalus ; basi valde undulata, sulcata , area postice tumida, sulco infraanali amplo ; ambulacris anlicis ad vertieem summum porrectis, posticis arcuatis, ano incumbentibus ; variât ambitu ovato , vel orbiculari.

18. Dysaster ringens Kg. (Tab. 1, fig. 13-17). D. deprcssus, superne subrotundatus, ambitu suborbiculari; basi maxime undulata, sulcata area; postica tumida, subcarinata; ore submedio, poris creberrimis cincto ; sulco infraanali amplo; ambulacris anticis angustis, ad summum vertieem porrectis ; posticis arcuatis ano incumbentibus.

19. Dysasier y oltzi Ag. (Tab. 1, fig. 18-21). D. depressus, superne subrotundatus ; ambitu orbiculari ; basi subplana , area postica tumida ; ore submedio , poris creberrimis circumdata ; ambulacris posticis ano arcuatis incumbentibus.

20. Dysaster Mûnstcri Des. (Tab, 4, fig. 4-7). altissimus, subcarinatus , antice et postice truncatus et utrumque sulcatus, lateraliter declivus ; basi undulata, ad posticum marginem tumida ; ore antico, ioframarginali ; ano altissimo ; ambulacris anterioribus anticis , posterioribus supra anum convergenlibus, inde ab anterioribus remotissimis.

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AI\lATOMIE

DES ECniNODERMES.

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AIVATOMIE DU GEIVRE ECHIIVUS.

PAR

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PREFACE

Lorsque j'ai entrepris la révision de la classe des Echinodermes , j'ai bientôt senti que ce travail ne serait complet qu'autant qu'il embrasserait, dans un même cadre, l'histoire naturelle des espèces vivantes et des fossiles et l'anatomie détaillée des principaux types de la classe. 31ais ne pouvant espérer de remplir seul une tâche aussi diflicile, j'ai prié mon ami, 31. le professeur Valentin, de bien vouloir se charger de cette dernière partie du travail. C'est la première de ses monographies anatomiques que je publie aujourd'hui. Il ne m'appartient pas de porter un jugement sur l'oeuvre d'un auteur que ses travaux ont placé si haut parmi les anatomistes et les physiologistes de notre époque. Je me permettrai seulement de faire précéder cette description anatomique du genre Echinus de quelques observations sur les rapports génériques qui existent entre les espèces que M. Valentin a examinées , et les nombreuses espèces qui constituent le vaste genre Echinas des auteurs. Déjà Klein et Lamarck en ont séparé le genre Cidaiis; plus tard, Graya encore distingué génériquement les Diadema, les Astropyga, les Arbacia et les Salenia, et réintégré le genre Ecliinoinetra de Breyuius. Dans ma description des Echinodermes fossiles de la Suisse , et dans mon catalogue des moules d'Oursins fossiles du Musée de Neuchàtel , j'ai encore établi plusieurs genres nouveaux, soit pour des espèces déjà connues, mais mal associées, soit pour des types nouveaux qui auraient dû rentrer tous dans l'ancien genre Echinus, tel que Lamarck le circonscrirait encore, si on avait pu le conserver. Ce sont mes genres Heniicidaris, Acrocidaris, Acrosalenicij Tetragramma, Pedina, Echmopsis , Cyphosoma, Peltastes , Goniophorus ^ Goniopygus, Acropeltis, Cœlopleiirus, Codiopsis et Glypticus. Cette multiplication des genres ne saurait surprendre

quand on saura qu'en les établissant, j'ai basé mes distinctions sur un nombre d'espèces quadruple de celles qui sont mentionnées par les auteurs. Cependant, malgré toutes ces restrictions, le genre Echinus comprenait encore, parmi les espèces vivantes, sur lesquelles je n'ai point publié mes observations jusqu'à ce jour, des types assez difTérens pour que j'aie cru pouvoir le subdiviser de nouveau et ne conserver dans le genre Echinus proprement dit que les espèces voisines de VEchmus esculentus , et qui ont , comme lui , les ambulacres i'ormés de plusieurs séries arquées de pores disposés par paires.

C'est au genre Ecbinus, circonscrit dans ses limites les plus étroites, qu'il faut rapporter les quatre espèces mentionnées dans le travail de M. Valentin ; il paraît même que toutes les espèces européennes appartiennent à ce genre. Je ne remarque , du moins , aucune différence d'organisation importante entre celles que je connais, ni dans les parties solides du test, ni dans la structure des organes intérieurs , comme le montre le travail de M. Valentin.

