‹ Monographies d'échinodermes, vivans et fossiles (volume 2)Chapitre 67 sur 187 · V. Lagancm texuissimcm Ag · texte numérisé non relu

V. Lagancm texuissimcm Ag

ïab. 26, fig. 4-6.

Syn. Lagana tcnuissima Ag. Cat. Ectyp.Mus. Neoc. p. 6.

Le nom de cette espèce en indique le principal caractère , qui consiste dans son extrême aplatissement (fig. 5). Les bords cependant sont légèrement renflés, surtout en avant , ensorte que l'espace intermédiaire entre le pourtour et le sommet forme une zone sensiblement déprimée. La forme générale du test est ovoïde ; le côté postérieur est tronqué. Les pétales ambulacraires s'étendent jusque près du bord , sans se fermer à leur extrémité. Les zones porifères égalent en largeur à peu près la moitié de l'espace intermédiaire. La rosette apiciale n'est pas assez bien conservée pour laisser apercevoir exactement le nombre des pores génitaux ; mais j'ai tout lieu de croire qu'il y a en cinq comme dans les espèces précédentes. L'articulation des plaques est assez distincte , et jai pu m'assurer que , comme dans toutes les Laganes, les aires interambulacraires sont plus étroites que les aires ambulacraires , notamment à la face inférieure. La bouche est centrale et circulaire. L'anus a la même forme , mais il est plus petit et situé près du bord postérieur.

Cette espèce provient du terrain tertiaire de Blaye. L'original de mes figures m'a été communiqué par M. Michelin.

VL Laganum reflexu.« A g.

Cette espèce diffère du Laganum tenuissimum par son épaisseur plus considérable et par le renflement extraordinaire de ses bords et particulièrement du bord antérieur (fig. 2); la face supérieure est par conséquent marquée d'une large dépression qui règne tout autour du sommet. Le pourtour du test est ovoïde , le côté postérieur est tronqué , le côté antérieur est plus étroit que le côté postérieur. Les pétales ambulacraires sont très allongés -, ils atteignent presque le

bord du tesl et sont très ouverts à leur extrémité. La bouche est circulaire et centrale. Lanus est petit et rapproché du bord postérieur.

L'exemplaire figuré est le seul que je connaisse de cette espèce ; comme le précédent , il provient des terrains tertiaires de Blaye, et m'a été communiqué par M. Valenciennes.

Mes Laganum (enuissimum et reflexum correspondent probablement aux Scuiella marginalis et pohjgona de M. Ch. DesMoulins , qui proviennent également de Blaye ; mais comme ces dernières ne sont ni décrites ni figurées , je n'ai pas pu m'en assurer. S'il en était ainsi , je serais le premier à regretter d'avoir multiplié inutilement les synonymes.

VIL Laganum tonganesse Quoy et Gaim.

Tab. 26, fig. 7-19.

Cette espèce tient en quelque sorte le milieu entre les espèces du type du Lag. Bonani et celles du Lag. Lesueuri décrites ci-dessous. Elle a les grandes dimensions et la forme anguleuse de ce dernier, tandis que son profil ondulé, résultat d'une dépression plus ou moins marquée entre le sommet et le bord (fig. 9) et la présence de cinq pores génitaux très petits , la rapprochent du Lag. Bonani. Les fig. 8 et 10 représentent deux variétés de cette espèce, l'une allongée et ovoïde (fig. 10), fautre large, anguleuse et courte (fig. 8). La fig. 7 est un jeune individu revêtu de ses soies. Les pétales ambulacraires sont lancéolés et en général peu réguliers ; leurs zones porifères, bien moins larges que l'espace intermédiaire, ne se rejoignent point à leur extrémité. Le pétale antérieur est en général plus grêle que les autres. La surface du test est revêtue d'une granulation très-homogène, qui, examinée sous un fort grossissement , se montre composée de gros tubercules spiniféres déprimés sur leur pourtour , distinctement mamelonnés et perforés à leur sommet et entourés d'une quantité de tubercules miliaires (fig. 13.) La rosette tuberculeuse apiciale présente la môme apparence, et Ion y reconnaît de plus quelques traces de sutures. Les pores génitaux sont petits et au nombre de cinq. Les pores ocellaires ne sont pas visibles à la surface (fig. 12). L'arrangement des plaques est toujours distinct lorsque les soies sont enlevées , et l'on reconnaît dans leur disposition les mêmes rapports que nous avons déjà signalés dans les autres espèces , c'est-à-dire qu'à la face supérieure les plaques des aires interambulacraires sont bien moins larges, quoique plus hautes , que celles des aires ambulacraires (fig. 8). A la face inférieure , elles sont encore moins développées ; aussi les aires