La connaissance exacte des espèces est trop importante , lorsqu'il s'agit de vérifier les travaux des anatomistes, pour que je ne doive pas entrer dans quelques détails sur la synonymie de celles de nos côtes (*). Ces espèces sont :

\ . EcHiiNussPHTERA Mullcr. Zool. (Jaii. Prod. Cette espèce neparaîtse rencontrer que danslesmers du Nord delEuropcoîi elle remplace V Echinus esculentus de la Méditerranée qui n'existe pas dans le Nord. J'ignore cependant quelle est la limite exacte des deux espèces, et si V Echinus Sphœra se trouve dans la Manche; mais ce quejepuisaffirmer positivement, c esX. m\QY Echinus globiforniis de Lamarck est synonyme de Y Echinus Sphœra de Miiller, et qu'il faut par conséquent supprimer le nom de Lamarck. \J Echinus auranticus de Bl., à peine différent de V Echinus globiformis, doit aussi être rapporté à cette espèce. l^niinV Echinus inarinus de Martin Lister, et V Echinus esculentus de Linné, (l 2'"" édition du Syst. nat.) de Pennant et de Fleming sont encore la même espèce. Un exemplaire original que je dois à l'obligeance de M. Fleming luimême ne me laisse aucun doute à ce sujet. Parmi les auteurs modernes, M. Ed. Forbes a été le premier à faire revivre les droits de l'espèce de 3Iiiller dans son Historj of hrit. Starfishes p. \ 49 ; mais il se trompe en affirmant que VE-

(*) Dans le corps de son ouvrage M. Valentin s'est toujours servi des noms que j'ai adoptés ; mais pour rapporter à leurs types les faits relatifs aux espèces qui sont simplement citées d'après d'autres auteurs, il importera d'avoir recours à la synonymie que j'en donne.

chinus Melo des auteurs du continent est synonyme de VEchinus Sphœia de .Millier.

2. EcHTNus Melo Link. C'est réellement une espèce très-distincte, propre à la Méditerranée; c'est la plus grande de toutes celles que je connais. J'en possède des exemplaires de six pouces de diamètre sur cinq pouces de hauteur. Les baguettes sont courtes, comme le dit M. de Blainville; l'assertion de M. Ch. DesMoulins qu'elles sont au contraire fort longues, provient sans doute de quelque confusion d'étiquettes dans sa collection. Celles de mon plus grand exemplaire ont à peine un pouce de long.

S.EcHiNus sARDicus Laui. Synouymc àeV Echinus Pseudo-melo\)e Blainv. Quoique très-voisin du Melo, cet oursin paraît cependant constituer une bonne espèce, qui se distingue de la précédente , plutôt par la petitesse de ses pores ambulacraires que par sa forme générale.

4. EcHiNus Flemingii Bail. Espèce très-caractéristique, mais fort rare, trou" vée pour la première fois par M. le D' Fleming aux Shetlands, et décrite dans son Brit. Aniin. sous le nom A^ Ecliiniis niiliaris , comme je m'en suis assuré par l'examen de l'exemplaire original. M. Bail l'a retrouvée depuis sur les côtes Sud-Ouest de l'Irlande, et lui a donné le nom qu'elle porte maintenant ; elle est figurée p. 1 64, de Forbes Hist. of brit. Starfshes. 11 importerait de comparer cette espèce avec VEchinus fjuinqiiangulaius DeBlainv., dont je n'ai pas pu me procurer d'exemplaire authentique. Ces quatre espèces ont cela de commun, que leurs piquans sont clairs-semés, à raison du petit nombre des grands tubercules, et que les pores ambulacraires sont par séries brisées de trois paires. L'ouverture inférieure du test est décagonale, sans profondes entailles , pour l'insertion des branchies externes.

La synonymie des autres espèces européennes est presque inextricable ; cependant, étant parvenu à me procurer des exemplaires originaux de la plupart des espèces, j'espère en venir à bout un jour ; je dois faire remarquer dèsà-présent que les rapprochemens que j'ai à proposer diffèrent considérablement de ceux auxquels les auteurs modernes se sont arrêtés.

5. EcHiNusLiviDus Lam. Quoique le plus commun de tous les Oursins d'Europe, c'est cependant celui qui a reçu les noms les plus divers. Confondu avec plusieurs autres espèces, et en particulier ayecV Echinas miliaris, sous les noms d Echinus et Cidaris saxatilis , et de Cidaris Basteri, il a été nettement ca-

ractérisé par Lamarck, qui lui a donné le nom d'Echmus lividus , qu'il porte maintenant, et qu'il devra conserver 5 ce qui n'a pas empêché DeBlainville de le décrire sous le nom nouveau à^Echimis viilgarisj et d'en distinguer le jeune âge sous le nom à^Echinus longispina , à-peu-près en même temps que llisso l'appelait Echinus purpureus. De son côté, Leach l'a décrit sous le nom d'^"ckinus lithophagus .Enfin Tiedemann, qui en a donné une très-bonne description anatomique, l'appelle Echinus saxatilis. J'en possède une série de nombreux exemplaires dont les plus petits ont à peine cinq lignes, et les plus grands près de trois pouces de diamètre. Les teintes varient du vert livide au vertbrun et au pourpre tirant au bleu. Cette espèce est caractérisée par ses grandes épines aciculées , par des ambulacres plus ou moins rentrans, surtout chez les adultes, et par l'ouverture inférieure du test qui est décagonale, sans entailles profondes.

6. Echinus neglectus Lam. On a voulu le rapporter à VEchmus ln>idas; mais c'est une espèce très-distincte, figurée par Leske, Tab. 38 , fig. 2, 2 «j, 3 et 3 «, et par Forbes dans son Hist. of Brit. Starf. p. 17 2. Fleming, la confondant avec V Echinus subanguîaris de Leske , l'a décrite sous ce dernier nom, comme j'ai pu m'en convaincre par l'examen des exemplaires que je dois au savant professeur d'Aberdeen. Les piquans sont très-courts, sillonnés et dentelés; les ambulacres sont composés, dans toute leur longueur, d'arcs serrés , composés de cinq paires de pores et séparés par de petits tubercules ; l'ouverture inférieure du test est décagonale, sans incisions profondes. Mes exemplaires proviennent du nord de l'Ecosse.

7. Echinus GRAKULARis Lam. Cette espèce, quoique très-distincte, a été négligée par les auteurs modernes, qui l'ont confondue avecVEchinus œquitubeiculatus de M. DeBlainville et avec Y Echinus brevispinosus de Risso, qui diffèrent également l'un de l'autre, comme ils diffèrent l'un et l'autre de l'espèce de Lamarck. En revanche, VEchinus subglobifonnis DeBlainville est synonyme de V Echinus granularis Lam. Possédant des exemplaires authentiques de ces trois espèces, je pourrai en préciser les caractères distinctifs. Anciennement on les a sans doute pris indistinctement pour Y Echinus esculentus ^ mais depuis que l'on sait (\vicV Echinus esculentus de Linné, qui est le Sphceraàe 31iiller, n'existe point dans la Méditerranée, il faut, ou supprimer complètement le nom à^ Echinus esculentus , ou le restituer à l'espèce quia

été designée la première sous ce nom, et laisser aux espèces de la Méditerranée les noms que leur ont donnés Lamarck , DeBlainville et Kisso.

UEchinus granularis paraît être la plus rare des trois; c'est celle qui a les plus gros tubercules et les plus grandes auricules qui sont en outre fortement obliques : le bord de l'ouverture inférieure du test a dix fortes entailles; son test est très-épais; les piquans sont de moyenne grandeur, sillonnés, créneléset faiblement amincis à leur pointe qui est blancbe, tandis que la base est d'un vert pourpré; les séries arquées des ambulacres sont formées de cinq paires de pores, et séparées par un petit tubercule. Cette espèce paraît se trouver également dans la Méditerranée et dans l'Océan Atlantique ; mais elle n'existe pas dans les mers du Nord.

8. EcHiNus BREvispiNOsus Risso. Ccst Y Echiuus esculentiis des ouvrages de MM. de Lamarck et DeBlainville, et des auteurs qui ont décrit, sous ce dernier nom , des Oursins de la Méditerranée; mais il ne faut pas confondre cette espèce avec VEchimis esculentus des mers du nord de 1 Europe , qui est le Sphœra de 31ûller et de E orbes. h'Echinus bre^'ispinosus a des tubercules plus petits et plus nombreux que VEchinus granularis; ses piquans sont un peu plus gros et plus obtus ; les auricules sont plus petites et moins obliques ; l'ouverture inférieure du test a également de fortes entailles; les séries arquées des ambulacres sont formées de cinq paires de pores , sans petits tuîjercules intermédiaires. Sa couleur est généralement violette ; les piquans sont également violets ou pourprés à leur base et blanchâtres à leur sommet; il y en a même dont la partie blanche est plus considérable que la partie colorée. Lamarck et Risso citent une variété à piquans blancs; mais je crois que c'est une espèce distincte , dont je parlerai plus bas.