— lia —

inleraïubulacraircs y sont-elles rëdiiilcs à cinq bandes très-étroites qui rayonnent du centre à la périphérie (fig. 7.) La bouche est centrale et circulaire, entourée de cinq silh)ns ambulacraires visibles jusqu'à mi-bord. Dans les exemplaires revêtus de leurs soies, l'ouverture buccale est fermée par des piquans d'une espèce particulière, inqilantés sur tout son pourtour et convergeant vers le centre (fig. 7). L'anus est grand et circulaire, situé à-peu-près à moitié chemin de la bouche au bord.

La cavité intérieure ne présente aucune aspérité, si ce n'est sur les bords, où l'on remarque des piliers et des réseaux calcaires , comme dans toutes les espèces du genre. La fig. 10 montre la face interne du plancher supérieur, où l'on distingue fort bien l'articulation des plaques des pétales, et , au centre, les cinq pores génitaux s'ouvrant dans de petites carènes. L'aire interambulacraire impaire est marquée d'un large sillon correspondant à l'ouverture anale. La fig. 1 1 montre la face interne du plancher inférieur enlevé à la fig. 10 ; on y remarque l'ouverture buccale , entourée des cinq auricules qui s'élèvent en forme de gros piliers arqués , destinés à maintenir en place l'appareil masticatoire. Ce dernier est construit sur le même plan que celui des Laganes en général; c'est-à-dire qu'il se compose de mâchoires très-hautes et garnies , tant à leur face supérieure qu'à leur face inférieure , de nombreuses lames calcaires , comme on le voit par les fig. 17 et 18, qui représentent une mâchoire isolée, de profil (fig. 18) et par derrière (fig. 17). La fig. 16 est la même mâchoire, vue par sa face supérieure avec le sillon destiné à recevoir la dent. Les fig. 14 et 15 enfin montrent l'appareil masticatoire tel qu'il siprésente lorsque les cinq mâchoires (dont la position se trouve indiquée par des lettres) sont réunies. La fig. 14 représente la face inférieure, la fig. 15 la face supérieure avec le cercle formé par la juxtaposition des arcs montans de la charpente massive de chaque mâchoire.

Les soies qui revêtent la surface du test, quoique, d'apparence uniforme, se montrent cependant très variées dans leur forme lorsqu'on vient aies examiner au microscope. J'ai figuré (fig. 19), sous le même grossissement, des soies empruntées aux différentes parties du test , afin de donner une idée de leurs proportions : a est un piquant de la face supérieure ; b est le piquant d'un tubercule spinifére de la face inférieure; c est le piquant d'un tubercule miliaire ; cl enfin est l'une des soies qui entourent le pourtour de la bouche. Comme à l'ordinaire , ces dernières sont plus développées, mais aussi plus irrégulières que les autres soies de la face inférieure. Il est digne de remarque que celles de la face supérieure (fig. 19 a) ne sont point davellées à leur extrémité.

Cette espèce a été rapportée de Tonga par MM. Quoy et Gaimard , qui l'ont déposée au Muséum de Paris , sous le nom de Lagana tonganensis. C'est à tort qu'elle est inscrite sous mon nom, sur la planche.

Page 1