9. EcHiNus AEQUTTUBEUCuLATus DcBl. Ccttc cspècc diffère des deux précédentes par l'extrême ténuité du test , par la grande uniformité des tubercules qui se font remarquer par leur blancheur sur le fond violet de l'épiderme; les piquans sont plus lins et aciculés, tantôt tout blancs, tantôt violets jusque près du sommet, qui est constamment blanc. Les auricules sont faibles, obliques, à arcs plus grêles. Il n'y a constamment que quatre paires de pores dans chaque série arquée des ambulacres. Le bord de l ouverture inférieure du test a de fortes entailles. Mes exemplaires proviennent de Sicile.

10. EcHiNus ALBiDUS Agass. Cette espèce ressemble beaucoup , par l'ensemble de ses caractères, à Y Echinas brevispinosus , c'est-à-dire qu'elle a les mêmes pores , les mêmes incisions au pourtour de l'ouverture inférieure du test; mais elle en diffère par des tubercules blancs , portant des épines également blanches, qui sont proportionnellement plus longues et plus acérées. Le test est violet. Les auricules sont grêles comme dans VEchiniis œquituberculatiis. Des côtes de la Manche. Lamarck l'envisageait comme une simple variété de son Echinus esculentus, et Risso comme une variété de son brevispinosus. Il se pourrait cependant que la variété blanche de Risso fût Y Echinus œquituberculatus DeBlainville.

II ne me reste plus à mentionner, parmi les espèces d'Europe , que V Echinus niiliaris; mais avant d'en signaler les caractères, je dois faire remarquer que, sous cette dénomination, l'on a confondu plusieurs espèces très-distinctes, qui ont cela de commun, que la membrane buccale, loin d'être nue, est complètement couverte de plaquettes solides , imbriquées comme des tuiles, semblables à celles que l'on observe chez les vrais Gidaris. Déjà Risso supposait que son Echinus miliaris n'était pas celui des auteurs. Une comparaison directe d'un grand nombre d'exemplaires provenant de la Méditerranée, de la mer du Nord et de la mer d'Irlande, m'a fait distinguer les quatre espèces suivantes :

1 1 . Echinus miliaris (Lesk. Lam.) Tubercules des séries primaires assez gros et rapprochés; ouverture inférieure du test ample et faiblement échancrée ; piquans aciculés, allongés, pourprés à la pointe. Cette espèce se trouve sur les côtes de la Manche et sur celles d'Angleterre. Des exemplaires authentiques m'ont donné la certitude que c'est celle que Lamarck a décrite sous ce nom. C'est aussi celle que Forbes a figurée dans son Hist. of brit. Starf.

1 2. EcHiiNus pusTULATus Agass. Les tubercules sont plus petits et plus serrés que ceux de l'espèce précédente et ressemblent à de petites vésicules perlées ; les piquans sont plus courts et moins aciculés. Les entailles de l'ouverture buccale sont peu marquées. Les exemplaires que je possède de cette espèce proviennent de la mer d'Irlande, et m'ont été communiqués par M. Ed. Forbes.

13. Echinus pulchellus Agass. Fort bien caractérisé par Risso sous le nom à^ Echinus iniliatis. Il ne m'est connu que de la Méditerranée, très-petit; déprimera très-petits tubercules; zones ambulacraires jaunâtres sur un fond ver-

dâtre foncé 5 piquans grêles et petits, rosés à leur sommet, à base verdàtre ; ouverture inférieure chi test petite, avec dix entailles assez marquées.

14. Echiniis decoratus Agass. Encore plus petit que le précédent, mais conoïdc 5 les tubercules sont moins petits, et les niiliaires surtout moins nombreux que dans l'espèce précédente; l'ouverture inférieure du test est plus petite, et les entailles moins marquées. Le fond de la couleur est pourpré ou vert, mais les zones ambulacraires sont d'un blanc jaunâtre très-clair, qui contraste très-fort avec le reste. Vu d'en baut, il paraît orné d'une étoile à dix ra^^ons, ce qui lui a valu son nom.

Ce groupe comprend aussi de nombreuses espèces exotiques qui se distinguent toutes par la prépondérance des tubercules des séries primaires sur les autres tubercules, par des séries brisées de trois paires de pores dans les ambulacres, et par les plaques imbriquées de la membrane buccale ; tels sont les Echinus l'ariegatus, siibangiilosiis et pcntagoniis de Lamarck, etc. L'existence, dans ces espèces, des plaques imbriquées de la membrane buccale qui caractérisent si bien les Cidaris proprement dits, et les distinguent des Diadèmes, nie porte à croire qu'il faudra établir pour elles un genre à part , dont je connais déjà une dixaine d'espèces.

Plusieurs autres espèces exotiques offrent les mêmes caractères généraux que celles de nos côtes, qui se rapprochent de V Echinus Melo , duSphœra, du lividus ou. du brevispinosus ^ etc., et que nous avons examinées plus haut; mais il en existe aussi un grand nombre qui ne présentent pas la même uniformité de caractères et dont les ambulacres et la disposition des tubercules sont très-différens de ce que l'on observe généralement dans les espèces mentionnées cidessus. Ces différences coincïdent probablement avec des particularités de l'organisation intérieure assez tranchées pour justifier anatomiquement leur séparation générique ; mais cela ne fût-il pas, les caractères extérieurs que je vais indiquer me paraissent motiver à eux seuls suffisamment l'établissement des genres que je propose ici.

\j! Echinus toreuniaticus en particulier s'éloigne considérablement des Oursins ordinaires, par ses ambulacres simples et droits, qui sont très-semblables à ceux des Arhacia, des Tetrapygus et des Agarites ; mais il en diffère par les ciselures de ses plaques; aussi en ai-je fait un genre à part souslenom deTEiw^o- PLEURLS. Ses piquans sont longs, grêles et comprimés. J'en connais une seconde

espèce fossile, du Crag d'Angleterre, que je désigne sous le nom de Temn. TVoodiî. Je pense qu'il faudra associer ce genre au groupe des Arbaciens , plutôt qu'à celui des Echiniens. Il en est de même du genre Pleurechiinus, dont le Cidaris bothryoïdes de Leske est le type et dont j'ai vu un exemplaire dans la collection de M. Stokes, qui lève tous les doutes sur l'existence de ce curieux Oursin. Il est caractérisé par des plaques en forme de côtes horizontales, munies de tubercules uniformes. Le genre 3Iicrocyphus est tout aussi extraordinaire. J'en connais deux espèces, toutes deux inédites, que je désigne sous les noms de Micr.versicolor et maculatuSj et qui se distinguent de tous les Oursins connus par la petitesse de leurs tubercules, qui sont groupés sur les aires ambulacraires, et au milieu et sur les bords internes des plaques interambulacraires, tandis que les bords externes et les bords supérieurs et inférieurs de ces plaques en sont dépourvus. Je ne connais pas les baguettes de ce genre, ni celles du genre précédent.

Je crois encore devoir établir un genre particulier, sous le nom de Salmacis, pour une espèce inédite d'Oursin de l'Océan indien, intermédiaire entre les Oursins proprement dits et les Arbacies, caractérisé par des séries horizontales de tubercules à-peu-près égaux sur chaque plaque interambulacraire et ambulacraire et disposées de telle sorte que les séries verticales ne ressortent point. Les piquans sont petits , mais chaque piquant porte à son sommet une sorte d'aiguille plus acérée. Les ambulacres sont formés, danschaque demi-aire, d'une quadruple rangée irrégulière de pores. J'appelle Ves\Vece S al m. bicolor. Le test est brun^ les piquans sont rouges et leur sommet est bleuâtre. Je dois cet Oursin à l'obligeance de M. Valenciennes. Quant à mes genres T/ipneustes , AmbljpneusteSj Toxopneustes eï, Stomojmcustes, ils se rapprochent davantage des vrais Echinus; mais la structure des ambulacres et la disposition des tubercules me paraît en différer assez pour justifier l'établissement de genres distincts. L'anatomie des parties molles devra confirmer ou infirmer l'induction tirée de l'examen du test.

Le genre Tp.ipneustes est caractérisé par trois rangées verticales et parallèles de doubles pores dans chaque demi-aire anibulacraire et par une rangée principale de tubercules aux bords internes des plaques interambulacraires. La collerette des piquans est très-développée et la baguette fortement sillonnée d'un bout à l'autre. Ces Oursins ont de profondes entaillei au pourtour de l'on-

verliire inférieure du test. Il se pourrait que ce genre coïncidât avec le genre Hipponoë de Gray qui n'est point encore décrit , mais simplement cité dans le catalogue du 31usée britannique. Dans ce cas , le nom de M. Gray devrait être préféré au mien. Les espèces que je rapporte à mon genre Tripneustes , sont les Echinas ventricosus , snhcœrideus , obtusaiigiilus , etc. La facilité avec laquelle ces Oursins se fendent en segmens, embrassant chacun une aire ambulacraire au milieu, et une demi-aire interambulacraire sur les deux côtés, prouve évidemment qu'il faut considérer l'Oursin comme formé de cinq segmens semblables.

Le genre amblypneustes est également caractérisé par de triples rangées de doubles pores dans chaque demi-aire ambulacraire; mais ces rangées n'offrent pas le même parallélisme vertical ; l'ouverture inférieure du test est petite simplement décagonale, sans entailles profondes; les tubercules sont très-petits et plus uniformément répartis sur les diverses parties de la surface; mais je ne connais pas la structure des piquans; les ambulacres égalent en largeur les aires interambulacraires. Je rapporte à ce genre les Echinas Ovuni, griseus , etc.

Je croyais, dans le principe, pouvoir rapporter au genre Amblypneustes le Cidaris granulata de Leske ; mais un examen plus détaillé de cette intéressante espèce m'a engagé à l'envisager comme le type d'un genre particulier que j'appelle IIolopneustes. Dansée genre, non seulement chaque demi-aire ambulacraire égale en largeur une aire ambulacraire entière, mais les pores eux-mêmes sont disposés par paires formant deux séries marginales continues, entre lesquelles serpentent deux ou trois autres séries interrompues et irrégulières. Les ambulacres sont garnis de très-petits tubercules. Il y en a une série principale sur chaque demi-aire interambulacraire et entre les deux demi-aires ambulacraires. Je ne connais pas la nature des piquans. L'ouverture inférieure du test est très petite.

Le genre Toxopneustes a des ambulacres formés de séries arquées de doubles pores, convergeant vers le milieu des aires et séparées par des rangées parallèles de petits pores. Chaque série arquée se compose de six à neuf paires de pores. Vers la bouche il y en a moins ; mais elles sont plus rapprochées. Les tubercules des séries principales sont assez grands ; l'ouverture inférieure du test

ofïre dix échancriires peu profondes. Je prends pour type de ce genre VEchimis iuherculatus i j'en connais quelques espèces inédites.

Le genre stomopneustes ne compte encore qu'une espèce \ c'est VEchinus i'ariolaris de Leske. Les tubercules sont très gros 5 il n'y en a qu'une rangée principale sur chaque demi-aire , tant des ambulacres que des interambulacres , ce qui fait ressembler cet Oursin à un Cyphosome. Les ambulacres sont formés de séries de trois paires de pores, disposés par bandes étroites dans la partie supérieure du test ,^mais tellement élargies en-dessous , du coté de la bouche, que l'espace occupé par les tubercules est proportionnellement petit; c est ce caractère qui m'a fait donner à ce genre le nom de Stomopneustes.

Je ne doute pas que, lorsqu'on connaîtra mieux les Oursins exotiques, il ne faille encore établir plusieurs genres dans cette famille. M. Gh. DesMoulins m'en a même déjà signalé un qui n'est point compris parmi ceux que je viens de caractériser et qu'il se propose de décrire.

Loin d'être nuisible aux vrais progrès de la science, cette multiplication des genres, lorsqu'ils sont établis sur des caractères précis, nesaurait avoir d'autre effet que de rapprocher de plus en plus les espèces que leurs caractères naturels lient le plus étroitement. C'est là le grand avantage des petits genres, et cet avantage est surtout sensible dans les familles dont toutes les espèces se ressemblent par leur aspect extérieur et par l'ensemble de leurs caractères.

Je dois à M. Yalentin de déclarer ici que son travail était achevé dès le mois de mai 1 840 , et qu'il m'a remis son manuscrit à cette époque. La publication n'en a été retardée que par les soins qu'a réclamés l'exécution typographique des planches et la traduction du texte.

Neuchâtel , en décembre 1841.

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